Debian vs Skynet : La distribution Linux qui dit non à l’intelligence artificielle
On vit une époque formidable. Tu peux demander à une IA de te pondre une dissertation, de t’imaginer un combat entre Goldorak et un Balrog, ou de t’écrire un poème sur la dernière saison d’une série. Mais au milieu de cette euphorie numérique, un village d’irréductibles du code libre résiste encore et toujours à l’envahisseur : Debian.
Debian déclare la guerre aux IAs
Loin de se laisser séduire par le chant des sirènes algorithmiques, la célèbre distribution Linux a pris une décision radicale. Elle interdit purement et simplement les contributions générées par des intelligences artificielles, sauf si un humain a effectué une relecture approfondie et substantielle. Pas de code pondu par un robot sans âme dans leur cathédrale de logiciel libre.
Pour la communauté, comme celle de Debian-Facile, la raison est philosophique. Ils estiment que leur but est d’apprendre aux gens à résoudre des problèmes, à devenir plus malins. Pour eux, les IA génératives font l’exact inverse : elles nous rendent dépendants et intellectuellement paresseux, en nous servant des réponses toutes faites sans jamais nous pousser à la réflexion. Une vision à contre-courant qui fait du bien.
L’invasion des rapports de bug sans âme
Cette méfiance n’est pas que de la paranoïa de vieux barbus du code. Le projet cURL, l’outil que tu utilises sûrement sans le savoir des dizaines de fois par jour, en a fait les frais. Ils ont dû suspendre leur programme de chasse aux bugs après avoir été noyés sous un torrent de rapports inutiles et de mauvaise qualité, générés à la chaîne par des apprentis sorciers armés d’IA.
Le mainteneur principal a même parlé de « préserver leur santé mentale » face à ce « bruit » incessant. C’est la preuve que sans un contrôle humain strict, l’IA peut rapidement devenir un fléau qui épuise les équipes de passionnés.
Pendant ce temps, le grand manitou de Linux nuance
Alors, tout le monde est d’accord pour bannir l’IA ? Pas si vite. Le boss final du monde Linux, Linus Torvalds en personne, a une vision plus pragmatique. Il n’est pas contre l’IA, il l’utilise même via des outils comme AUTOSEL qui l’aident à trier les correctifs pertinents pour le noyau Linux.
Pour lui, l’important n’est pas l’outil, mais la finalité. L’IA peut être une bonne assistante pour des tâches de maintenance, mais elle n’est pas encore prête à écrire du code complexe. Surtout, la règle d’or reste la même : la responsabilité humaine n’est pas négociable. Si un code est soumis, c’est l’humain qui l’envoie qui en est responsable, qu’il l’ait écrit lui-même ou qu’une machine l’ait pondu pour lui. Il doit l’avoir relu, testé et compris.
Debian choisit donc la voie de la prudence maximale, en se positionnant comme un bastion du code 100% artisanal. Une démarche presque politique, qui privilégie la connaissance et l’émancipation humaine face à la promesse d’une assistance algorithmique. Dans ce grand débat, Debian a choisi son camp : celui de l’humain.