Pat Magnum : Détective très privé

Aujourd’hui, pour cette semaine sous l’auspice du Troll, j’ai décidé de vous parler d’un chef d’œuvre du neuvième art, Pat Magnum. De son vrai nom Patrick Denner, Pat Magnum est un détective privé un peu nul, résolvant ses enquêtes de façon… Disons peu conventionnelle !

Attention, cet article comporte des cases trashouille à tendance porno qui fait débander. Vous z’aurez z’été prévenus les chtiotes n’enfants.

La légende de Patrick Denner

Mais qui est Pat Magnum ? Serait-ce ce fieffé Graour, grimé avec une bebar de cubain révolutionnaire ? Nullement ! Pat Magnum est l’avatar du nanard sous format BD : un truc tellement nul qu’il en devient génial grâce à une division par 0 inopinée et involontaire. Une œuvre d’art mettant tout le monde d’accord dans de grands éclats de rire. Plus habitués à voir ce genre d’accidents sur pellicule que sur papier, il existe pourtant dans la BD une véritable icône nanardesque, et oui, c’est bien de ce bon Pat Magnum que je parle.
Pourquoi nanardesque ?

L’ambiance est posée, ce sera un voyage au cœur de l’érotisme sensuel, aux côtés de l’apôtre du foutre qu’est Pat Magnum !

L’Évangile selon Saint Pat

Au commencement, il n’y avait rien, à part Dieu, mais comme il est Éternel, c’est compliqué, puis on va pas ouvrir un débat théologique ici, c’est pas le moment…
HUM !
Au commencement, il n’y avait rien, disais-je.
Dieu créa l’univers, la terre, les étoiles, les zozios dans le ciel, puis, au sixième jour Adam et Eve. Le septième, Il alla faire la sieste. Seulement, un évangile inédit fut redécouvert dans les années 80. Dans une sombre grotte d’Asie Mineure, un ermite turc atteignit l’illumination et se mit immédiatement à rédiger ce que la Divine Bite lui avait permis d’entrapercevoir. Selon cette révélation, le septième jour, alors que Dieu dormait et que Adam était parti se gratter les couilles derrière un chêne, surgit du néant Pat Magnum, qui, à peine existant, s’empressa d’aller montrer à Eve comment un vrai bonhomme bourrine sa donzelle.
Les experts théologiens du monde entier s’aperçurent à la lecture du document que la Chute (le serpent, la pomme, tout ça), n’était qu’une allégorie représentant la Sainte Verge de Pat (le serpent) et le Béni Coït (la pomme).
Où je vais avec cette histoire ? Pas la moindre idée.

Hého, c’est la semaine troll, on fait ce qu’on peut !

Toujours est-il que la légende de Pat commence bel et bien en Asie Mineure, puisque son créateur est Turc, Suat Yalaz, un homme ayant consommé beaucoup trop de cocaïne et de boulards italiens pour son bien. Prenant le pseudonyme de Gi. Toro en pensant qu’il aurait l’air cool, Yalaz va réaliser 5 histoires de Pat Magnum pour le magazine Détective Strictement Privé au cours de l’année 79. A la fin de cette même année, c’est Vince Vita qui reprend la patate chaude, et va créer les aventures de Pat Magnum les plus inoubliables, que ce soit Ça ?? Terrorisme…, pour laquelle j’ai une affection toute particulière, ou… Bah toutes les autres, qui seront quant à elles publiées dans le magazine Super Flic. Et quelles aventures !
Car Pat Magnum est un cochon. Et dedans, tout y est bon.

Le style Yalaz/Vita

Partons dans une petite analyse du style de ces génies, comment ces hommes ont construit une histoire, un personnage, un mythe, avec une composition incroyable de la dramaturgie et de l’érotisme, rappelant au théâtre antique des premiers temps, et à l’âme même de l’art du spectacle et du divertissement. J’ai lu ça dans Chronic’Art, je m’suis dit que ça ferait bien de la recaser dans un de mes articles un jour.

Bref, passons à l’analyse d’une scène n’impliquant malheureusement pas Pat. Donne la.
La pas Pat.

Humour. Rire.

C’est en postant un truc pareil que je réalise ma chance de taffer au Cri.

Bon alors.
Première case.
Un homme tente de baiser une poupée gonflable. Il lui sort une ligne de dialogue pétée en tentant de prendre un air beau gosse, mais du coup, ça lui fait fermer les yeux, et il voit pas où il la met. On note également que la poupée est dessinée à l’arrache, puisque ses cheveux débordent sur son épaule. Le dessinateur de l’œuvre serait Maxime, votre petit cousin ? Précoce le gamin.

Deuxième case.
La surprise. Le choc. LA POUPÉE EST VIVANTE bordel ! Serait-ce une de ces poupées robotiques qui remplaceront bientôt les femmes ? Vince Vita prédisait-il le futur dans ses œuvres, tel un Jules Verne de la couille ? On notera également l’habileté du bonhomme à dessiner les mains, la droite de Carola ressemblant étrangement à celle d’un certain Donald Trump.

Troisième case.
Bon. Par où je commence ?… Carola est devenue obèse, elle a des tétons soucoupes volantes, le mec a une main qui fait deux fois la taille de sa tête… Pas comme Trump donc.

