The IT Crowd : Have you tried watching it on and on again ?

Ah, le début du printemps. Les giboulées de Mars qui débarquent, les cons de piafs qui vous réveillent tôt, les pandémies qui règlent le problème des retraites plus vite qu’un gouvernement ne dit 49.3… Le printemps a beau être formidable et fort agréable, faut bien admettre qu’en cette époque de réchauffement climatique où y a plus de saison, l’édition « Début 2020 » pue quand même légèrement la défaite. Heureusement, quand ça flaire la lose, j’ai la solution. Je sors de mon lit, je me fais un bol de céréales, je retourne sous la couette, je lance The IT Crowd, et je m’enfourne des saloperies sucrées par palettes dans le gosier.
The IT Crowd, c’est cette petite pépite de sitcom britannique, débutée en l’an de grâce 2006 et qui a vu son épisode final être diffusé en 2013. S’intéressant avec tendresse à un trio de bras cassés du département technique d’une grande entreprise, The IT Crowd a le don de pouvoir remettre la patate à n’importe qui ayant un minimum d’humour et d’âme. Alors faites une petite prière à l’autel de l’Internet de Big Ben, n’ouvrez SURTOUT PAS la porte du fond, éteignez votre PC et rallumez le, on est partis pour explorer la cave de Reynholm Industries !

Did you see that ludicrous display last noight ?!

The IT Crowd nous conte l’histoire de Jen Barber, une jeune femme fraîchement employée par Reynholm Industries, qui se retrouve dans une situation légèrement complexe après un mensonge éhonté sur son CV. Enthousiasmé par ses compétences et ses connaissances du monde informatique, Denholm, patron tout aussi imposant qu’il est crétin, nomme Jen responsable du service informatique de la boîte. Voilà donc notre héroïne propulsée à la cave de l’immeuble, dans l’antre de Roy et Moss. Geek et nerd respectivement, les deux compères sont méprisés par les gens des étages depuis toujours, et sont de toute façon inadaptés aux relations sociales. Dès lors, Jen se donne pour mission de faire en sorte que son département soit reconnu pour son utilité et ses services rendus. Et accessoirement, que les deux adulescents qui lui servent de collègues soient enfin acceptés par le monde.

The Normie, the Geek, and the Nerd

De là, chaque épisode est une petite pastille où l’absurde rentre régulièrement en collision avec la vie de notre trio, que ce soit sous la forme d’un patron qui pète les plombs avec ses solutions de management à mettre en PLS les plus flexeurs des startuppers, ou sous l’impulsion de Jen qui essaie de mettre un peu de normalité dans la folie ambiante de la cave. La série s’offre en plus le luxe de jouer sur tous les registres de comédie : absurde, slapstick, cringe, et autres allusions sexuelles répondent présent. Parfois même, ils se donnent tous rendez-vous pour une même scène.

Team, team, team, team, team. I even love saying the word « Team ».

La grande force de la série réside dans ses personnages truculents, tous des archétypes, qui tendent même parfois vers la caricature. Jen (Katherine Parkinson) est la responsable du trio, bosseuse mais superficielle et égocentrique, cherchant à tout prix à briser le plafond de verre. Roy (Chris O’Dowd, dans le rôle qui l’a révélé) est l’emblème même du geek feignant, qui passe sa journée sur internet en mangeant de la junk food. Moss (Richard Ayoade) est le Nerd à tendance Asperger, adorable mais qui a du mal à comprendre certaines interactions sociales simples.  Denholm (Chris Morris) est le patron de la boîte, totalement flex, qui détourne des fonds et fait tout ce que tout bon patron ripoux ferait. Son fils Douglas, qui le remplace à partir de la saison 2 (interprété par l’incroyable, le merveilleux, que dis-je, le SUBLIME Matt Berry) est quant à lui tout ce qu’était son père. Avec toutefois un côté harceleur sexuel en bonus. Ajoutez à cela le fantasque et gothique Richmond (Noel Fielding) pour certains épisodes choisis, et vous avez une belle équipe de personnages prêts à s’entraider et à se faire des crasses, au fil des épisodes et des situations.


Douglas dans toute sa stupide splendeur

Parlons-en, d’ailleurs, des situations qui peuvent émailler la vie des employés de Reynholm Industries. Se lier d’amitié avec des footix via une appli qui permet de parler le langage du foot, puis involontairement braquer une banque avec eux ? Check. Rentrer dans une société secrète vouant un culte ésotérique à Des Chiffres et Des Lettres ? Check. Prendre rendez-vous avec un Allemand cannibale pour pouvoir regarder des films de Série B sur son énorme télé ? Check.
Ai-je besoin d’en dire plus pour souligner l’absurdité ahurissante de certains épisodes ? C’est simple, on s’attendrait à voir ce genre d’intrigues dans une série animée tellement ça part dans tous les sens. Et pourtant ça marche.

