On becoming a guinea fowl : le film qui secoue Cannes et dénonce les prédateeurs familiaux
Si tu penses débarquer devant une gentille fable animalière de la savane, oublie tout de suite. On Becoming a Guinea Fowl n’est pas le prochain Disney, mais plutôt le genre de claque cinématographique qui te hante pendant des jours. Réalisé par la talentueuse Rungano Nyoni, déjà acclamée pour I Am Not a Witch, ce film est un drame surréaliste et vibrant qui utilise l’humour noir pour plonger dans les secrets les plus sombres d’une famille.
Alors, ça raconte quoi ce film au nom étrange ?
Imagine la scène : sur une route déserte, en pleine nuit, une jeune femme nommée Shula découvre le cadavre de son oncle. Ambiance. Alors que la famille se réunit pour organiser les funérailles, Shula et ses cousines commencent à gratter le vernis des apparences. Et ce qu’elles trouvent est loin d’être reluisant. Le film Révèle peu à peu les secrets enfouis et les mensonges qui gangrènent leur famille de la classe moyenne zambienne.
Ce qui commence comme une comédie grinçante, avec des situations absurdes et des personnages hauts en couleur, bascule progressivement dans un drame puissant sur les abus sexuels et le silence complice qui les entoure. C’est audacieux, dérangeant et absolument captivant.
La pintade, le prédateur et le silence
Le titre n’est pas une simple fantaisie. Dans la savane, la pintade est connue pour alerter les autres animaux de la présence de prédateurs. La réalisatrice Rungano Nyoni utilise cette métaphore pour construire un récit féministe et critique. Le film dénonce les traditions dépassées et un patriarcat qui préfère le silence à la justice pour ne pas « briser la famille ».
L’oncle décédé, que les femmes plus âgées pleurent avec une dévotion presque théâtrale, se révèle être un prédateur en série. Les plus jeunes, elles, refusent de se taire face à la complicité des aînées, qui choisissent de préserver l’union familiale au détriment de la vérité et de la sécurité de leurs propres enfants. Le film devient une démonstration implacable du pouvoir destructeur des traditions quand elles servent à protéger les coupables.
Un ovni cinématographique salué à Cannes
Présenté au Festival de Cannes 2024 dans la sélection « Un Certain Regard », On Becoming a Guinea Fowl a marqué les esprits. La mise en scène de Rungano Nyoni est décrite comme calme et discrète, mais d’une efficacité redoutable, surtout lorsque le récit flirte avec le rêve et l’étrange. Le film est porté par un casting impeccable, avec notamment Susan Chardy dans le rôle de Shula et Elizabeth Chisela.
Cette coproduction entre l’Irlande, la Grande-Bretagne et la Zambie, d’une durée d’environ 1h35, est une œuvre rare et précieuse. Elle te prend par surprise, te fait rire jaune et finit par te laisser avec une réflexion profonde sur le courage de dire non et de briser le silence. Un vrai coup de poing qui confirme le talent immense d’une cinéaste à suivre absolument.
Clairement, On Becoming a Guinea Fowl est une de ces pépites inattendues qui prouvent que le cinéma peut encore être percutant et inventif. Si tu cherches une expérience qui sort des sentiers battus, qui te bouscule et te fait réfléchir, tu tiens sans doute ton prochain film culte.