Emancipator – Dusk to Dawn : du trip-hop bien aérien

Emancipator – Dusk to Dawn : du trip-hop bien aérien

J’aurais pu vous parler, bien sûr, du maître du genre Nujabes (tiens ? ça vous dit pas quelque chose ?) ou du fleuron de chez Nina Tunes, Bonobo. Mais tant qu’à parler de trip-hop, autant gratter un peu et aller chercher un p’tit gars un poil moins connu, Emancipator. Parce qu’il le mérite bien. 

La pochette du disque en question

Du bon trip-hop à l’anglaise

Quand on parle de trip-hop, deux contrées s’imposent immédiatement dans les têtes. Le Japon bien sûr, avec Nujabes, DJ Okawari et Uyama Hiroto pour les plus connus. Et puis surtout son pays natal, l’Angleterre, avec le monstrueux DJ Shadow, Bonobo le sus-cité et tout plein d’autres qui officient dans des labels dédiés. Emancipator fait partie de ces derniers. C’est pourtant sur une compil du label de Nujabes, Hyde Out Recordings, qu’il se fait remarquer en premier lieu. Il ne perd pas de temps suite à cela, et crée son propre label Emancipator Music en 2006 sur lequel il sort son premier album Soon It Will Be Cold Enough. Le jeune homme a alors 19 ans, on peut pas dire qu’il chôme.

Dusk To Dawn est son troisième disque, sorti en 2013. Et je peux vous dire que le DJ a mis les petits plats dans les grands pour nous livrer de la musique de haute volée ! Pas moins de 10 musiciens l’accompagnent tout au long de l’œuvre. Il y a de grands classiques comme la percu, le violon ou le piano mais aussi des trucs plus « exotiques » comme la mandoline ou le « hammered dulcimer ». Je vous imagine déjà faire une tronche bizarre en lisant ce nom barbare (vous en faites pas, j’ai tiré la même) donc voici la bête en image : 

Chelou, n’est-il pas ?

Le musicien le plus notable de tous est Ilya Goldberg, qui l’accompagne aussi au violon pendant ses tournées , cet instrument étant le plus fréquent dans toutes ses productions.

Et l’album alors ?

Et bien l’album, il défonce, tout bonnement. Je suis déjà assez aisément conquis par le trip-hop, que je trouve être un style très délicat où l’alchimie entre mélodie et beat efficace (comme la mienne. Désolé, fallait que je la fasse mais promis je prends des cachets) est souvent là. Avec tous ses instruments additionnels, Emancipator sait garder une ambiance « chill » homogène tout en restant très varié. Évidemment, les pistes où le violon et le piano sont majoritaires font immédiatement mouche : le premier morceau, « Minor Cause », est le morceau rêvé pour ouvrir l’album avec des parties de violon tout bonnement dantesques, tout comme dans « Merlion », et « Natural Cause », vers la fin, est juste magnifique, splendide, merveilleux avec son atmosphère toute en nostalgie au piano. Rien de moins. (Et en plus y a aussi du violon, alors comment lutter contre toute cette bÔté)

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Les autres morceaux ne sont pas en reste, on trouve de chouettes moments de bravoure comme le solo de saxo à la fin de « The Way », qui fait toujours son effet. Les voix éthérées de « Valhalla » m’ont accroché l’oreille dès la première écoute… Bon en fait, y a du bon partout et toujours différent. La seule chose qui lie les morceaux étant le beat (*rire gras*) caractéristique du genre. Est-il besoin de dire qu’il sonne toujours bien ? Non, bien sûr, mais je le dis quand même.  

On notera, et c’est agréable, qu’il arrive que notre DJ parvienne parfois à réunir tout un groupe pour faire ses tournées : le « Emancipator Ensemble ». Je n’ai pas résisté à l’envie de vous montrer ce que ça donne en live :

bandeau17-1024x142-2141714Dusk To Dawn est une bonne pioche pour ceux qui aiment le trip-hop, de près ou de loin. Le travail de production rend très bien honneur au travail de composition, c’est du bonbon pour les oreilles. Alors si vous voulez vous poser peinard après une journée trop chiante, et que vous tournez un peu en rond dans votre musique zen (vous avez déjà écouté ça ? ça ? ou ça ?), envoyez vous cette perle dans les écouteurs et laissez-vous porter. Sinon en musique de fond au boulot, aussi, ça passe très bien (testé et approuvé, avec les compliments des collègues).

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