Game Key Cards sur Switch 2 : Nintendo a inventé la cartouche sans jeu et ça énerve Internet plus vite qu’un Joy-Con drift
Depuis l’annonce de la Nintendo Switch 2, tu as forcément vu passer ce terme qui crispe la communauté : les Game Key Cards, alias GKC.
Certains les détestent par principe, d’autres les tolèrent à contrecœur, mais peu savent réellement ce qui se cache derrière ce format hybride. Cartouche vide, jeu dématérialisé déguisé ou mal nécessaire ? Il est temps de poser la manette et de faire le point calmement.
Une simple cartouche vide… ou presque
Les Game Key Cards font partie des trois formats physiques proposés sur Switch 2, aux côtés des cartouches classiques et des cartouches “Nintendo Switch 2 Edition” (qui contiennent en réalité des jeux Switch 1). Leur particularité ? Elles ne stockent quasiment pas le jeu.
Concrètement, une GKC contient uniquement les données nécessaires pour autoriser le téléchargement du jeu et permettre à la console de le lancer. Le vrai contenu, lui, est installé sur la mémoire interne de la Switch 2 ou sur une microSD Express. Tu as donc bien un objet physique entre les mains, mais le jeu vit ailleurs. L’idée, c’est que la cartouche sert de clé : sans elle, impossible de jouer, même si le jeu est installé.
Pourquoi les joueuses et joueurs les détestent autant
Si les GKC déclenchent autant de réactions épidermiques, ce n’est pas par hasard. Le premier problème, c’est la notion de propriété. Sans données sur la cartouche, ton jeu dépend des serveurs de Nintendo pour être téléchargé. Et même si ça semble abstrait aujourd’hui, dans trente ou quarante ans, rien ne garantit que ces serveurs existeront encore.
Ce point soulève une autre inquiétude majeure : la conservation du jeu vidéo. Des institutions comme la BnF en France sont chargées de préserver les œuvres culturelles, mais une cartouche sans données n’a aucun intérêt archivistique. Sans serveurs, une Game Key Card devient inutilisable, et le jeu disparaît.
À cela s’ajoute un problème très concret : le stockage. Les jeux Switch 2 sont beaucoup plus lourds. Un Final Fantasy 7 Remake Intergrade frôle les 100 Go, sur une console qui n’en propose que 256. Résultat : tu dois investir dans des microSD Express coûteuses, et l’addition grimpe vite.
Un mal nécessaire pour Nintendo et les éditeurs ?
Malgré tout, enterrer les Game Key Cards serait un peu trop facile. D’abord, elles permettent de réduire le prix des jeux : en moyenne, une GKC coûte environ 10 € de moins qu’un jeu sur cartouche classique, ces dernières étant très chères à produire.
Ensuite, il y a la question des performances. Certains jeux, comme Star Wars Outlaws, nécessitent des vitesses de lecture et d’écriture trop élevées pour les cartouches standards actuelles. Forcer l’installation sur la mémoire interne devient alors la seule solution viable pour proposer un format physique.
Autre point rassurant : le marché de l’occasion n’est pas impacté. Une GKC peut être revendue librement, car rien n’est lié à ton compte Nintendo. Et non, tu n’as pas besoin d’une connexion internet permanente : une fois le jeu téléchargé, tu peux jouer hors-ligne sans souci.
Au final, les Game Key Cards ressemblent surtout à un format de transition. En attendant d’éventuelles cartouches de différentes tailles et moins chères, elles semblent parties pour rester. Pas par amour, mais par pragmatisme.