Rimworld : le jeu de survie stratégique de science fiction ultime

Voilà quinze jours que je dors mal… Ne me sustente plus, ne m’abreuve plus. Les trolls copains sont inquiets, même la soupe d’elfe je n’en veux plus. Dans mon sommeil je m’agite, je gigote, je hurle. Comme une mantra démoniaque qui vrillerait les tympans fragiles de Graour, j’explose : PUTAINS DE COLONS ! PUTAIN DE MALARIA ! CASSEZ VOUS PUTAINS DE RAIDERS ! MAURICE ! LÂCHE TON PUTAIN D’COPAIN ET RETOURNE MINER ! PUTAIN ! (ça fait beaucoup de putain, j’en conviens, mais l’émotion est forte).

Fi de toute maladie, ma nouvelle drogue n’a qu’un nom barbare et anglais de surcroit (pléonasme) : Rimworld !

Première impression, c’est très moche. Deuxième impression, c’est sacrément génial.

Voilà, jetons tout de suite les bases : Rimworld est austère, laid, vraiment. On suit ses pioupious « blocs » évoluer dans un monde au style 2D vu du dessus. Comme un jeu de stratégie à l’ancienne.

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Immédiatement, si on est connaisseur du style, on pense à Prison Architect (ovni vidéoludique qui a révolutionné le jeu de gestion) dont il s’inspire en toute bonne foi et objectivité. On se retrouve à aménager le territoire au mieux pour que nos chers petits colons survivent le plus longtemps possible.

Pour cela, on part de rien et on aménage une base propre avec moult équipements au fil du temps. Chaque colon se micro gère : on les assigne à des tâches selon leurs différents talents, et vaille que vaille, les petiots se mettent au taf. Ça mine, ça cuisine, ça chasse, ça cueille, ça répare, ça construit… Et le tout dans la joie et la bonne humeur et sans intervention du joueur. Dans la pratique, Rimworld utilise aussi le système de zones délimitées. Chaque zone remplit une fonction que l’on s’amusera à gérer : décharge, champ de légumes, zones de fret, zone interdite pour les colons, etc, etc…

Ensuite, c’est un Sims-like sans le côté gnian-gnian : chaque colon a des attentes, des besoins, des aspirations, et il faut contenter tout ce petit monde pour éviter le pétage de plombs collectif et le game over dans un grand bain de sang-Gloire-à-Satan. Eh oui mon p’tit bonhomme, voilà tout ce qui t’attendra ! 

Et c’est un réel plaisir que de voir son environnement se métamorphoser à sa guise en construisant la plus belle des bases. Le tout avec pour ligne d’horizon un unique objectif final : réaliser un vaisseau en entier pour quitter la planète.

Diantre ! On m’assaille !

Si l’on peut comparer Rimworld à Banished ou encore Dwarf Forteress c’est par la difficulté du titre qui nécessite une compétence certaine pour la gestion et pour la planification. Rimworld se conquiert. Les mécaniques sont simples à prendre en main mais difficiles à maîtriser. Il vous faudra quelques game over de bon aloi pour comprendre les petites spécificités du titre.

En plus de gérer ses colons et leurs petits bobos quotidiens (oh trois fois rien : famine, empoisonnements, panne d’électricité, maladie, crise de folie meurtrière, canicules à vous faire passer l’enfer pour une villégiature, grands froids, orages, feux, neige, des fléaux…) Rimworld vous bombarde d’événements aléatoires bons ou mauvais… Et plus souvent très mauvais !

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La démocratie mon pote
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Le feu, mon ami, le feu…

Il faudra composer avec des raids et des sièges des villes limitrophes ou des tribus aux alentours (au départ un ou deux zigues avec des massues… puis des hordes sanguinaires armées jusqu’aux dents), des chasses des animaux mangeurs d’hommes, des assauts d’extraterrestres robotiques, et mon préféré : les infestations à l’intérieur de votre base (je vous laisse savourer cet évènement in game sans trop vous en dire, c’est toujours très agréable)… Bien évidemment, il y aura aussi du bon : des commerçants viendront faire marcher le capitalisme sur vos terres, des vagabonds vous rejoindront, des alliés viendront prêter main forte pour contrer un raid costaud et puis, quelques fois, des cadeaux (ou pas) tomberont du ciel…

Bref, tout un panel de joyeusetés qui rythmeront votre partie pour le meilleur et pour le pire.

« Prenez ceci, c’est mon mod. Amen. »

Après plusieurs dizaines d’heures de jeu, et si vous êtes un grand manitou de ce genre de jeu, il faut peut être avouer qu’une lassitude peut poindre le bout de son nez. Et là, PAF ! On tombe sur la communauté de modeurs qui font passer le jeu de « formidable » à « ultime » en tripatouillant l’essence même du jeu et en vous proposant des améliorations fondamentales.

