La rédac’ propose : son top ciné à la manière de Chronic’art

 

À la manière toute particulière des chroniqueurs de Chronic’Art, les trolls s’essaient avec plus ou moins de bonne foi, de talent et de verve policée, à la comparaison de style. Le snob…. pardon, le bon goût des « critiques cinéma » remplacera-t-il les habituels coups de massue des Trolls ? Flavius arrivera-t-il à transmettre sa haine du film populeux (baaah sale, caca) ? Pétrocore transcendera-t-il son amour pour le film post-moderne à haute valeur artistique ajoutée ? Les trolls Lazylumps et Narfi sont-ils devenus des elfes ? Réponses ci-après.

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Note négative, puits sans fond de vulgarité, trou noir de sottise / 5

A l’heure où nos vénérables toiles de cinémas, brûlantes encore du souvenir des frères Lumières, sont milles fois souillées par la peste rampante du numérique béotien et gloubiboulguesque, voilà que James Cameron a décidé de nous écœurer avec une nouvelle pâté frelatée de pixels grossiers.

Avec son cinéma populacier à tendance boulevardière, le réalisateur fourbu d’hybris nous catapulte dans un système planétaire d’images de synthèse ruisselantes de bonheur Walt Disney, nimbées de la même magie qu’une allée du bois de Boulogne aux heures navrantes de la nuit. Tout y est laid, grotesque, et serti de joyaux pustuleux colorés rappelant les plus belles heures de la mode des années 90. Le bon goût est mort, vive James Cameron et ses tombereaux de marmelade de supermarché. A n’en pas douter les masses gluantes vont se précipiter voir cet étron mongoloïde, torché sur un coin de table par un débile léger voué aux gémonies par tous les géants du cinéma qui n’en auraient pas voulu pour portier.

Mais est-ce que cette chose raconte quelque chose ? Oui, et c’est sans doute là le plus consternant ! Cela déroule, à la manière du papier hygiénique, l’histoire de Pocahontas avec comme animal grotesque, Michelle Rodriguez et ses arcades sourcilières de Neandertal borné. Sans magie, sans enjeux, avec un final qui ne surprendra pas vos bambins baveux, l’énormité glisse, se répand en sottises faussement concernées et se paie le luxe d’avoir des personnages plus caricaturaux qu’une sélection de télé-réalité. Imaginez, il a fallu coller un fauteuil roulant sous les fesses d’un Marines américain pour lui donner de l’épaisseur. A ce compte là pourquoi pas un déambulateur à Godzilla ? Un pace-maker à Batman ? Une perruque à Donald Trump ? Et là dedans erre comme une âme en peine, osseuse et hallucinée, la silhouette de Sigourney Weaver. Égarée dans la colle, piquée à la méthamphétamine de contrebande, l’actrice chevrote son jeu sans jamais sortir du registre de la béatitude désœuvrée de l’exclu éreinté de rejet social.

Bref, si vous aimez vous faire besogner salement sur une banquette arrière d’une Audi A3, entre les miettes de pain et les chocobons du petit dernier vous adorerez l’expérience, sinon, s’il vous reste encore un peu d’éthique et de respect pour vous même, passez votre chemin et continuer votre otium de l’âme loin de la fange démocrato-égalitaire.

Par Flavius

 

Star Wars : Le Retour du Jedi

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Note : 2/5

Et revoilà George Lucas prêt à nous abrutir de ses idioties fantaisistes spatiales, et si les derniers épisodes en date de sa saga étaient des divertissements tout à fait acceptables (encore que), cette fois ci, le Californien est allé bien trop loin dans la débilité profonde qui caractérise ses histoires pour adolescents attardés, trop occupés à se masturber sur une Carrie Fisher dénuée de talent plutôt que de comprendre qu’on leur sert une vaste soupe au vomi !
Lucas ne signe ici que le scénario, mais refile la patate chaude de la réalisation à un illustre inconnu, Richard Marquand, qui a saccagé le boulot sans aucune vergogne, déféquant sur toute la cinématographie élémentaire que n’importe quel étudiant de cinéma même raté (comme moi) est censé maitriser ! Mais enfin, cela aurait pu être pire, Lucas souhaitait à la base mettre un certain Spielberg derrière la caméra pour un résultat des plus médiocrement plats et grand public, n’en doutons pas.

Alors voilà, après un Empire contre-attaque enthousiasmant, à quoi sommes nous malheureusement confrontés cette fois ci ? Une scène d’introduction où dégueulent les limaces géantes et grognent les hommes porcs, avant de glisser malencontreusement après un tiers du film sur l’étron qui nous fait dégringoler lamentablement sur Endor, planète forestière entièrement peuplée d’ours en peluches risibles comme des cheveux pains-aux-raisins sur la tête d’une caution féministe, bestioles poilues qui à elles seules vont renverser le terrible Empire armé de pisto-lasers, à l’aide de quelques lancers de galets bien placés et de bûches qui roulent. Mais si ce n’était que ça. ..
La réalisation de l’empire contre attaque était réjouissante, celle d’un Nouvel espoir, monolithique mais pas dénuée d’un certain classicisme ouvragée, tel une belle église romane dans un petit village de consanguin d’Ardèche. Ici, on a affaire au bas de la cuvette, à l’endroit même où viennent se noyer vos plus lourdes commissions.

Et nos personnages, où en sont-ils ? Tous sont dans le premier tiers du film occupés à aller libérer le libertarien post 68ard Ian Solo, dont ils ont besoin pour lancer l’assaut sur l’Empire du mal : Luke Skywalker est maintenant un chevalier Jedi, devenant par là même garant d’un certain républicanisme post Teddy Roosevelt, puisqu’il s’inscrit dans une longue tradition de moines guerriers conservateurs et isolationnistes.
Sa soeur, Leia Organa, avec qui il entretient des relations incestueuses, (on l’a bien vu dans le dernier film, entre ce baiser assumé et cette pénétration forcée des pensées de Leïa pour l’appeler à l’aide, manière d’évoquer l’Oedipe primaire que Luke n’a jamais réellement pu exorciser, puisqu’il n’a jamais connu sa mère) et Lando Calrissian, sont eux aussi présents, seulement dans un objectif flagrant de quotas et de fausse modernité multiculturelle féministe.
Et les autres, les non-humains : Chewbacca et ses grognements d’ours-marsouin sodomite insupportables, et les deux droïdes, britannique, idiot, et summum du cliché pour l’un, pie grièche piaillant des sifflements stridents et agaçants pour l’autre. Sans oublier Kermit la grenouille vivant dans son marécage nauséabond, qui fait ici une apparition éclair avant de disparaitre dans les airs, tous ça via la Force, cette puissance mystico-divine inspirée des pires abrutisseries orientalisantes que nous ont rapportés des hippies New Age défoncés au crack.

Le salut viendrait-il de l’axe du mal ? De ces méchants, moitié Sith, moitié nazis, génocidant sans sourciller tel des bad guys d’une série Z au rabais, où Chuck Norris n’irait pas jouer pour tous les votes républicains du monde ?
Si Dark Vador ne déçoit pas, encore que son traitement final brise le mythe d’un méchant monumental entièrement dédié à sa cause de faire le mal pour le mal qu’il en tire, l’empereur lui, Nazi n’arrivant pas à faire le salut du même nom faute de force dans les bras (mais il essaye le bougre), n’est qu’un ridicule masque de cire dégoulinante et fadasse, un look générique pour un méchant au rabais qui ne fait peur à personne, parlant à grand coup de punch line et de one liner putassiers ridicules à en faire péter votre petit cousin, qui sera sans doute le seul à apprécier cet objet de cinéma à sa juste valeur : un puissant laxatif.

Par Narfi

 

Charlie et la Chocolaterie (de Tim Burton)

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Note : 1/5

Transposer à l’écran un roman pour enfants n’est pas chose aisée. C’est en tout cas ce qu’on pourrait croire à la sortie du visionnage de ce « film ». Il n’y avait cependant qu’à lire le nom du réalisateur pour savoir à l’avance que le travail tiendrait plus de la charcuterie que de la chocolaterie. Oui, nous parlons bien là de Tim Burton, dont le style épouvante de train-fantôme est la marque de fabrique. Délaissant ses délires « gothique plastique », qui sont plus proches du Ed Wood que du Horace Walpole, il aborde à présent le monde coloré dépeint par Roald Dahl, comme si fouler du pied un seul style ne lui suffisait pas.

Parce que le manque d’imagination ne se ressent pas que dans la réalisation mais aussi dans le casting, nous retrouvons donc invariablement à l’affiche Johnny Depp en Willy Wonka, et Helena Bonham Carter campant la mère du petit Charlie. Si les pitreries grotesques de Depp vous avaient insupporté dans Pirate des Caraïbes, ce que vous verrez à l’écran dans Charlie et la Chocolaterie vous vomira à la figure la définition même de « direction d’acteur ». Willy Wonka tient dans le livre du mystère, car ses motivations sont opaques comme le brouillard du plan d’intro de <insérez ici un film de péteux en noir et blanc>. Ici, nous avons juste droit au croisement contre-nature d’un clown et d’un cabot, dont les dialogues alternent entre humour noir au ras des pâquerettes et inepties faussement profondes. Pour la défense de Burton, on ne peut pas tout faire : se concentrer sur la combinaison costume/maquillage d’un personnage et sur sa personnalité. Le choix qu’il a fait est ici évident, même si au final son apparence est d’un mauvais goût flagrant. Willy Wonka est en fait symptomatique des œuvres de ce réalisateur : tout est dans les apparences mais il n’y a rien dans le fond.

Il faut pourtant croire que l’écriture de Wonka a épuisé toute l’énergie de l’auteur, tant le reste des coquilles vides que l’on pourrait par charité appeler « personnages » n’a manifestement bénéficié d’aucun travail. On a l’impression de voir déambuler dans ces décors d’une laideur frappante (mais nous y reviendrons) un groupe de préjugés incarnés en humains, dont toutes les interventions et réactions sont désespérément prévisibles. Les enfants qui accompagnent Charlie sont des caricatures grossières, et même si c’était l’intention première de Tim Burton (osons lui accorder une once de talent), ce « fait exprès » manque tellement de finesse que le message véhiculé devient creux. Mais au vu de l’intelligence du dit message, que l’on dirait écrit par un groupe de travail de collégiens en ECJS dans le cadre du sujet « comment faire pour que la société aille mieux », mieux valait encore qu’il ne porte pas.
Ceci étant, Charlie a été lui aussi malmené, sorte d’ersatz de pauvre enfant directement issu des romans de Dickens, surement pour permettre à la masse prolétarienne de s’identifier à lui (car qui d’autre que cette masse se déplacerait pour aller voir ça ?). Seulement voilà, quiconque a un minimum de goût ne peut que reléguer au même rang que les autres enfants cet agaçant héros au misérabilisme exacerbé, et donc n’avoir rien à faire de ce qui peut lui arriver de près ou de loin.

Passons maintenant à la forme, qui ne vaut pas bien mieux que le fond. C’est surement le manque de lumière qui empêche de voir, dans les œuvres les plus sombres de Burton, la passion du monsieur pour le superficiel. On peut accorder que les banlieues volontairement laides, fausses et colorées d’Edward Aux Mains d’Argent aient été pensées comme telles, nous ne lui en tiendrons donc pas rigueur. Mais ici, le too-much est trop baveux, appuyé comme il se doit par des images de synthèse façonnées par les stagiaires recalés de chez Pixar. Tout comme les horreurs décrites par le maître Lovecraft, il est impossible d’apposer des mots sur les formes et les couleurs qui viennent agresser vos yeux en continu, aussi ne saurais-je que vous conseiller de regarder une bande-annonce (je ne peux décemment pas vous conseiller le visionnage de cette purge des sens) pour vous en faire une idée.
Dans la même catégorie, c’est à dire « faute de goût artistique », on retiendra les chansons poussées par les (grotesques) oompas-loompas. Si la musique est à l’image du film, c’est à dire anecdotique, que dire de ces paroles d’une naïveté désarmante ? Est-il possible qu’elles aient été écrites par un adulte en pleine possession de ses moyens ? Cette vision enfantine du monde qui nous entoure et, pire, de l’éducation idéale des enfants est à la fois présomptueuse et totalement trépanée, symptomatique de la pensée bobo gauchiste qui inonde Hollywood et ses assimilés. Mieux vaut rire de cette psychologie de comptoir, certainement apprise dans l’édito de l’ouvrage « Françoise Dolto pour les nuls », que ces exaspérantes personnes de petite taille daignent nous délivrer régulièrement pour propager la bonne parole du « maître ».

En conclusion, nous pourrons dire que Charlie est la Chocolaterie est à Roald Dahl ce que Sex Intentions est à Choderlos de Laclos : un enfant bâtard marqué par la syphillis et mort en couche, mais à qui un génie du mal (et encore, parler de « génie » pour désigner Burton…) aurait tout de même voulu insuffler la vie. Vivement la version de Wes Anderson !

Par Petrocore

 

Kaamelot

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1/5, pour l’effort

Alors que bon nombre d’aficionados de la soirée télé pantouflarde et abrutissante se confondent dans le souvenir édulcoré et guimauve, nous avons jeté un œil neuf et sincère sur l’œuvre du trublion Alexandre Astier : Kaamelot. Alors quid de la pastille M6 qui fit grand bruit il y a de ça quelques années ?

Dans Kaamelot, on retrouve les chevaliers de la table ronde, aussi perdus que les scénaristes qui contaminent de leur bêtise crasse et vulgaire l’épopée arthurienne. le roi Arthur y est personnifié en shaman blasé qui gère une tripoté d’abrutis dans une quête perdue de vue. Au fil des épisodes qui se confondent en longueurs et en humour gras, on suit donc cette troupe de loosers qui enquillent les situations soi-disant burlesques. On s’ennuie autant qu’Astier s’agace. On pouffe une fois, voir deux, pas plus. D’autant qu’Astier, en prime de nous pondre une bouse visuelle de télécrochets populeux où le « talent proclamé » du bonhomme s’estompe dans des plans fixes sans prises de risque et sans vision, oui, ce même Astier, nous prend aussi pour des imbéciles. Oui, on a compris que les chevaliers étaient teuteu, quoi d’autre ? Et ensuite ? Bref, Astier et sa troupe (notamment des bonnes gens de sa propre famille (on a l’art de placer les copains chez les Astier!)) ne peuvent s’empêcher de cabotiner et de surjouer des personnages irritants dés les premiers instants.

Alors que tout le monde crie au génie, il nous faut raison garder et se rendre à l’évidence : Kaamelot est un produit de la télévision sur-vendu où les coups de génie ressemblent plus à des coups de pelle dans l’eau qu’à des crochets à la mâchoire.

Mais il y avait de l’idée.


 Par Lazylumps

Flavius

Le troll Flavius est une espèce étrange et mystérieuse, vivant entre le calembour de comptoir et la littérature classique. C'est un esthète qui mange ses crottes de nez, c'est une âme sensible qui aime péter sous les draps. D'aucuns le disent bipolaire, lui il préfère roter bruyamment en se délectant d'un grand cru et se gratter les parties charnues de l'anatomie en réfléchissant au message métaphysique d'un tableau de Caravage.