Ce drama viral filmé à la verticale va devenir un vrai film : le projet qui retourne Hollywood
Imagine un feuilleton pensé pour TikTok, avec des épisodes d’une minute et des intrigues à la limite du ridicule. Maintenant, imagine que ce truc devienne un vrai long-métrage, avec un tournage pro et des ambitions de sortie en salles. Non, ce n’est pas le pitch d’une comédie sur le cinéma, c’est l’histoire bien réelle de « Rags 2 Richmond ».
Ce « micro-drama » conçu pour être scrollé sur ton téléphone a tellement bien marché qu’il a tapé dans l’œil de producteurs assez fous pour en faire un film. On assiste peut-être à la naissance d’un monstre, ou d’un génie. Dans le doute, on a sorti le pop-corn.
Des feuilletons sous coke sur ton smartphone
Avant de parler de « Rags 2 Richmond », il faut que tu saches ce qu’est un « drame vertical ». Venu de Chine, ce format est une véritable industrie qui pèse des milliards. Le concept ? Des séries ultra-courtes, tournées à la verticale pour les écrans de téléphone, avec des épisodes de 60 secondes qui doivent te rendre accro immédiatement.
Les intrigues sont souvent kitsch au possible, avec des histoires de loups-garous, de milliardaires mystérieux ou de triangles amoureux improbables. La production est bouclée en quelques jours à peine pour des budgets minuscules. Certains appellent ça des « feuilletons sous cocaïne », et franchement, l’image est parfaite. Le modèle économique est simple : les premiers épisodes sont gratuits, puis il faut payer pour voir la suite. Une machine à cash qui repose sur des cliffhangers toutes les 58 secondes.
« Rags 2 Richmond » : le film que personne n’a vu venir
Au milieu de cette jungle de contenus, « Rags 2 Richmond » a réussi à tirer son épingle du jeu. Ce drama vertical a su créer un engouement viral, au point de convaincre les producteurs Jonathan Wong, Justina Shih et Simon Yin de tenter l’impensable : l’adapter en long-métrage. Le tournage vient d’ailleurs de se terminer au Canada.
Le passage d’un format aussi bref et frénétique à un film de 90 minutes est une première qui rend toute l’industrie curieuse. C’est un peu comme si on adaptait un mème en film à gros budget. On est loin des adaptations de jeux vidéo comme The Last of Us ou Fallout, qui partent déjà d’un matériel riche. Ici, on part de sketches conçus pour capter ton attention entre deux stations de métro.
Alors, bonne ou mauvaise nouvelle pour le cinéma ?
Forcément, chez Cri du Troll, on est partagé. D’un côté, c’est une bouffée d’air frais. Voir un projet fauché et innovant percer au point de devenir un « vrai » film, c’est la preuve que l’industrie peut encore se réinventer et prendre des risques. Après des années de grèves et de morosité à Hollywood, ce genre d’initiative redonne un peu d’espoir et offre du boulot à des équipes créatives.
Mais d’un autre côté… on a un peu peur. Un récit basé sur des « hooks » ultra-agressifs pour t’empêcher de scroller peut-il vraiment tenir la route pendant plus d’une heure ? On sait que ces productions ont la réputation d’avoir des scénarios écrits à la va-vite, parfois avec l’aide de l’IA, et des thèmes qui frôlent la caricature. Le risque est de se retrouver avec un film qui ressemble à un zapping de moments chocs sans aucune profondeur.
On ne sait pas encore si « Rags 2 Richmond » sera un chef-d’œuvre d’un nouveau genre ou un navet monumental. Mais une chose est sûre : le projet a le mérite de bousculer les codes. Il symbolise le flou grandissant entre les contenus pour réseaux sociaux et le cinéma traditionnel. Et rien que pour ça, on est terriblement curieux de voir le résultat. On ira le voir, c’est certain. Ne serait-ce que pour le mème.
Les cliffhangers toutes les 58 secondes, sérieux ça doit être crevant à suivre sur 90 min, j’suis curieux de voir si le film tiendra le coup.