Deux trois clics plus tard, Rimworld est différent, métamorphosé, sublimé. Implémentés dans le cœur même du jeu, les mods vous changent la vie. Pas besoin de triturer les données du jeu, il vous suffit juste de choisir, et de cliquer, et pif paf pouf, Rimworld s’enrichit. Des scénarios sont disponibles, de nouveaux objets, de nouvelles mécaniques de jeux… Une nouvelle expérience s’offre à vous !

Petit tour d’horizon des mods indispensables :

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Le premier mod Core Library est incontournable : il modifie le jeu pour qu’il puisse accueillir les autres mods. Tout simplement.

Parmi la ribambelle de mods disponibles, on fouille, on chine, et puis soudain, surgit de la pénombre… UN MOD CTHULHU !! Jouissif, il donne accès à tous les objets lovecraftiens années 50, aux bestioles de l’univers et aux cultistes… Génial !

Hospitality est un des mods incontournables qui ajoute une dimension sociale à Rimworld. Les visiteurs sont maintenant capables de rester plusieurs jours dans votre base, et vous pouvez les bichonner dans des salles spéciales.

Des chambres d’amis quoi. Plus ils seront heureux de leur séjour, plus ils vous aimeront, et vous récompenseront. Et même que des fois… Ils vous rejoindront purement et simplement ! Ce mode booste énormément le relief des échanges dans Rimworld, et les alliés deviennent de vrais alliés, pas simplement des caravanes de passage.

ED Embrasure est une merveille : il vous permet de créer des murs avec des meurtrières. Juste parfait.

Un peu moins pertinent à mon sens, mais très apprécié des joueurs, le mod EDB Prepare carefully vous permet de personnaliser votre « set de départ » de colons en choisissant précisément leurs points d’aptitudes, les vêtements, le matériel… Et jusqu’à leur coupe de cheveux. Utile, mais casse un peu le challenge et le hasard du départ qui fait aussi le charme du bouzin !

En voilà d’autres en vrac pour la collectionnite aigüe, ou pour ajouter moult objets et petites subtilités au jeu : le très utile More Vanilla Turrets propose des défenses diverses et variées, RT’s weapon pack vous offre des tonnes de nouvelles armes, Xeva’s Rimhair implémente des coupes de cheveux (inutile mais marrant)…

Pour terminer… Medieval Time qui tout simplement redéfinit le jeu. Fi de la science fiction, vous êtes plongé dans le bas Moyen Âge. Avec ses objets spécifiques, ses events… Le mod est un énorme travail qui propose une nouvelle expérience de jeu. Chapeau.

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Voilà à quoi peut ressembler une base après des dizaines (centaines ?) d’heures de jeu !

Verdict

Rimworld est une sacrée découverte. Il vous faudra débourser une trentaine d’euros pour cette petite pépite vidéoludique. D’autant que le bouzin est toujours en Bêta, c’est dire le potentiel derrière ce beau projet.

fds

Foi de troll, c’est un coup de cœur absolu, en témoignent mes cernes creusés.

D’autant que les mods propulsent Rimworld, et ça les créateurs l’ont bien compris, eux qui laissent leur bébé aux mains des petits génies et des passionnés qui se font un malin plaisir de toujours améliorer le jeu. Maintenant à vous de découvrir les pépites parmi les mods ! Et n’hésitez pas à me faire part de vos trouvailles.

Sur ces bons mots, je retourne sur Arakis, ma colonie prise de malaria. Il faut encore que je chasse de mes terres des armées de pillards enragés qui en veulent à Maurice, mon tout nouveau résident en fuite… Il faut aussi que je mate cette évasion… Bon il se peut que j’aie un peu torturé un de mes prisonniers m’enfin, j’avais besoin de ses organes !

Aaaaah joie.

LazyLumps

Déjà petit, le troll Lazylumps collectionnait les cailloux. Après en avoir balancé un certain nombre dans la tronche de tout le monde, il est devenu le "Rédak' Chef" de la horde, un manitou au pouvoir tyrannique mais au charisme proche d'un mollusque. Souvent les nuits de délire on l'entend hurler "ARTICLE ! ARTICLE ! IL FAUT UN ARTICLE POUR DEMAIN".

Lâche ton cri

  • 22 septembre 2016 at 21 h 00 min
    Permalink

    Dwarf forteress m’est directement venu en tête avec le début de la description mais il est bien plus moche que rimworld et c’est ce qui m’a toujours empêché d’accrocher. Du coup ce jeux est peut-être une bonne alternative ! En tout cas l’article donne envie.

    Côté technique trollesque un petit souci de mise en page niveau conclusion à l’heure où j’écris ces lignes et surtout (je m’accrocherai jusqu’à mon dernier souffle !) toujours pas de bouton pour suivre les réponses dans les commentaires. C’est vraiment parce que j’aime ce que vous faite que j’en laisse parce que sinon ça coupe tellement toute notion de dialogue que ça me décourage de réagir…
    /C’était le cri du coeur d’un trollinet d’amour :p

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