Votre prochain vaccin sera conçu par ChatGPT-like : l’expérience qui bouleverse la médecine

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Face aux virus qui évoluent constamment et obligent à des mises à jour vaccinales régulières, une équipe britannique a choisi une stratégie différente. Plutôt que de courir après chaque mutation, elle vise directement les éléments stables du virus pour préparer une protection plus large et durable.

La menace persistante des virus zoonotiques

Depuis l’émergence du SRAS en 2003, les scientifiques s’accordent sur le fait que les prochaines pandémies proviendront probablement d’animaux. L’OMS identifie une vingtaine de grandes familles virales capables d’infecter les humains, dont les fièvres hémorragiques, la grippe aviaire, le mpox ou encore les coronavirus. La déforestation, l’urbanisation et le changement climatique amplifient les contacts entre faune sauvage et populations humaines, augmentant les risques. La vaccination reste l’outil le plus efficace, comme l’a prouvé la réponse à la COVID-19, même si les variants ont obligé à des adaptations répétées.

Une protéine synthétique générée par algorithme

Des chercheurs de l’Université de Cambridge, en collaboration avec la biotech DIOSynVax, ont utilisé l’intelligence artificielle pour analyser des milliers de séquences génétiques de sarbecovirus. Cet algorithme a repéré les portions du génome restées identiques malgré les mutations. Ces séquences stables ont permis de concevoir une protéine artificielle, appelée pEVAC-PS, qui concentre les caractéristiques communes. Injectée sous forme d’ADN, elle incite les cellules du patient à produire cet antigène, formant ainsi une réponse immunitaire capable, en théorie, de reconnaître et neutraliser de nombreuses souches, y compris celles issues d’animaux.

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Résultats préliminaires prometteurs et étapes restantes

Testé auprès de 39 volontaires âgés de 18 à 50 ans à Cambridge et Southampton, le vaccin n’a entraîné aucun effet secondaire notable et a généré une réponse immunitaire contre les sarbecovirus. Jonathan Heeney, co-auteur de l’étude, souligne que cette approche permet de passer « de la réaction à l’anticipation ». Cependant, la quantité d’anticorps variait selon les participants et leur historique d’exposition au COVID-19. Si la fixation sur le virus est confirmée, l’étape de neutralisation réelle d’une infection reste à valider. Les essais de phase 2, déjà planifiés sur un groupe plus large, apporteront ces réponses. En cas de succès, la mise sur le marché pourrait nécessiter cinq à dix ans, en fonction des financements et des autorisations réglementaires, selon Saul Faust, co-auteur et directeur de l’étude.

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