Ce collier IA qui voulait être votre ami est désormais interdit en Europe

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Imaginez un pendentif qui écoute vos moindres murmures pour devenir votre confident idéal. C’est l’idée derrière Friend, un accessoire tech lancé par un jeune entrepreneur américain. Mais en Europe, les fantasmes de compagnons virtuels se heurtent à une réalité bien plus rude : des campagnes publicitaires vandalisées dans le métro parisien et un blocage réglementaire ferme.

La polémique qui a enflammé les transports et les réseaux

Les affiches promotionnelles de Friend ont rapidement tourné au vinaigre dans les couloirs du métro parisien. Des usagers ont griffonné des messages rageurs, transformant le nom de la marque en « ennemi » et alertant sur les dangers pour la vie privée. Cette réaction n’est pas isolée : à New York, une campagne publicitaire évaluée à un million de dollars a subi le même sort, avec des dégradations massives signalées par le fondateur lui-même.

Sur les réseaux sociaux, le buzz négatif a explosé. Une internaute, Daria (@dariamocha), a partagé une photo d’une affiche le 31 janvier 2026, déclarant : « La pub friend.com dans le métro est flippante… Nouveau palier atteint : Un collier IA qui te tient compagnie. J’avoue que ça va trop loin là. » Ce sentiment de malaise, qualifié de « creepy » par de nombreux jeunes, évoque les dystopies geek comme dans Her ou les IA omniprésentes des comics cyberpunk. Des posts récents sur X confirment que la contestation persiste, avec des discussions sur les risques d’une surveillance constante déguisée en amitié.

Le RGPD et les autorités européennes dressent un rempart

L’Union européenne a mis un frein définitif aux ambitions de Friend sur son marché, y compris en France. Le motif principal ? Une non-conformité au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), qui impose des garde-fous stricts pour les dispositifs collectant des données personnelles sensibles comme la voix et les conversations intimes. Ce collier, toujours en écoute, pose des questions explosives sur le stockage et l’utilisation de ces enregistrements.

Le fondateur, Avi Schiffmann, un ancien de Harvard âgé de 23 ans ayant lancé l’entreprise en 2023, a révélé aux Echos que son équipe juridique européenne planche activement sur des solutions pour relancer les expéditions. Pourtant, des enquêtes lancées par les autorités françaises en février 2026, rapportées par des médias comme Fashion United, soulignent des craintes profondes sur la confidentialité. Enrichi par des analyses récentes, le contexte s’élargit : l’AI Act européen, entré en vigueur progressivement, classe les IA à haut risque et interdit certaines pratiques intrusives, rendant des gadgets comme Friend particulièrement vulnérables. Contrairement à des wearables plus anodins, ce compagnon virtuel frôle les lignes rouges de la surveillance.

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Des débuts timides aux États-Unis et un avenir incertain

Outre-Atlantique et au Canada, où le produit est disponible depuis 2025, les résultats déçoivent. Seulement environ 1 000 à 3 000 unités expédiées malgré des précommandes plus élevées, selon des estimations de Fortune et Protos. Les retours utilisateurs oscillent entre curiosité et déception : Wired le qualifie de « décevant », tandis que Good Housekeeping pointe un manque de profondeur dans les interactions. Malgré un investissement de 10 millions de dollars de Schiffmann et des levées de fonds, les critiques sur la qualité de l’IA et les délais de livraison freinent l’engouement.

En 2026, des interviews d’utilisateurs partagées par l’entreprise ont ravivé les controverses, avec des témoignages jugés « bleus » par Yahoo Tech. Face à des concurrents comme les AI wearables testés par Forbes (Bee, Plaud), Friend peine à se démarquer. Le site officiel maintient les préventes, mais l’Europe reste fermée, invitant à repenser l’équilibre entre innovation tech et respect des utilisateurs.

Ce cas illustre parfaitement les tensions geek entre avancées IA inspirées de nos univers préférés et la nécessité de balises éthiques solides. Friend pourrait-il rebondir, ou deviendra-t-il un symbole du backlash contre les compagnons trop collants ? L’avenir dira si la tech saura écouter ses critiques autant que ses porteurs.

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