L’interview Vidéaste : Dead Will, l’esprit Zomboobs

La critique Cinéma est un peu à Youtube ce que le beurre est au sacrosaint jambon-beurre : une grosse composante inébranlable du truc.
Que ce soit entre Fossoyeur de Films, le Meeea, ou encore Licarion, le cinéma a de beaux jours devant lui sur la plate-forme. Et aujourd’hui, on avait envie de vous présenter un petit nouveau du Youtube Game, Dead Will, un zombie qui nous parle films de genre. Et de boobs, aussi.

S’intéressant à des films qui passent bien souvent sous les radars de bons nombres de personnes, Dead Will compte bien montrer à tout le monde que le film de zombie/monstre a déjà ses lettres de noblesses !
Entre grosses vidéos posant une mise en abîme entre le scénario du film et le déroulement de la critique, et critiques plus brèves et d’actualité, Dead Will tente de creuser son petit trou sur Youtube. Et vu la qualité d’analyse du bonhomme, on se disait qu’il aurait été criminel de passer à côté et de vous priver, pourquoi pas, d’une découverte qui pourrait lourdement vous taper dans l’œil.
Mais finissons en avec les billevesées, et passons à l’interview du macchabée.

Salut à toi Dead Will ! Ça va bien aujourd’hui ?

Salut Narfi ! Salut à l’équipe ! Salut tous les Trolls et bien sûr salut les Survivants !!!!
Ben écoute ça va pas mal, je dirais même que ça va très bien puisque je suis avec vous ! Par contre je préviens de suite, je suis assez bavard pour un Zombie !

Comment tu en es venu à parler de Cinéma sur Youtube ?

Après ma Zombification due à tous les programmes bien merdiques qu’on peut trouver à la télé, je me suis dit que j’allais essayer de lutter au max pour retarder ma putréfaction en bouffant de la Culture ! Et comme j’ai toujours été passionné de Cinéma, cela m’est apparu comme une évidence que c’était de ça dont je voulais parler !

D’ailleurs après avoir travaillé des années au CNRS, j’avais aussi dans l’idée de parler sciences au travers du prisme bien barré de Dead Will, mais même si je garde cette idée dans un p’tit coin de ma tête encore fonctionnelle, pour le moment je vais me concentrer vraiment sur le Cinéma car j’ai encore beaucoup de choses qui me passionnent à vous dire sur le sujet.

Beaucoup d’amateurs de Cinéma francophones et talentueux sur les internets (Kamel Debbiche, le Fossoyeur, le Meeea, les gens de Nanarland, Papa…). Certains qui t’ont motivé à te lancer ?

Alors clairement, je suis Nanarland depuis bien bien longtemps maintenant ! Ouep ma carcasse n’est plus toute jeune… Je suis vraiment fan de toutes les personnes dont tu parles et je pense vraiment que Kamel Debbiche est la personne qui m’a le plus motivé avec le cultissime Crossed et le désormais géniallissime Chroma. Évidemment le Fossoyeur et son éloquence également, d’autant qu’il parle de films de genres.

Après le pourquoi j’ai décidé de me lancer malgré la présence de tout ces gens talentueux est très simple. J’aime évidemment leurs formats, mais malheureusement il n’y a pas forcément grand monde qui parle des films dont j’ai envie qu’on me parle ! Des films passant par Enter The Void, Tetsuo, Fight Club, etc… ou encore BeetleJuice dont j’ai fait un Dead Will Fait Son Cinéma récemment. Car oui je ne parle pas uniquement de films de Zombie ou de films d’exploitations.

Avec cette chronique, j’ai tout simplement envie de vous parler de tous mes films Cultes, qu’ils soient très ou peu connus mais bien sûr toujours en se marrant. Ensuite, je trouvais aussi qu’il y avait « une place à prendre » sur la forme car, à ma connaissance, il n’y a aucun Zombie sur Youtube et personne ne fait ce genre de mise en abîme du film qu’il critique (j’ai quand même reçu BeetleJuice en personne !!!). Et ce format de mise en abîme est quelque chose de primordiale pour moi. J’ai vraiment envie de proposer quelque chose d’agréable à regarder et, avant tout, de divertissant.
Ce que j’aime en général, c’est ne pas se prendre au sérieux mais pouvoir en même temps parler de choses très sérieuses avec du fond. D’ailleurs, je pense que le message passe souvent mieux comme ceci. Donc clairement, mon but est que les gens passent un bon moment devant mes chroniques et qu’à la fin ils aient envie de découvrir le film. Il y a beaucoup de jeunes sur Youtube aujourd’hui et beaucoup d’entre eux ne connaissent pas un certain type de Cinéma. Alors quand certain d’entre eux me disent « tu m’as trop donné envie de découvrir BeetleJuice » et que derrière ils me disent « j’ai trop kiffééééé lol mdr ptdr XD » et bien pour moi j’ai tout gagné !

Ainsi ce que je veux, c’est pouvoir à la fois parler aux Cinéphiles et aux non Cinéphiles.
Aux Cinéphiles en leur apprenant des anecdotes, techniques, etc… sur le film dont je parle, et aux non Cinéphiles en leur faisant passer un bon moment ! Et puis qui sait, ils auront peut être envie de découvrir de nouveaux films et pas forcément des blockbuster de super héros ! Ah c’est le moment de pousser la gueulante !

Mais qu’est ce que je parle pour un Zombie c’est dingue !

Pourquoi un personnage de zombie ?

Comme je te le disais, j’ai été zombifié à cause de toutes les merdes sans fond auxquelles nous sommes soumis au quotidien ! Bon bien sûr y a pas que ça hein, y a plein de bonnes choses également ! Mais bref du coup malheureusement je n’ai pas choisi, ça m’est tombé dessus et maintenant je dois faire avec… Remarque vous aussi vous devez faire avec moi les Survivants !
Mais bon vous inquiétez pas, comme dirait Stupeflip, je suis gentil et faut être gentil dans la vie les Survivants :)

Et pourquoi cette passion pour les films d’exploitation ? Zombixploitation ou Boobsploitation d’ailleurs !

Difficile pour moi de répondre à cette question… Je pense que malgré la dérive de ce genre de film aujourd’hui, il fut une époque où c’était un formidable espace de liberté pour les réalisateurs qui ont pu tester énormément de choses sans concessions. Et personnellement j’aime le Cinéma sans concessions. J’aime prendre une claque devant un film, quitte à le détester mais qu’au moins il me procure quelque chose. Pour moi c’est la base de toute œuvre artistique.
Il n’y a rien de pire qu’un film où j’me suis dis « moué ça passe ».

Parlons bien, parlons Boobs. C’est quelque chose d’important pour toi ?

Ah j’aime quand tu me prends par les sentiments !!! Oui je l’avoue, les boobs sont vraiment quelque chose d’important pour moi. L’explication est toute simple, dans les films de Zombies, on nous montre toujours avide de cerveau pour rassasier notre faim, mais j’peux vous dire qu’un cerveau en réalité c’est dégueulasse ! Alors que croquer une belle paire de boobs c’est quand même autre chose !
Donc effectivement je suis un passionné de boobs, un fétichiste à la Russ Meyer. Je trouve que c’est une des choses les plus magnifiques sur cette bonne vieille Terre et du coup plutôt que de le sacraliser ou en faire un objet pornographique ou putaclic, j’me dis autant en rire !

Alors bien sûr c’est devenu une sorte de marque de fabrique car à chaque épisode on s’attend à une paire de boobs à un moment ! Mais bien sûr jamais de façon vulgaire même si mon humour est potache. Je distilles des boobs avec parcimonie ça et là. Par contre, j’ai également lancé « Du Cinéma et des boobs » afin d’aborder le Cinéma via un certain angle d’attaque me permettant de parler de tous types de films allant du nanard au chef d’œuvre. Comme par exemple le premier épisode sur le cultissime « Faster Pussycat Kill ! Kill ! » de l’immense Russ Meyer (dont j’aurais rêvé avoir la carrière !). Ici on a l’exemple même que parler boobs au Cinéma nous permet de nous intéresser au Cinéma d’après guerre, avec la censure et le code Hayes et de voir à quel point Tarantino / Rodriguez & co ont été plus qu’influencés par le Cinéma de Russ Meyer qui est à l’origine même du Girl Power et qui est un très très grand réal.

