Une image IA = 17 minutes de micro-ondes : ces outils que vous adorez sont en train de cuire la planète

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Les outils d’intelligence artificielle générative ont envahi nos écrans, des illustrations instantanées aux clips vidéo élaborés. Derrière chaque clic, une consommation d’électricité et d’eau bien plus lourde qu’on ne l’imagine.

Des centres de données qui pèsent déjà comme un pays entier

En 2025, les infrastructures dédiées à l’IA ont absorbé environ 448 térawattheures dans le monde. Ce volume place l’ensemble au onzième rang des consommations nationales, juste derrière la France. Les projections de l’UNU-INWEH et de l’Agence internationale de l’énergie convergent : d’ici 2030, le total pourrait doubler pour atteindre 945 térawattheures, soit près de trois pour cent de la demande électrique planétaire. La phase d’inférence, celle où les modèles répondent aux requêtes quotidiennes, représente à elle seule 80 à 90 % de cette dépense énergétique.

Eau, terres et minerais : le prix caché des images et vidéos

L’impact ne s’arrête pas à l’électricité. Le même rapport estime que l’empreinte hydrique de l’IA pourrait atteindre 9 300 milliards de litres d’eau d’ici la fin de la décennie, assez pour couvrir les besoins domestiques annuels de 1,3 milliard d’habitants en Afrique subsaharienne. L’occupation des sols par les centres de données dépasserait 14 500 kilomètres carrés, soit plus de dix fois la surface de Mexico. L’extraction de lithium, cobalt et terres rares nécessaires aux serveurs ajoute encore une pression sur des régions déjà fragiles.

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Agir à chaque niveau pour limiter la casse

Les auteurs du rapport insistent sur la transparence des bilans écologiques et sur une conception plus sobre des modèles. Choisir des algorithmes légers pour des tâches simples ou privilégier une recherche classique quand cela suffit peut déjà réduire la facture. Au-delà des gestes individuels, une gouvernance internationale couvrant toute la chaîne, de l’extraction des ressources à la gestion des déchets électroniques, apparaît indispensable pour éviter que les gains d’efficacité ne soient annulés par une explosion des usages, phénomène connu sous le nom de paradoxe de Jevons.

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