Quatrième case.
Le sourcil. Putain le sourcil. Plus, la main de Pat qui vient faire un caméo. Enfin, le mec qui gueule genre le poing va le frapper, alors qu’il est clairement devant lui.

Voilà pour l’analyse d’une page au niveau du dessin. Passons à l’analyse des dialogues, si vous le voulez bien.

PHILIIIIPPE !!!!!!!

Des dialogues que ne renieraient pas Godfrey Ho. Pour tous ceux qui n’auraient pas encore vu le grand classique (sérieusement, c’est un immanquable) de Godfrey, Hitman le Cobra, je ne peux que vous recommander de cliquer ici. Puis de continuer vos recherches si ça vous plaît, le film étant disponible en intégralité sur le net !

Grab ’em by the pussy

Pat Magnum aurait pu sortir de l’esprit dérangé d’un ancien magnat de l’immobilier devenu président.
Ce que je veux dire par là, c’est qu’on retrouve un genre de délire de narcissique masculiniste dans Pat Magnum. Le bonhomme est super fort, résout toutes ses enquêtes en n’en foutant pas une (enfin si, tout un tas), et passe ses journées à fourrer comme un bonobo nymphomane. Et traite les femmes comme de la merde.

SPOILER : 99% de chance que Pat Magnum couche avec la damoiselle 3 pages plus loin. Il est comme ça.

Ou, bien plus parlant et dégueulasse :

Pat, ce gentleman.

Mais pourquoi idolâtrer un tel personnage ? Pourquoi en faire le Dieu du cul et de la nanarditude ? Alors qu’il promeut culture du viol, posant le mâle comme étant dans son bon droit vis à vis des femmes ? Un peu comme un certain James Bond des débuts, soit dit en passant…
Bref, comment apprécier cette BD ?

Tout simplement car quand on lit Pat Magnum, on rit beaucoup. Parce que les auteurs se prennent à mort au sérieux, là où les scénarios (comme les dessins hein)  sont clairement sortis des cerveaux malades de consanguins qui ne connaissent pas grand chose au monde, et qui ont sans doute eu leur main droite et la vieille Régine comme seules expériences sexuelles.
Pat lui, collectionne les femmes, qui tombent toutes amoureuses de lui après le premier coup de pine (véridique).
Ce qui donne bien évidemment un côté cliché à toutes ses péripéties, puisque dès qu’une damoiselle apparaît dans le cadre, on sait déjà la suite des évènements, le suspense venant bien souvent de la manière dont Pat va séduire la jeune femme.
C’est bien souvent d’un simple regard, la « faible » femme craquant devant sa barbe et ses yeux d’acier (là encore, véridique), mais Pat peut parfois improviser en se faisant passer pour un entraîneur de Rugby (véridique, oui), ou tout simplement se prostituer. Ce qui arrive au tout début de sa toute première aventure.

Lire Pat Magnum, c’est rire de tous ces hommes qui ne comprennent rien aux relations homme-femme, c’est s’esclaffer devant la bêtise crasse de nombreux mâles soi-disant alphas et qui sont bien souvent des gros bêtas crétins.
Et puis bon, avouons le, le mauvais goût extrême a toujours fait partie intégrante de la culture Nanard. Quand on fait une division par zéro, on ne sait pas quelles saloperies peuvent être invoquées au milieu des pépites…

Pour le plaisir

Quelques extraits gratuits, parce que ça me fait plaisir. Pour retrouver les aventures complètes de Pat Magnum, RDV sur BD Trash, bien que le site soit actuellement en PLS depuis quelques jours. Ce qui me rend bien triste.

Pat est un expert du Krav Sutra, ce qui lui permet d’éviter les balles et de casser des murs avé les pieds.
Page tirée d’un des meilleurs épisodes de la série. Notez les fautes d’orthographe, et Pat qui pleure sous la pression du regard d’une maman chaude. « Houlala ! »
Notez que Pat est un pansexuel affirmé : il baise aussi les sols, même pendant des fusillades endiablées avec des liliputiens !

Verdict

Pat Magnum est un chef d’œuvre, dans le genre « Meilleur du Pire ». Détective nul à chier ne travaillant jamais, il est heureusement pourvu d’un appendice magique lui permettant de résoudre n’importe quelle enquête à grands coups de reins. Dialogues percutants comme une bifle, dessins sublimes comme une pine molle, problèmes d’anatomies et de perspectives, comportement de beauf sexiste digne d’un Trump en chaussettes-sandales… Pat Magnum, c’est tout ça à la fois. Pour le plus grand bonheur de vos zygomatiques.
Louée soit sa bite !

Narfi

Narfi a été accueilli au sein du Cri malgré sa nature de troll des forêts du Périgord, une sous espèce cohabitant rarement avec ses cousins des plaines Limougeaudes (Petrocore constituant la seule exception connue des Trollologues) Crasseux et vulgaire, poète dans l'âme, il aime à rester au fond de la tanière pour lire des bédés et jouer sur son PC, insultant de sa bouche pleine de poulet frit tous ceux croisant son chemin dans les dédales des internets.