Meyer a eu cette idée géniale de mettre des femmes à très fortes poitrines dans ses films pour attirer un certains public et d’être à l’opposé de la misogynie en ne montrant que des femmes ultra fortes ! Ce qui était inexistant aux États-Unis avec le puritanisme d’après guerre. Au final, je m’aperçois que je lui pique tout simplement cette recette ! Car celui qui regardera mon épisode sur ce film cliquera peut être à cause des boobs et, pour sûr, il en verra quelques uns, mais au final il repartira surtout avec de la Culture sur le Cinéma. On pourrait dire qu’en fait c’est de l’antiputaclic :D

Tu n’as pas eu peur de t’attirer les foudres de quelques Social Justice Warrior sans humour avec autant d’bewbs ?

A vrai dire j’m’en moque un peu… Mais comme je viens de l’expliquer, si un Social Justice Warrior s’attaque à moi après avoir regardé mon épisode « Du Cinéma et des Boobs – Faster pussycat Kill ! Kill ! » c’est qu’il n’aura rien compris ! Car je fais justement l’inverse.

Et pour les autres chroniques ce n’est qu’un simple running gag. Et une fois de plus je ne vois pas en quoi les boobs ce serait mal ! Si c’est fait avec humour et bienveillance. D’ailleurs j’ai été dégoutté quand Youtube a censuré ma chronique sur « Du Cinéma et des boobs » aux moins de 18 ans, car il n’y a rien de pornographique… On rentre dans de l’éducation et du divertissement… Pour le moment je n’ai pas fait de réclamation mais on verra plus tard. Quand j’vois toutes les vidéos remplis de haines et de violences qu’on trouve sur Youtube sans aucunes interdictions, je ne vois pas en quoi un téton est choquant ! Un téton c’est l’une des premières choses que tu te mets dans la bouche en venant au monde ! Un téton c’est la vie et c’est un Zombie qui vous le dit :D

Le fait que le Cinéma de Genre dont tu traites dans tes vidéos était encore plutôt Terra Incognita sur les internets il y a peu, ça t’as donné envie d’occuper l’espace ? Ou tu voulais parler de ça quoi qu’il en soit ?

Alors clairement moi je n’ai jamais eu de stratégie marketing ou autre dans quoi que ce soit. J’avais même pas remarqué ça ! Quoiqu’il arrive j’avais et j’ai envie de parler du Cinéma que je regarde et que j’aime.
J’ai avant tout cette envie de partager avec les gens et de leur faire découvrir des choses avec passion ! Et je pense que la passion ça se transmet que sur les choses qu’on aime donc je veux parler de ça quoiqu’il en soit ! Mais attention mes goûts sont très ouverts !

Comment se passe la conception d’un épisode ? Dis nous tout.

Tout ! Désolé…

Bon alors pour un épisode classique avec le format « Dead Will fait Son Cinéma ».
Déjà faut que j’arrive à me décider sur le film dont je vais parler ce qui peut être dur dur ! Ensuite je fais pas mal de recherche autour du film, je le matte 1 ou 2 fois puis j’écris vraiment la critique pure et dure. Une fois que ça c’est fait, je me mets à l’écriture plus scénaristique. C’est à dire que j’essaie de trouver un scénario avec un élément déclencheur au départ qui sera résolu à la fin mais en mettant le film en abîme, en reprenant son univers. Enfin bref j’essaie de trouver un fil conducteur à tout ça que j’intègre dans ma critique pour faire un tout et raconter une histoire. Tout ceci me prend environ 1 semaine ou un peu plus.
Puis j’me mets à réfléchir aux différents plans ou comment j’vais pouvoir réaliser techniquement les idées que j’ai en tête, comme par exemple ma tête qui rétrécie dans l’épisode sur BeetleJuice. Et quand tout ça c’est prêt, c’est parti pour le tournage qui dure une journée en général. Ensuite c’est parti pour la partie la plus chiante !
Le derushage, pour jeter toutes mes scènes de merde et faire le tri car j’en fais de la merde hein !
Puis vient l’aspect que je préfère, le montage. C’est là où tu donnes vraiment vie à tes personnages et à ta vidéo. D’ailleurs c’est toujours marrant de voir que certaines choses s’articulent différemment entre l’écriture et le montage. Le montage m’offre souvent pas mal d’idées différentes. Pour lui, il faut bien compter 1 à 2 semaines parfois car il faut faire tout l’habillage vidéo, photos, surtout que je m’intègre quasiment sur chaque photo de films, de réalisateurs, etc… Ce qui rajoute pas mal de taff. Puis un p’tit coup d’étalonnage et c’est parti. Donc en gros un épisode oscille entre 15 jours à un mois. La La Land m’a pris 15 jours pour essayer de coller à l’actu et BeetleJuice qui est un film Culte lui m’a pris 1 mois.

