Pnj dopés à l’ia : la fin des conversations sans saveur ?

Taverne médiévale avec convives autour d'une table.

T’as déjà eu l’impression de parler à un mur en armure dans un RPG ? Tu sais, ce garde qui te sort la même phrase en boucle, que tu viennes de sauver le monde ou de lui voler sa chope. On a tous spammé le bouton d’action pour zapper des dialogues d’une platitude abyssale. Eh bien, cette époque est peut-être sur le point de se terminer. L’intelligence artificielle générative débarque pour donner un sérieux coup de fouet à nos compagnons virtuels, et ça pourrait bien tout changer.

De la plante verte en armure au compagnon crédible

Soyons honnêtes, pendant des années, les Personnages Non-Joueurs (PNJ) étaient au mieux des juke-box à quêtes, au pire des poteaux avec une ligne de dialogue. Leurs interactions étaient limitées par des scripts rigides. Même dans des monuments comme The Elder Scrolls V: Skyrim ou Mass Effect, avec leurs arbres de dialogue complexes, on finissait toujours par atteindre les limites de la matrice. On sentait bien que le personnage n’était qu’une marionnette récitant un texte pré-écrit.

Mais l’IA générative vient mettre un grand coup de pied dans cette fourmilière. Grâce à des modèles de langage surpuissants, les PNJ peuvent désormais créer des dialogues en temps réel, qui s’adaptent à ce que tu dis et fais. Fini les conversations qui tournent en rond ! On parle de personnages capables de se souvenir de tes actions passées, de développer une relation avec toi et de changer leur comportement en conséquence. Chaque partie deviendrait alors unique, car tes choix auraient un impact réel sur le monde social qui t’entoure.

A lire aussi  Créer des assets de jeu avec l’ia : guide de survie avec midjourney et dall-e

La révolution technique : moins de scripts, plus de jugeote

Ce bouleversement s’appuie sur des technologies qui, il y a encore quelques années, relevaient de la science-fiction. Les modèles de langage, type GPT-4, permettent aux PNJ de passer d’un rôle de simple récepteur à celui d’interlocuteur crédible. Imagine un tavernier qui ne se contente pas de te vendre des potions, mais qui improvise une conversation sur la dernière rumeur du village en se basant sur tes propres aventures.

En parallèle, l’apprentissage automatique donne aux PNJ la capacité de prendre des décisions cohérentes. Fini le compagnon d’aventure qui fonce dans un piège que même un enfant de cinq ans aurait vu. Ils peuvent désormais analyser une situation et agir de manière autonome et pertinente. Ajoute à ça la génération procédurale (PCG), popularisée par des jeux comme No Man’s Sky. Combinée à l’IA, elle ne crée plus seulement des planètes à la volée, mais aussi des PNJ avec une histoire, une personnalité et une mémoire. Voilà de quoi rendre chaque rencontre unique et narrativement intéressante.

Ubisoft passe à l’action : voici les « NEO NPCs »

Ubisoft, jamais le dernier quand il s’agit d’innover, a déjà mis les mains dans le cambouis avec ses « NEO NPCs ». Oublie les anciens PNJ qui suivaient un chemin tout tracé. On parle de coéquipiers virtuels, baptisés Pablo et Sofia, auxquels tu peux donner des ordres vagues comme « Va explorer cette zone et sois prudent ». Eux, ils comprennent, analysent et exécutent la stratégie la plus adaptée.

Cette prouesse est assistée par Jaspar, une autre IA dédiée à la fluidité de l’interaction. Le but ultime d’Ubisoft n’est pas seulement technique ; il est aussi émotionnel. L’idée est de créer un lien fort entre toi et ces personnages, qui se souviendront de tes faits d’armes et adapteront leur comportement. C’est une nouvelle façon de concevoir la collaboration dans un jeu, où ton partenaire IA n’est plus un boulet, mais un véritable atout stratégique et narratif.

A lire aussi  GitHub Copilot : le cheat code qui booste vraiment les développeurs ?

Un gameplay qui s’adapte (vraiment) à toi

L’impact le plus dingue de l’IA, c’est sur le gameplay lui-même. On se dirige vers des quêtes adaptatives qui évoluent selon tes relations avec les PNJ. Un personnage que tu as trahi pourrait te tendre un piège plus tard, tandis qu’un autre que tu as aidé pourrait te fournir une aide inattendue. Des jeux comme Detroit: Become Human ou The Witcher 3 nous ont déjà montré la puissance des choix à conséquences, mais l’IA promet d’aller encore plus loin.

On parle de PNJ avec une « vie intérieure », des objectifs et des émotions qui leur sont propres. Ils ne sont plus de simples figurants dans ton histoire, mais des acteurs à part entière d’un monde virtuel vivant. L’immersion narrative atteint alors un tout autre niveau, transformant le jeu vidéo en une expérience interactive où la frontière entre le joueur et le personnage s’estompe.

Dans les coulisses : comment on donne une âme à un pnj

Derrière cette technologie, il y a toujours des humains. Des scénaristes, comme Virginie Mosser chez Ubisoft, qui bossent d’arrache-pied pour créer des fiches de personnage ultra-détaillées. Ces fiches sont la « bible » du PNJ : son passé, ses manies, ses motivations… Tout y est. C’est ce matériau qui est ensuite « traduit » en instructions pour l’IA, pour s’assurer qu’elle improvise tout en restant fidèle au personnage.

Pour éviter que le tavernier se mette soudainement à te parler de physique quantique ou à insulter ta mère, les développeurs mettent en place de multiples « garde-fous ». Ces sécurités empêchent l’IA de dérailler et de briser l’immersion. C’est un équilibre subtil entre laisser assez de liberté à l’IA pour qu’elle soit crédible et la contraindre à respecter le cadre du jeu.

A lire aussi  Dompte l'IA : 20 prompts ChatGPT pour forger tes jeux vidéo plus vite

Les défis : tout n’est pas encore rose au pays des pnj

Bien sûr, ce futur radieux se heurte à quelques obstacles de taille. D’abord, la question éthique : jusqu’où peut aller l’attachement émotionnel avec un être virtuel ? Va-t-on finir par tomber amoureux de nos partenaires IA ? La question mérite d’être posée.

Ensuite, les défis techniques sont colossaux. Faire tourner une IA aussi complexe en temps réel demande une puissance de calcul monstrueuse, ce qui a un coût. Prépare-toi à ce que ta carte graphique supplie pour sa vie. Cet investissement majeur pourrait bien sûr se répercuter sur le prix des jeux.

On est à l’aube d’une nouvelle ère où chaque partie pourrait être radicalement différente, où les PNJ ne seront plus des coquilles vides mais des personnages profonds et mémorables. La vraie question, c’est : est-ce qu’on est prêts à gérer des PNJ qui auront une meilleure mémoire que nous après une soirée arrosée ?

Vous aimerez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *