Données de santé : La France active son bouclier de souveraineté et dit enfin adieu à Microsoft

Serveurs avec bouclier de protection et drapeaux.

Imagine tes données de santé les plus perso. Pas juste le fait que tu aies abusé de la raclette cet hiver, mais tout ton historique médical. Pendant des années, ce trésor d’infos a été stocké chez l’Oncle Sam, ou presque. Eh bien, surprise : la France a décidé de ranger sa chambre numérique et de tout déménager. Une bonne nouvelle pour notre vie privée, qui méritait bien mieux qu’une simple quête annexe.

Le Health Data Hub, le trésor national des données de santé

Avant de sabrer le champagne, petit rappel des faits. On ne parle pas ici de « Mon espace santé » (qui est déjà sagement hébergé en France), mais du Health Data Hub (HDH), ou Plateforme des Données de Santé. C’est une base de données absolument gigantesque et anonymisée, créée en 2019, qui centralise des millions d’informations pour aider la recherche. En gros, c’est le grimoire ultime qui permet aux scientifiques de développer de nouveaux traitements et de mieux piger les épidémies. Un outil surpuissant, donc ultra-sensible.

Microsoft et le Cloud Act : l’alliance qui faisait grincer des dents

Dès sa création, le choix de l’hébergeur a fait tousser tout l’écosystème tech français. Le HDH tournait sur Microsoft Azure, le cloud d’une entreprise américaine. Le souci ? Le Cloud Act. Cette loi permet aux autorités américaines de réclamer des données à leurs entreprises, même si les serveurs sont à l’autre bout du monde. Un peu comme si le FBI pouvait débarquer dans ta partie de JDR pour saisir tes fiches de perso, juste parce que les dés viennent des USA.

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La CNIL, gardienne de nos données, avait tiré la sonnette d’alarme dès le début, mais avait dû céder, faute d’alternative crédible à l’époque. L’ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, l’avait résumé sans détour : « C’était Microsoft ou rien ». Pas très rassurant.

Opération souveraineté : la France lance la contre-attaque

Cinq ans plus tard, le vent a enfin tourné. L’État a lancé un appel d’offres pour rapatrier le Health Data Hub sur une terre plus sûre. L’objectif : confier nos données à un hébergeur « souverain », qui ne répond qu’à la loi française et européenne. Finie, la peur de l’espionnage économique ou politique venu d’outre-Atlantique.

Le futur chevalier blanc devra montrer patte blanche et disposer des certifications les plus exigeantes : HDS (Hébergeur de Données de Santé) et surtout le label SecNumCloud, le sceau de confiance ultime délivré par l’ANSSI. Des entreprises françaises comme OVHcloud et Cloud Temple sont déjà dans les starting-blocks pour relever le défi. La migration, prévue pour commencer début 2026, est une « solution intercalaire » qui marque une première étape décisive.

Ce n’est pas qu’un simple déménagement de serveurs, c’est une vraie déclaration d’indépendance numérique. La France reprend enfin le contrôle de ses informations les plus stratégiques et les plus intimes. Une saga qui se termine (presque) bien, et une sacrée victoire pour notre vie privée. Il était temps de finir le tuto et de passer au vrai jeu.

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