Du coup j’me suis aperçu que c’est difficile de coller à l’actu avec un format qui prend tant de temps. Pourtant j’aime cette contrainte qui me pousse à trouver un scénar quelque soit le film. Mais bref « Dead Will fait son Cinéma » va peut être s’orienter plus sur mes films cultes et des thématiques particulières. Là, je viens de sortir un nouveau format « DeadBrief » pour parler des films d’actu (dernièrement sur Trainspotting 2) sans faire toute cette mise en abîme et pouvoir voir les Survivants plus souvent. Du coup là on est plus sur 1/2 journée d’écriture car c’est vraiment ma critique du film, 2/3 heures de tournage et 1/2 à 1 journée de montage. Donc en gros disons 2-3 jours pour ce format. A voir si il continuera dans le temps !

Beaucoup d’effets de montage et de réal très cools dans tes vidéos. Du coup, tu as une formation ou tu es un autodidacte vachement doué ?

Alors déjà vraiment un énorme merci du fond de mon cœur sans vie !!! Aucune formation, je suis un pur autodidacte ! J’dirais pas vachement doué hein ! Mais plutôt bosseur qui passe beaucoup de temps dessus. Aujourd’hui je commence à avoir un peu d’expérience derrière moi car j’ai réalisé quelques courts métrages au cours des dernières années, des clips, reportages, etc… J’ai créé une association pour promouvoir la Culture, essentiellement Cinéma et Musique (car je suis aussi zicos) dans ma région et donc j’ai fais pas mal de reportage, dont les rencontres Nota Bene à Montbazon l’an passé !

J’ai également essayé de faire produire une web série que j’ai écrite et qui pour le coup m’avait bien formé à l’écriture scénaristique. D’ailleurs malheureusement, malgré l’attrait des prod’ pour cette série, le fait que je n’avais ni formation ni rien de déjà produit a, à chaque fois, tout arrêté… Mais il faut bien commencer quelque part ! Du coup je m’égare et je m’aperçois que pour en revenir à l’origine de Dead Will, c’est aussi une raison à la création de cette chronique. Après avoir passé 2 ans sur mon projet de web série, dont une année avec un prod’ sans que rien n’aboutisse, j’en ai vraiment eu marre de voir que tout n’est toujours que réseau et que rien n’aboutit si tu ne connais pas les bonnes personnes…

Du coup j’ai décidé de faire Dead Will qui repose uniquement sur moi, du coup y a aucun filtre, j’ai une idée, je la fais et c’est du concret directement. Et si j’sors un épisode en retard ou qu’il est merdique, je ne peux m’en prendre qu’à moi, mais au moins les choses existent.

Tu fais tout tout seul, ou tu as des potes qui viennent te prêter main forte de temps en temps ?

Alors clairement je fais quasiment tout tout seul. C’est à dire que j’écris tout seul, je monte tout seul et je réalise tout seul. Par contre une gentille Zombie girl est toujours là avec moi au moment du tournage pour s’occuper du cadre et me donner son avis sur les prises, le « jeu d’acteur », les idées de blagues, etc…
D’ailleurs c’est pour moi l’occase de la remercier froidement pour tout le temps qu’elle me consacre !

Un épisode sur la trollxploitation dans les cartons ?

A l’heure actuelle rien dans les cartons là dessus mais je suis certain que ça va venir ! En attendant je vous conseille le super épisode de Chroma (Kamel Debbiche) sur Troll 2 !

Un dernier mot pour la fin ?

Que vous me manquez déjà mais qu’on se retrouve vite sur la toile mes Survivants ! Et surtout n’oubliez pas que pour survivre, faut bouffer de la Culture !

Love !

 

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Narfi

Narfi a été accueilli au sein du Cri malgré sa nature de troll des forêts du Périgord, une sous espèce cohabitant rarement avec ses cousins des plaines Limougeaudes (Petrocore constituant la seule exception connue des Trollologues) Crasseux et vulgaire, poète dans l'âme, il aime à rester au fond de la tanière pour lire des bédés et jouer sur son PC, insultant de sa bouche pleine de poulet frit tous ceux croisant son chemin dans les dédales des internets.