En plus de tout ça, The IT Crowd porte un amour et une tendresse immense à la communauté geek. La cave de notre trio est ainsi REMPLIE de goodies divers et variés, en rapport avec la culture internet du début du siècle. Aujourd’hui, on a même du mal à comprendre et choper toutes les références qui s’y trouvent, de la même façon que dans 10 ans, on ne reconnaîtra sans doute plus les memes et autres bêtises qui nous passionnent actuellement sur la toile.
Notez bien, un jour, The IT Crowd sera une source capitale pour la compréhension de la culture geek underground du début du siècle.

Regardez-moi tous ces détails autour de nos protagonistes, sans rire

But it’s not the same !…

Le truc qui est plaisant dans The IT Crowd, c’est toute cette petite satire sur l’univers de l’entreprise, sur les relations humaines et sur notre monde moderne. L’un des meilleurs épisodes de la série se focalise d’ailleurs sur les nouvelles méthodes managériales de Denholm lorsque celui-ci découvre que le stress est mauvais pour ses employés et leur productivité. Son idée géniale pour assurer le bien-être dans la boîte : virer tous ceux qui seraient plus ou moins stressés. Ce qui donnera lieu à quelques-unes des meilleures scènes de la série, dont un discours d’anthologie, qui rappellera les heures les plus sombres de son histoire à n’importe quel employé de bureau ayant jamais eu un patron un peu trop flex.

Parfois même, la série réussit à être en avance sur son temps, avec un Douglas Reynholm présenté comme idiot, obsédé et harceleur sexuel. On ne rira jamais avec lui, mais bien toujours de lui et de sa stupidité hors-norme. Y compris lorsque la seule histoire d’amour qu’il connaîtra au cours de la série finit en eau de boudin (et quelle eau de boudin d’ailleurs). Douglas se lamente, et nous, on rit quand même un peu, parce qu’il l’a bien mérité.

Dans un autre épisode, mais toujours dans le registre sexuel, Roy subit un attouchement sexuel lors d’un massage, puisque son masseur lui claque une bise non requise sur le fessier. Ce qui aurait pu conduire à une blague à base de « ça va, t’as pas à te plaindre, c’est pas si grave », est en fait traité de deux façons. D’une part avec sérieux par Moss qui compatit avec son ami et tente de le soutenir. De l’autre avec ridicule et désinvolture par Jen, qui moque et dénigre Roy. Et au final, la série s’attardera à montrer la bêtise et le manque d’empathie de Jen, et c’est son comportement qui finit par être le ressort comique de la situation. Habile non ? Le rire est de toute façon toujours tourné vers les fautifs et les idiots, y compris les personnages que l’on aime qui ont tous le potentiel d’être détestables à un moment donné. Exception faite de Moss, qui est une licorne pure et douce.

La meilleure série humoristique britannique de ce siècle vous tend les bras. Portée par des personnages hilarants, une écriture au top et des situations absurdes à en rendre jaloux les Monty Pythons, The IT Crowd fait un bien fou au moral. Satire de l’entreprise, du management, des relations humaines, de la romance au XXIe siècle, tout ça vous amenant à vous bidonner comme rarement, The IT Crowd est un indispensable absolu, disponible sur Netflix pour le plaisir de vos yeux, de vos oreilles, et de vos zygomatiques.

 

Narfi

Narfi a été accueilli au sein du Cri malgré sa nature de troll des forêts du Périgord, une sous espèce cohabitant rarement avec ses cousins des plaines Limougeaudes (Petrocore constituant la seule exception connue des Trollologues) Crasseux et vulgaire, poète dans l'âme, il aime à rester au fond de la tanière pour lire des bédés et jouer sur son PC, insultant de sa bouche pleine de poulet frit tous ceux croisant son chemin dans les dédales des internets.

Lâche ton cri

  • 9 mars 2020 at 0 h 24 min
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    Personnellement, toutes les scènes de Douglas me font mourir de rire, grâce à la diction et au phrasé si particulier de Matt Berry. Qu’on retrouve d’ailleurs dans la série What we do in the Shadows, où il est encore une fois grandiose !

  • 5 mars 2020 at 21 h 55 min
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    « The IT Crowd fait un bien fou au moral » : oui, triple oui ! C’est à la fois bien déconnant et en même temps vraiment ancré dans la réalité et l’absurdité de celle-ci.

    Petite tendresse particulière pour l’apprentissage du langage de « mec » concernant le foot et tout ce que ça dit très efficacement de la difficulté à trouver sa place quand on n’a pas les intérêts de la norme.

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