28 ans plus tard atomise tout : pourquoi c’est déjà le film de l’année
On va être honnête, après un retour en demi-teinte avec 28 ans plus tard, on n’attendait pas forcément sa suite, Le Temple des Morts, au tournant. Et pourtant. Sortez le pop-corn et préparez vos nerfs, car la saga vient de nous livrer ce qui est peut-être son meilleur chapitre. Oublie tes certitudes sur les films de zombies, car ici, la peur a changé de camp, et elle est carrément plus tordue.
L’homme est un loup pour l’homme… surtout en secte sataniste
La plus grande force de ce nouvel opus, c’est de comprendre que la pire menace n’est plus le clampin de base qui veut te dévorer. Non, le vrai monstre, c’est l’humain. Le film nous balance sur deux fronts, deux ambiances qui vont finir par se rentrer dedans dans un chaos jouissif.
D’un côté, on retrouve le Dr Kelson, brillamment incarné par un Ralph Fiennes en état de grâce. Le Doc, complètement givré et la peau jaunie par l’iode, se lance dans une relation quasi-philosophique avec un infecté alpha qu’il a baptisé Samson. Entre deux injections, il tente de comprendre, de « soigner », et nous offre des scènes surréalistes, dont une danse déjà culte sur du Iron Maiden. C’est absurde, profond, et ça pose une question essentielle : et si on pouvait guérir la rage ?
De l’autre côté, changement de décor. On suit le jeune Spike, qui se fait enrôler de force dans la bande de Jimmy Crystal. Joué par un Jack O’Connell flippant à souhait, ce gourou charismatique à la tête d’une secte de jeunes paumés voit le meurtre comme une œuvre de charité. Persuadé d’être le fils du Diable, il impose sa folie à sa troupe. L’horreur n’est plus seulement graphique, elle devient psychologique, sadique, et explore comment la violence peut devenir une nouvelle religion dans un monde sans repères.
Moins de sprint, plus de malaise
Aux commandes, Nia DaCosta (The Marvels, Candyman) remplace Danny Boyle et impose sa patte. Fini le style clippesque et frénétique à tout-va. La réalisation est plus posée, plus atmosphérique, mais la tension n’en est que plus diffuse et constante. Les infectés se font plus rares, mais chaque scène de violence est d’une brutalité inouïe, filmée sans détour. On est loin de la course-poursuite classique ; ici, le malaise s’installe doucement et ne te lâche plus.
Le film prend le temps de développer ses thématiques, d’étaler la psychologie de ses personnages et de rendre l’univers encore plus riche. C’est un épisode de transition, certes, mais un maillon indispensable qui redonne une consistance et une profondeur folles à la saga.
Bref, Le Temple des Morts est une réussite totale. Plus maîtrisé et bien plus stimulant que son prédécesseur, il parvient à faire évoluer la franchise de manière pertinente tout en livrant un spectacle visuel et narratif de haute volée. L’attente pour la conclusion de la trilogie, qui verra le retour tant espéré de Cillian Murphy, est désormais à son comble.