Airbus lâche l’Amérique : il choisit la pépite française Mistral pour l’IA de ses avions

airbus

La jeune pousse française Mistral AI, fondée il y a seulement trois ans, franchit une nouvelle étape majeure en entrant dans les projets d’Airbus. Ce partenariat, officialisé lors d’un sommet dédié à l’intelligence artificielle le 28 mai dernier, permet au géant aéronautique d’accéder à l’ensemble des technologies de Mistral pour ses opérations critiques.

Un accord qui s’étend aux quatre piliers d’Airbus

Le contrat de licence couvre l’intégralité des activités du constructeur : avions commerciaux, hélicoptères, défense et espace. Catherine Jestin, responsable du numérique chez Airbus, y voit l’occasion de développer des cas d’usage à fort impact tout en respectant des exigences strictes de confiance et de responsabilité. Le déploiement se fera en local, dans des clouds européens sécurisés ou dans tout environnement jugé adapté, afin de garantir la souveraineté des données sensibles.

De la maintenance à la conception : un pas en amont

Alors qu’Airbus s’appuyait jusqu’ici sur Palantir pour l’analyse des données en vol et la maintenance via Skywise, Mistral intervient plus tôt dans la chaîne. Ses modèles pourront automatiser la rédaction de milliers de pages de documentation technique, assister les ingénieurs tout au long du cycle de design, de simulation et de certification. Timothée Lacroix, cofondateur et directeur technique de Mistral, souligne que ce travail contribuera directement à améliorer la sécurité des vols. Airbus bénéficie en outre d’un accès privilégié aux équipes de recherche et d’une influence sur les futures versions des modèles.

A lire aussi  Vos yeux brûlent le soir ? Ce n’est peut-être pas l’écran… mais ce que vous faites juste après

Emmi AI et les ambitions industrielles de Mistral

Pour soutenir ces projets complexes, Mistral a récemment annoncé le rachat d’Emmi AI, une société autrichienne experte en jumeaux numériques et en simulations physiques. Cette acquisition nourrit directement la nouvelle suite Mistral for Industrial Engineering, qui combine modèles d’IA, physique et expertise robotique. Le même jour, d’autres industriels comme BMW et EDF ont rejoint l’écosystème. Un centre de calcul dédié de 10 mégawatts ouvrira d’ici le troisième trimestre 2026 aux Ulis, renforçant les capacités d’inférence en Europe.

Ce partenariat illustre la volonté d’Airbus et de Mistral de bâtir une IA souveraine capable de répondre aux défis spécifiques de l’aéronautique sur la prochaine décennie, sans dépendre de solutions étrangères pour les missions les plus sensibles.

Vous aimerez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *