Old Man Logan, Wolverine apocalypse

Notre rédac chef, ce cher Lazylumps, avait parlé : le thème de la nouvelle semaine sur le Cri serait le post-apocalyptique. Mais moi de mon côté j’avais envie de parler de gros comics qui tâchent avec des mecs en collant qui se tapent sur la gueule. J’étais en plein dilemme. Alors que je me demandais comment concilier tout ça en regardant mes étagères pleines à craquer de BDs, un petit bruit reconnaissable vint titiller mon attention…

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Marvel chez Mad Max

Ambiance western sur fond de fin du monde
Ambiance western sur fond de fin du monde

Pour les gens qui ne connaissent pas trop les comics et les super-héros (notamment ceux de l’univers Marvel), il est de bon ton de faire une petit résumé pour bien suivre. Bon déjà ça veut dire que vous avez quand même vécu dans une grotte depuis quelques années et que vous n’avez sans doute vu aucun des gros blockbusters de ces dix dernières années (pour cela je vous conseille de vous référer à l’excellente série d’articles sur ce sujet fait par le troll Bolchegeek !). En version rapide : c’est dans cet univers qu’on a Captain America, Thor, Iron Man et consorts. Et on a aussi des mutants, c’est à dire des être humains porteurs d’une mutation génétique, le gène X, qui leur confère des super pouvoirs. Parmi eux Logan, plus connu sous le nom de Wolverine, est doté d’un facteur auto-guérisseur, de sens sur-développés et de griffes rétractables et il fait parti des X-men (voir les films éponymes qui sont pas trop mal, sauf le 3, avec Hugh Jackman interprétant Wolverine).

Après ce petit rappel des bases, revenons sur le pitch de la série qui nous intéresse ici, version alternative de celle qu’on peut suivre tous les mois dans ses comics préférés. La réalité de Old Man Logan nous décrit une dystopie assez glaçante : les héros se sont pris une grosse dérouillée cinquante ans auparavant et sont, au choix, morts ou portés disparus. Le monde est en ruine sous le joug des super-vilains et rien que la carte des États-Unis « nouvelle version » donne une idée de l’ambiance. Du style post-apocalyptique pur jus donc.

Les États-(dé)Unis d'Amérique. Terre de liberté ou tout le monde peut réussir (ou pas)
Les États-(dés)Unis d’Amérique, terre de liberté où tout le monde peut réussir (ou pas)

Dans ce monde qui aurait bien besoin de héros, il y en a un qui n’est pas encore mort, sauf que ce n’est plus un héros. Wolverine a rangé les griffes. Logan vit maintenant dans une petite maison dans la prairie avec femme et enfants, élève des cochons et a décidé de devenir NON VIOLENT ! Ce qui, pour l’un des super-héros le plus bad-ass de l’univers Marvel, est franchement perturbant. Pourquoi ce changement ? Quelles sont les raisons qui ont poussé Logan au fond du gouffre ? Pourquoi les super-vilains l’ont-ils laissé en vie à l’inverse des autres ? On sera amené à le découvrir au fur et à mesure du récit et autant vous dire que la révélation envoie du sérieux pâté en terme d’idée originale de fou !

Bonjour c'est pour le loyer
Le gang de Hulk : bonjour c’est pour le loyer

Le problème de ce pauvre Logan (en plus de son évident stress post-traumatique en rapport à ce qui a pu se passer) c’est qu’il est un peu rade de thunes pour payer le loyer. Oui parce que comme vous avez pu le voir sur la carte ci-dessus les USA sont découpés en plusieurs régions « gouvernées » par des super-vilains. Et Logan habite sur le territoire de Hulk. Et Hulk est pas gentil, genre pas du tout. Il a plutôt pété les plombs depuis longtemps et a tout un tas de gosses plus cons et violents les uns que les autres.

 

Du coup pour sauvez la vie de sa famille, Logan va accepter la proposition de Hawkeye, un autre ancien Avengers : lui servir de copilote et traverser les USA pour livrer une mystérieuse cargaison à New Babylon, le nouveau nom de Washington (je vous laisse la surprise de savoir qui est le Président de ce charmant pays), prendre l’argent et revenir, tout ceci en moins d’un mois. Ce qui sur le papier parait tout simple s’avèrera plus facile à dire qu’à faire.

