La rentrée de Tobye : 3-gatsu no Lion, Déracinée, The Protector.

Pour cette rentrée 2019, c’est à mon tour de vous présenter une petite sélection d’œuvres qui ont marqué ma fin d’année 2018. Pas mal de fantastique et d’action au rendez-vous et bien entendu, un anime japonais car vous me connaissez, c’est mon péché mignon.
À travers mon premier article de l’année, je vous invite à plonger dans l’Istanbul secrète avec The Protector, dans le conflit magique de Déracinée et dans l’univers doux-amer du shōgi avec March comes in like a lion. Sans spoiler, promis.
 

[Anime] 3-gatsu no Lion : tranche de vie et jeu d’échec à la nippone

C’est avec une tasse de thé fumante à la main lors d’une soirée hivernale que j’ai découvert l’anime 3-gatsu no Lion réalisé par le studio Shaft. Il s’agit d’une adaptation du manga March comes in like a lion de Chika Umino, disponible en version française aux éditions Kana. Et cet anime est un petit bijou.
On suit l’histoire du jeune Rei Kiriyama, un ado de 17 ans, joueur professionnel de shōgi (un jeu que l’on peut comparer au jeu d’échec, pour faire simple) et un peu marginal sur les bords, qui s’ouvre peu à peu au monde grâce à sa rencontre avec 3 sœurs : Akari, Hinata et Momo. L’anime s’étend sur deux saisons de 22 épisodes et j’ai vraiment apprécié son rythme bien équilibré qui nous laisse le temps de découvrir les différents protagonistes que croise Rei.
 
Le chara-design est assez simple et le traitement des couleurs donne une ambiance assez douce. Mais j’ai senti une réelle attention portée sur le paysage et les détails qui entourent les personnages. Croyez-moi, les scènes avec de la nourriture sont dignes d’un foodporn et vous donneront envie de cuisiner des plats nippons.
 
Son scénario est bien ficelé, on plonge dans l’univers du shōgi avec la joie d’un petit enfant qui apprend à faire du vélo sans les petites roues (je vous jure).
Mais il traite aussi de sujets plus profonds avec une grande sensibilité : la mort, la famille, la solitude, l’amitié, la maladie, les relations malsaines ou le harcèlement. J’ai aimé regarder au fil des épisodes l’évolution de Rei et de ses proches avec qui, peu à peu, il crée des liens solides.
 
3-gatsu no Lion, c’est le genre d’anime qui donne le sourire, prête à réfléchir et qui a touché mon cœur de Troll. Il y a donc de fortes chances que je consacre un article à sa version papier prochainement !
 

[Livre] Déracinée : un soupçon de magie

Je suis tombée (presque littéralement) sur le roman Déracinée de Naomi Novik, au hasard du rayon SF/Fantasy d’une grande librairie bordelaise. Je n’avais pour seule attente de lui qu’il soit mon compagnon des vacances de fin d’année, entre deux chocolats chauds à la cannelle.
 
J’avoue qu’il a été une belle surprise. L’histoire se déroule dans un monde médiéval fantastique autour de la jeune Agnieszka qui se retrouve malgré elle, disciple du Dragon. Entre intrigues politiques et magiques, l’auteure a réussi à créer un univers fascinant dont les règles et les mœurs sont assez vite assimilées par le lecteur. Un aspect qui est souvent peu aisé dans la littérature fantasy…
 
C’est une œuvre qui nous transporte dès les premières pages, sans prétention, mais avec justesse et qui m’a donné envie de découvrir le conte et le folklore polonais dont l’auteure s’est inspirée. En effet le roman fait largement référence à la culture slave, on le remarque dès les noms des personnages et des lieux : Dvernik, le village d’origine d’Agnieszka ou les royaumes de Polnya et de Rosya.
Les protagonistes sont attachants même si on évite de justesse certains clichés pour Agnieszka et son rapport avec le Dragon. Finalement, c’est le traitement du personnage de Kasia, la meilleure amie de l’héroïne qui m’aura le plus marquée et étonnée au long des pages. L’intrigue nous réserve plusieurs rebondissements et retournements de situation qui m’ont tenue en haleine jusqu’à la dernière ligne.
 
D’ailleurs Déracinée se termine sans me laisser sur ma faim, ce qui relève de l’exploit. Mais toujours avec l’esprit qui vagabonde dans des contrées imaginaires qui sont peuplées d’êtres fabuleux aux pouvoirs mystérieux…
 
 

[Série] The Protector / Le Protecteur d’Istanbul : le super-héros turc

The Protector est la première série Netflix turque et elle m’a immédiatement tapé dans l’œil. Elle s’inspire du roman de l’auteure Nilüfer İpek Gökdel, Karakalem : ve Bir Delikanlının Tuhaf Hikayesi qui a été publié en 2016. (En turc, pour ceux que ça intéresse.)
 
La série commence comme beaucoup d’histoires de super-héros. Hakan, interprété par Çağatay Ulusoy, est un jeune homme qui découvre par le biais d’une organisation secrète qu’il est destiné à être le protecteur d’Istanbul contre un ennemi immortel. La base.
 
Je me suis laissé porter par l’intrigue qui allie action et fantastique sans tomber dans la caricature. Le jeu des acteurs est très bon, avec un petit coup de cœur pour le personnage de l’immortel que je trouve tellement bien écrit et interprété ! On est face à des personnages féminins forts, en particulier celui de Zeynep (Hazar Ergüçlü) qui prend en charge l’entraînement du Protecteur sans lui faire de cadeau. Hakan se révèle comme un héros humain qui fait des erreurs, un peu tête à claque, mais on l’aime bien quand même !
 
Les différentes péripéties dans lesquelles sont plongés les protagonistes nous fait découvrir avec plaisir l’Istanbul moderne et la culture turque, ce qui change des grosses séries US. Même si la série reprend pas mal de codes que l’on retrouve chez les super-héros des studios américains Marvel ou DC Entertainment.
 
Pour faire simple, je trouve que la première saison de The Protector est une réussite et je guette la prochaine saison avec pas mal d’attentes !
 
 

Tobye

C'est dans les vallées vigneronnes de l'Entre-deux-Mers que se trouve l'antre de Tobye, jeune trolle du Cri. Entourée de mangas et autres vieux bouquins, elle aime se perdre dans les méandres de l'internet à la recherche de pépites à se mettre sous la dent. Un godet de pinard à la main, évidement.