700 000 € en crypto + 100 000 € en cash : les saisies folles dans le plus gros coup de filet IPTV français

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Les autorités françaises ont porté un coup sévère au piratage de flux télévisés cette semaine. Noos+, une plateforme IPTV illégale qui proposait un accès frauduleux à des milliers de chaînes dont celles de Canal+ et beIN Sports, vient d’être mise hors service par les enquêteurs du C3N. Avec quelque 250 000 clients et un chiffre d’affaires estimé à 12 millions d’euros, le service représentait l’une des plus importantes opérations de ce type repérées en France.

Une organisation rodée pendant plus de quatre ans

Le réseau opérait depuis au moins quatre ans en vendant des accès à prix cassé : environ 50 euros par an ou 7 euros mensuels. Les abonnés y trouvaient non seulement des chaînes sportives et premium mais aussi des catalogues de vidéo à la demande. Derrière cette vitrine attractive se cachait une structure hiérarchisée transfrontalière impliquant un fondateur italien installé en Belgique, des administrateurs techniques et un réseau de revendeurs. Les bénéfices remontaient via commissions vers les têtes du système, permettant l’achat de serveurs répartis entre la France, les Pays-Bas et le Canada.

Une opération coordonnée entre Paris et Bruxelles

Le 2 juin 2026, sous l’impulsion du parquet de Paris, les gendarmes ont interpellé dix personnes sur le territoire français et une en Belgique, identifiée comme la figure centrale du dispositif. Vingt serveurs ont été neutralisés le jour même, coupant net la diffusion pour tous les abonnés. Après une garde à vue de quarante heures, les suspects ont été relâchés dans l’attente de l’analyse du matériel saisi. Les perquisitions ont permis de récupérer plus de 700 000 euros en cryptomonnaies, 100 000 euros en liquide, 400 000 euros sur des comptes bancaires et 150 000 euros de matériel informatique ou objets de luxe.

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Une première d’ampleur dans la lutte contre l’IPTV en France

Canal+ avait déposé plainte dès 2024 après avoir détecté la fuite de ses contenus. Le groupe estime son préjudice supérieur à un million d’euros. Ce dossier marque la première intervention d’une telle échelle menée par les services spécialisés français contre la commercialisation d’une solution IPTV complète. Dans un contexte où la France renforce ses outils de blocage automatisé à l’approche de grands événements sportifs, cette affaire illustre la détermination des ayants droit et des autorités à s’attaquer aux filières organisées du streaming illégal.

Les 250 000 anciens clients se retrouvent donc sans service du jour au lendemain, confrontés à l’instabilité inhérente à ces plateformes et aux risques potentiels liés à l’usage de solutions non autorisées. L’enquête se poursuit avec l’examen des données saisies qui pourrait conduire à de nouvelles auditions.

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