On the road again

Au commande de ce joyeux bordel le duo de légende, Mark Millar au scénario et Steve McNiven au dessin. Si vous ne connaissez par Millar je vous conseille nombre des comics qu’il a pu scénariser, notamment Superman Red Son, Kick-ass, Superior, Wanted ou the Authority (par contre vous pouvez passer à côté de Nemesis, c’est sur-vendu et franchement mauvais). Chez Marvel, c’est notamment lui qui était au commande du lancement de l’univers Ultimate, – la version modernisée des personnages classique de l’univers Marvel au XXIème siècle –  avec la scénarisation des excellents Ultimate FF, Ultimate X-men et le magistral Ultimates. Le duo Millar/McNiven est surtout connu pour avoir produit le crossover Civil War en 2006 racontant le conflit entre les super-héros lors de l’établissement d’une loi visant à encadrer leurs activités, les recenser et dévoiler leurs identités secrètes.

Civil War le meilleur event Marvel depuis des années
Civil War, le meilleur event Marvel depuis des années

Ici le duo est au sommet de leurs talents respectifs. Le scénario de Millar décrit un monde au bord du chaos dans lequel seule la loi des bandes et du plus fort règne. Le voyage de Logan et d’Hawkeye à travers le pays est l’occasion de découvrir progressivement l’état du monde après des années de domination sans partage des super-vilains. Le récit ne s’attarde pas réellement sur ce qui a mené à cette situation tout comme dans Mad Max par exemple où l’on a juste un texte au début du film expliquant que le monde s’est effondré, ici les vilains se sont alliés et ont gagné, point. Le seul élément de la défaite des héros qui reste rempli de mystère est ce qui est arrivé à Wolverine cette nuit là. Pour ceux qui connaissent l’œuvre de Millar, on peut retrouver ici un thème de départ proche de celui de Wanted. Mais là où, dans Wanted, ils avaient décidé de gouverner le monde depuis l’ombre, ici la terreur s’exprime au grand jour et le monde a été ravagé autant par la guerre que par le passage du temps.

Attention chérie, ça va couper.
Attention chérie, ça va couper

Perdu au milieu de ce chaos, on suit un Logan qui ne ressemble à rien de ce qu’on a pu voir sur le personnage auparavant. Torturé, traumatisé, brisé, refusant obstinément de ressortir les griffes même dans la plus désespérée des situations, on ne reconnait plus la bête sauvage que les X-men avait parfois du mal à contrôler. Lors de son long voyage vers New Babylon il va petit à petit redécouvrir le monde qu’il a abandonné. Comme en effet de contraste absolu, Steve McNiven nous dessine un environnement sans pitié. Des hectolitres de sang, des réinterprétations glaçantes de personnages emblématiques mais aussi de petits détails tout aussi perturbants te font clairement comprendre que c’est la merde totale (le péage de Dwight, Hammerfall, les taupoïdes…).

D’autant que le style très réaliste de McNiven, au dessin très fourni et rempli d’une multitude de détails, colle parfaitement à l’univers.

Putain c'est bô
Putain c’est bô !

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Allez le lire ou il découpe votre famille.
Allez le lire ou il découpe votre famille.

A lire absolument. Une des meilleures histoires sur le mutant griffu de ces dix dernières années. Millar est au sommet de son écriture après Civil War ou Ultimates et les dessins de Steve McNiven sont un véritable festival. Sortie il y a quelques années, la série est trouvable en édition reliée pour un prix raisonnable dans tous bons comics shop et librairies. En 8 épisodes, la mini-série Old Man Logan nous dépeint un monde sombre et dévasté à l’image de son héros et dont la violence transpire dans chacune de ses cases. Sa fin assez ouverte donnerait presque envie que l’auteur nous en donne encore plus sur cet univers (ce qui va être le cas dans quelques semaines dans le cadre de Secret Wars l’event Marvel de cette année, mais avec Brian Michael Bendis au commande) mais ce serait sans doute gâcher notre plaisir tant ce qu’on vient de lire se suffit à lui-même.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire, sortez vos griffes !

Dr Tyriel

"Je sers la Science et c'est ma joie"

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