GameStop baisse le rideau : adieu veaux, vaches, et boutiques de jeux vidéo ?
Tu te souviens de cette odeur si particulière en entrant dans un Micromania ? Un mélange de plastique neuf, de carton et de rêves de nuits blanches à venir. Eh bien, prépare-toi à ranger ça dans la boîte à souvenirs, juste à côté de ta Game Boy Pocket. La maison mère, GameStop, est en pleine tempête et sort la tronçonneuse pour couper dans le vif de son réseau de boutiques.
Une fermeture massive qui sent le sapin
On ne va pas se mentir, ça fait un moment que GameStop fait la grimace. Les derniers résultats financiers sont tombés et c’est pas la joie : le chiffre d’affaires du troisième trimestre a chuté à 821 millions de dollars, bien loin des attentes. La raison ? La même rengaine que depuis des années : la transition numérique. Entre les téléchargements dématérialisés, les services par abonnement comme le Game Pass, et les géants du e-commerce tel qu’Amazon, vendre des boîtes de jeu en magasin est devenu un sport de combat.
La sanction est tombale : après avoir déjà fermé près de 600 boutiques aux États-Unis en 2024, l’entreprise a annoncé qu’un « nombre important » de magasins supplémentaires allaient baisser le rideau. Pire encore pour nous, pauvres Gaulois, la vente de la branche française, notre bon vieux Micromania, est prévue pour être finalisée au cours de l’année 2025. Le Canada a déjà vu sa filiale vendue. Ça ressemble à une retraite stratégique, façon débarquement de Dunkerque.
Moins de jeux, plus de bitcoins : la stratégie WTF ?
Là où ça devient savoureux, c’est quand on regarde la stratégie de survie. Face à des revenus en chute libre, comment l’entreprise a-t-elle réussi à dégager un bénéfice ? En taillant dans les dépenses comme un barbare dans une horde de gobelins. La priorité est de réduire les coûts, quitte à sacrifier des avant-postes.
Mais attends, ce n’est pas tout. Dans un élan de modernité un peu désespéré, GameStop a décidé de placer une partie de sa trésorerie dans… le Bitcoin. Oui, tu as bien lu. La société a acheté pour plusieurs centaines de millions de dollars de cryptomonnaie. On ne sait pas trop s’il faut y voir un éclair de génie ou le dernier pari d’un joueur qui pousse son tapis au milieu de la table. Bientôt des NFT en précommande ?
Cette restructuration marque sans doute la fin d’une époque. Celle où l’on pouvait discuter avec un vendeur passionné, échanger ses vieux titres contre une poignée de pièces et ressentir le poids d’une édition collector dans ses mains. Le jeu physique n’est peut-être pas totalement mort, mais il semble prendre le même chemin que le vinyle : un marché de niche pour les collectionneurs et les nostalgiques. Une page se tourne, et elle est salement cornée.