Pillion: le film BDSM avec Alexander Skarsgård qui a retourné Cannes

Deux hommes face à face devant une moto.

Alors que tu pensais avoir tout vu, un film débarque de nulle part et met tout le monde d’accord. Oublie les blockbusters attendus, on te parle de Pillion, une romance sur fond de cuir, de motos et de BDSM qui a littéralement séduit le festival de Cannes. Oui, tu as bien lu. Et quand on te dit que le duo principal est formé par Alexander Skarsgård et l’inoubliable Dudley Dursley de Harry Potter, tu comprends que le choc est total.

Une comédie romantique… mais en cuir et latex?

Imagine le début d’une comédie romantique classique : Colin (Harry Melling), un jeune homme timide et un peu paumé, croise le regard de Ray (Alexander Skarsgård), un colosse charismatique, leader d’un club de motards. Le coup de foudre, le fameux « meet cute ». Sauf que la ruelle sombre qui suit ne débouche pas sur un baiser innocent. Ray, adepte du BDSM, propose à Colin de devenir son « pillion », son passager, son soumis.

Loin de tomber dans le graveleux, le réalisateur Harry Lighton traite cette relation dominant-soumis avec les codes de la rom-com. On suit leur quotidien, entre les listes de courses, les week-ends à la campagne (version cuir et latex, bien sûr) et même la présentation aux parents. Le film, adapté du roman Box Hill, explore avec une justesse folle la naissance des sentiments dans une dynamique de pouvoir, rendant le tout à la fois sexy, dérangeant et étrangement mignon.

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Un casting cinq étoiles pour un film coup de poing

Pour porter un projet aussi audacieux, il fallait des acteurs solides. Alexander Skarsgård (True Blood, Succession) est impérial dans le rôle de Ray. Il incarne ce dominant mutique, capable d’un simple sourire de faire chavirer Colin (et les spectateurs). Sa performance est tout en retenue et en puissance.

Mais la vraie révélation, c’est Harry Melling. Celui que le monde a connu en Dudley Dursley est tout simplement méconnaissable. Il livre une performance incroyable, pleine de nuances, jouant avec une naïveté touchante la découverte du désir, de l’amour et de la soumission. Il prouve qu’il est l’un des acteurs les plus intéressants de sa génération.

Bien plus qu’un simple film choc

Si Pillion fait autant parler, ce n’est pas uniquement pour ses scènes explicites, qui sont d’ailleurs décrites comme ludiques et essentielles au récit par les acteurs eux-mêmes. Le film est une œuvre multifacettes : c’est une histoire d’amour, un récit d’émancipation sur le passage à l’âge adulte, mais aussi une comédie à l’anglaise terriblement drôle.

Le réalisateur réussit le pari de ne jamais juger ses personnages ou leur pratique. Il explore avec une grande intelligence la fragilité d’une relation où le rapport de force est inégal, tout en montrant la tendresse qui peut naître dans les situations les plus inattendues. Le film a d’ailleurs été acclamé pour son authenticité, impliquant de vrais membres du plus grand club de motards LGBT+ du Royaume-Uni.

Au final, Pillion n’est pas juste le film « chaud » dont tout le monde parle. C’est une œuvre intelligente, touchante et profondément humaine qui utilise un univers sulfureux pour raconter une histoire universelle sur l’amour et la découverte de soi. Une claque inattendue qui s’impose comme l’un des films les plus marquants de ces dernières années. Un vrai coup de fouet sur le cinéma, et on aime ça.

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