Gr0lum, le Robin des Bois du torrent qui a coulé YggTorrent !

raid serveur police cyber

Quatre mois après la cyberattaque qui a anéanti Yggtorrent, la gendarmerie nationale revendique la fin définitive de la plateforme. Douze interpellations marquent l’aboutissement d’une enquête de longue haleine.

Une opération coordonnée sur tout le territoire

Les cybersenquêteurs de l’antenne UNCyber à Montpellier ont mené l’action sous l’égide de la JUNALCO et de la JIRS de Paris. Déclenchée suite aux signalements de la Sacem, de l’Alpa et du Syndicat de l’Édition Vidéo Numérique, l’enquête portait sur des faits de contrefaçon en bande organisée et de blanchiment aggravé. Le préjudice estimé pour les ayants droit se chiffre en dizaines de millions d’euros. Les perquisitions ont permis la saisie de matériels informatiques évalués à 45 000 euros, de plus de 50 000 fichiers torrents et de crypto-actifs servant probablement au financement de l’équipe.

Le hack qui a scellé le sort de la plateforme

Dès décembre 2025, les dérives commerciales d’Yggtorrent, notamment l’introduction d’un mode Turbo payant, avaient provoqué une vive contestation au sein de la communauté. Un individu connu sous le pseudonyme Gr0lum en a profité pour s’introduire dans les serveurs le 3 mars 2026, exfiltrer des données et détruire les infrastructures. Cette action interne a mis hors ligne le site, qui comptait plus de 10 millions de membres revendiqués depuis sa création en 2017. Les tentatives de relance sous le nom YGG n’ont pas résisté aux attaques ultérieures.

Un épilogue judiciaire aux zones d’ombre persistantes

Si la gendarmerie célèbre aujourd’hui l’arrestation des administrateurs, modérateurs et autres membres clés de la structure, plusieurs points restent flous. L’identité exacte des douze personnes interpellées n’a pas été divulguée, pas plus que le sort réservé au hacker à l’origine du piratage. L’enquête, ouverte dès 2017, s’est nourrie des plaintes des industries culturelles sans préciser si les documents fuités lors de l’attaque ont directement alimenté les poursuites.

Ce dénouement illustre la persistance des autorités face aux plateformes de partage illégal, même quand celles-ci s’effondrent d’elles-mêmes sous la pression interne et technique.

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