Myrath, des riffs venus de l’autre côté de la mer

Comment aurais-je pu savoir que l’une des plus grosses baffes de ces dix dernières années en matière de métal viendrait de Tunisie ? C’est vrai quoi, mince ! C’est pas un pays connu pour la vivacité de sa scène métal. Et pourtant.

Mais qui sont ces gens ?

J’ai découvert le groupe Myrath complètement par hasard. A l’origine, dans cette fameuse salle de concerts limougeaude, j’étais venu voir Orphaned Land, groupe israélien particulièrement talentueux que mes amis et moi n’avions de cesse d’écouter à cette époque. Connu pour ses positions pacifistes et humanistes, le groupe s’était entouré d’autres formations venant de tous les coins du monde arabe pour faire une tournée prônant la paix dans le Moyen-Orient. Initiative louable et qui allait nous permettre de nous prendre un bon cachou sonore venant de groupes inconnus que nous avions hâte de découvrir. Après une formation hardcore libanaise dont le nom ne me revient pas, Myrath débarque. Et là, c’est la révélation.

Le lendemain, il me FALLAIT un de leurs CD. Que je trouvai. Que j’écoutai. Et que bien vite je vénérai.

L’objet du culte

 Mélodies enivrantes et gros son

D’habitude je suis pas trop fan des trucs heavy-progressif parce que c’est très souvent d’un kitsch absolu, à en faire pâlir d’envie des magasins de souvenirs de montagne. Le groupe qui a inspiré Myrath, Symphony X, est d’ailleurs pour moi le modèle du genre : des musiciens au talent incroyable mais qui nous pondent des monuments de technicité et de mauvais goût.

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Nos métalleux tunisiens évitent pourtant cet écueil avec brio, même si certains passages du disque marchent dangereusement sur la frontière. Sans jamais passer de l’autre coté. Il faut dire qu’ils maîtrisent diablement bien leur sujet : même leur utilisation des claviers reste sobre ! C’est vous dire ! Parce que, pour continuer dans le cliché, il est fréquent que les heavy-métalleux transforment les claviers en une arme de niaiserisation massive, en foutant des tonnes de pianos et de mélodies-guimauves à chaque occasion. Ici ça reste propre, et on est même bien content qu’ils apparaissent pour appuyer les guitares avec des sonorités arabisantes du plus bel effet. Et lorsque ces dernières sont couplées à des percus type derbouka, je vous raconte pas le pied ! J’ai quand même décelé quelques sons un peu bizarres qui m’ont fait un peu tiqué, mais globalement là-dessus, c’est un sans faute.

Les autres musiciens du groupe sont quant à eux remarquables sur toutes les pistes de l’album. Je pose une mention spéciale au guitariste et fondateur du groupe, Malek Ben Arbia, dont les parties sont vraiment le pilier de la musique de Myrath.

La production impeccable met parfaitement en avant son travail et quand les morceaux partent en mode « gros heavy qui tâche », il est très difficile de réprimer son désir de secouer la tête en rythme. Quand débarquent les solos épiques, là c’est la jouissance auditive, préparez les mouchoirs pour vos oreilles.

On peut difficilement passer à coté du chanteur d’exception, Zaher Zorgati. Petite anecdote rigolote : il a participé à la Star Academy libanaise (étonnant, non?).
Zaher Zorgati est l’une des premières raisons de mon admiration pour Myrath. Je sais que ça se voit pas sur l’album, mais cet homme est d’une bonne humeur et d’une gentillesse rares. Lors du concert avec Orphaned Land, il ne lui a fallu que quelques minutes pour complètement conquérir le public avec son sourire. Ajoutez à cette formidable personnalité une voix d’or et vous obtiendrez la cerise sur le gâteau Myrath, un organe cristallin qui sublime la musique déjà remarquable du groupe.

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Du tout bon, comme dirait Jacques.

10742718_10204115763826704_824066312_o-3636689Tales of the sands est un album monstrueux qui ravira tous les fans de métal progressif, les amateurs d’atmosphère moyen-orientale ainsi que les musicophiles avides d’expérience rafraîchissantes. Ce disque, je peux vous dire, c’est pas du travail d’ara… euh je veux dire : c’est un sacré boulot d’orfèvre.

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