70 millions d’euros partis en fumée : le scandale des bus à hydrogène de Macron à Pau

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Les bus à hydrogène de Pau, présentés comme un projet pionnier en France, tirent leur révérence. Lancés avec tambour et trompettes en 2020, ces véhicules longue distance sur une ligne de bus à haut niveau de service rencontrent aujourd’hui des obstacles insurmontables qui poussent l’agglomération à changer de cap.

Des promesses techniques freinées par la réalité industrielle

Imaginés pour offrir une autonomie confortable et un ravitaillement rapide, ces engins de 18 mètres reposaient sur une pile à combustible qui transforme l’hydrogène en électricité sans rejeter de CO2 ni de particules. L’investissement initial oscillait entre 70 et 74,5 millions d’euros pour équiper la flotte et la station de production locale. Pourtant, dès 2024, le constructeur belge Van Hool dépose le bilan. Les pièces détachées deviennent introuvables et, sur les huit bus en circulation, deux sont déjà immobilisés au dépôt en août 2026.

Une station de recharge qui accumule les défaillances

La maintenance de la station d’hydrogène s’avère tout aussi problématique. Le prestataire réclame une renégociation importante de son contrat, sinon il se retire. Pour compenser, l’agglomération doit parfois faire acheminer le gaz par camion depuis d’autres sites, ce qui annule une grande partie de l’avantage écologique initial. Ces complications répétées ont fini par peser lourd sur le budget et la disponibilité du service.

Une transition vers des solutions plus fiables

Face à ce constat, les responsables locaux ont décidé d’abandonner progressivement la filière hydrogène. Les prochains véhicules seront électriques à batterie ou hybrides diesel-électrique. Cette évolution reflète aussi l’amélioration des performances des batteries ces dernières années et la baisse des subventions spécifiques à l’hydrogène. Le projet, malgré ses ambitions affichées, illustre les défis concrets que rencontre encore cette technologie dans un contexte opérationnel quotidien.

L’expérience de Pau rappelle que les innovations de rupture demandent une chaîne d’approvisionnement solide et une maintenance maîtrisée pour passer du prototype à la routine urbaine.

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