Avec Send Help, Sam Raimi signe son grand retour à l’horreur (et c’est une tuerie)
Le patron est de retour ! Non, pas le tien, celui qui te fait subir des entretiens humiliants. Je te parle du vrai, du seul, de l’unique : Sam Raimi. Après une pige remarquée mais forcément un peu bridée chez Marvel avec Doctor Strange 2, le papa d’Evil Dead et de Drag Me to Hell revient enfin à ses premières amours : la comédie horrifique décomplexée et jouissive. Son nouveau film, Send Help, est la claque que tous les fans attendaient depuis des années.
Un pitch qui sent bon la vengeance et l’eau de coco
Imagine le décor : un crash d’avion sur une île déserte. Les deux seuls survivants ? Linda, une employée sous-estimée et mal fagotée, et Bradley, son jeune patron arrogant et insupportable. Un duo que tout oppose, forcé de collaborer pour survivre. Ça te rappelle quelque chose ? Attends la suite. Car la petite Linda, interprétée par une Rachel McAdams méconnaissable, est secrètement une experte en survie grâce à des années de binge-watching intensif de télé-réalité. À l’inverse, son boss, joué par un Dylan O’Brien parfaitement détestable, serait incapable de faire un feu sans un tuto YouTube et la fibre.
Le rapport de force s’inverse alors totalement. Send Help se transforme en un survivaliste cruellement drôle, un « Robinson Crusoé gore » qui mélange habilement le thriller, l’aventure, la comédie noire et une bonne dose d’horreur. C’est un duel savoureux où l’employée prend enfin sa revanche sur le N+1 qui la méprisait. Un défouloir jubilatoire pour quiconque a déjà rêvé de faire manger des insectes à son manager.
Le retour du roi de la Série B de luxe
Ce qui rend Send Help si spécial, c’est qu’il s’agit d’un pur film de Sam Raimi, libéré du lourd cahier des charges des blockbusters. On retrouve sa mise en scène inventive, son humour noir et sa capacité à faire basculer une scène de la comédie à l’épouvante en une fraction de seconde. Ça faisait depuis le génial Jusqu’en Enfer en 2009 qu’on attendait de revoir le maître s’amuser comme un petit fou dans son genre de prédilection. Dix-sept ans !
Les premiers retours sont d’ailleurs unanimes et confirment que l’attente en valait la peine. Le film est décrit comme un retour aux sources réussi, une série B généreuse et inventive qui exploite à merveille son concept. Raimi voulait, selon ses propres mots, raconter la transformation d’une femme qui prouve sa valeur et encourager au respect mutuel, peu importe le statut. Un message servi par une bonne dose de fun et de gore.
Tu l’as compris, Send Help n’est pas juste un film de plus sur une île déserte. C’est l’événement que tous les geeks fans de cinéma de genre attendaient. Un film qui prouve que Sam Raimi n’a rien perdu de sa superbe et qu’il reste le roi incontesté de l’horreur fun et intelligente. Fonce le voir, c’est un ordre (bienveillant, lui).