L’atlas des îles abandonnées, ou comment prendre le large…

Les éditions Arthaud nous proposent un bel ouvrage, réalisé par Judith Schalansky. C’est un atlas qui, comme son nom l’indique, recense tout un panel d’îles abandonnées, inconnues du grand public. 50 îles qui sont isolées de tout, qu’on ne trouve dans aucun guide de voyage et qui sont quasi inaccessibles à l’Homme. Ça en jette, hein ? On a donc décidé qu’il fallait bien non pas une, mais deux Trollesses pour vous en parler : Mo & Lili.

Pour ceux qui ne le connaîtrait pas, Arthaud est un éditeur spécialisé dans les récits, témoignages et livres illustrés dédiés aux espaces naturels (mer, montagne, désert etc.).

Mais qui est Judith Schalansky ?

Il s’agit d’une graphiste et illustratrice allemande – déjà connue pour son Inconstance de l’espèce paru chez Actes Sud en mars 2013. Ce qui nous a particulièrement impressionnées dans son atlas, c’est avant tout la variété de ses compétences et la qualité de son travail. En effet, elle est à la fois auteur du texte, illustratrice et maquettiste et a (tout naturellement) reçu le prix du plus beau livre allemand pour cet ouvrage (en l’an de grâce 2009).

Non, Judith n’est pas l’autruche de la photo.

Mais de quoi ça parle ?

On trouve en fausse page (c’est-à-dire la page de gauche, pour le commun des mortels) tout un tas d’informations sérieuses qui renseignent sur la géographie du lieu. Le nom de l’île est précédé par celui de l’océan/mer dans lequel elle baigne (barbote, gigote, toussa). Viennent ensuite les traditionnelles données de latitude, longitude et surface ainsi que la distance de l’île par rapport aux autres continents à proximité. Enfin, on termine par le nombre d’habitants, s’il y en a. On trouve également quelques dates (de découverte, d’annexion etc.) présentées sous forme de chronologie. Dis comme ça, toutes ces données doivent vous sembler bien ennuyeuses mais la mise en page est telle qu’on y prendrait presque plaisir !

Mais ce n’est pas tout, L’Atlas des îles abandonnées c’est surtout un ensemble de récits romancés, mythes et légendes de ces différents lieux, histoires de leur découverte, de leur exploration, modes de vie de leurs habitants etc. etc. Floreana, Solitude ou Banaba, tels sont les noms exotiques et poétiques des îles qui nous invitent au voyage (luxe, calme et volupté).

Et le côté graphique alors ?

En belle page (la page de droite donc, pour les plus lents d’esprit) les illustrations présentent des îles aux aspects variés. Elles sont de tailles imposantes et remplissent pratiquement la totalité de la page, tandis que d’autres semblent plus anecdotiques, perdues dans l’océan. On trouve des îles biscornues, segmentées, parfois constellées de cratères ajoutant un aspect lunaire… Certaines sont même si fines, qu’elles évoquent de minces lambeaux de terre sur lesquels on peine à imaginer qu’il soit possible de se promener.

Judith Schalansky nous donne à voir un travail de cartographie minutieux et ordonné. Ses îles en relief sont constituées d’une multitude de points plus ou moins denses ou espacés, délimitées par de fines ombres. L’ensemble est réalisé en noir et blanc, sur un doux fond bleu représentant l’océan ou la mer qui les étreint.

Ce bleu clair et ce jaune vif sont les deux couleurs dominantes de l’ouvrage. Le jaune est d’ailleurs présent dans tous les invariants graphiques : les mini planisphères qui nous permettent de localiser chacune des îles, les numérotations ou encore les chronologies.

L’Atlas des îles abandonnées est un très beau livre d’artiste, au design raffiné et élégant, et aux illustrations d’une extrême finesse. L’ensemble de la colorimétrie (constitué de bleu pâle et de jaune flamboyant) contribue à l’unité de l’ouvrage : les couleurs intérieures sont rappelées en couverture et sur la tranche des pages, colorées de jaune.

C’est donc un livre qu’on ne lit pas forcément d’une seule traite et qui n’appelle pas à une lecture linéaire puisqu’il raconte tout un tas de petites histoires et anecdotes qu’on peut lire au gré de nos envies. On le feuillette souvent certes, de manière ponctuelle et désordonnée, mais c’est toujours avec plaisir et émerveillement ! 

Un beau livre pour combler la curiosité des plus rêveurs d’entre nous !

Pour aller plus loin :

 

 

LazyLumps

Déjà petit, le troll Lazylumps collectionnait les cailloux. Après en avoir balancé un certain nombre dans la tronche de tout le monde, il est devenu le "Rédak' Chef" de la horde, un manitou au pouvoir tyrannique mais au charisme proche d'un mollusque. Souvent les nuits de délire on l'entend hurler "ARTICLE ! ARTICLE ! IL FAUT UN ARTICLE POUR DEMAIN".

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