Le Concorde revient en 2029 : vols supersoniques silencieux bientôt autorisés aux US

Les avions civils pourraient bientôt franchir le mur du son au-dessus du territoire américain sans violer la réglementation. La Federal Aviation Administration a déposé le 30 juin 2026 une proposition qui bouleverse l’approche adoptée depuis 1973. Plutôt qu’interdire purement la vitesse, l’administration entend encadrer le bruit perceptible au sol, ouvrant la voie à des appareils plus rapides tout en protégeant les populations.
Une règle qui mesure le bruit au lieu d’interdire la vitesse
Le texte publié au Federal Register ne supprime pas l’interdiction existante mais la remplace par une exigence de performance acoustique. L’actuel article 91.817 bannissait tout dépassement de Mach 1 au-dessus des terres, indépendamment de l’impact sonore. La nouvelle proposition fixe un plafond de surpression de 5,3 pascals au sol, un niveau où la FAA considère que les ondes de choc deviennent imperceptibles pour l’oreille humaine. Les constructeurs devront prouver par mesures ou modélisations que leurs appareils respectent ce critère pour voler librement en supersonique sans autorisation spéciale. À titre de comparaison, le Concorde générait environ 92,4 pascals à Mach 1,93, soit plus de dix-sept fois le seuil envisagé aujourd’hui.
Le phénomène de Mach cutoff et les démonstrations récentes
Cette évolution repose sur un principe physique appelé Mach cutoff : à une altitude suffisante et dans certaines conditions atmosphériques, l’onde de choc se réfracte vers le haut avant d’atteindre le sol. Deux projets ont convaincu l’administration que la technologie était prête. Le démonstrateur XB-1 de Boom Supersonic a franchi trois fois le mur du son en janvier 2025 sans bang détecté au sol. L’entreprise développe un système de pilotage automatique capable de calculer en temps réel les conditions de Mach cutoff pour son futur Overture, visé pour 2029. Parallèlement, le prototype X-59 QueSST de la NASA a effectué son premier vol supersonique le 5 juin 2026 à Mach 1,1, en affinant mécaniquement la forme de l’onde de choc.
Les limites du texte et le contexte de compétitivité
La proposition reste ouverte à consultation publique pendant quarante-cinq jours et ne concerne que le bruit en croisière. Le bruit au décollage et à l’atterrissage fera l’objet d’un règlement séparé. Certains experts, comme ceux de l’International Council on Clean Transportation, soulignent que le seuil de 5,3 pascals ne tient pas compte de la perception humaine des bruits impulsifs et que le maintien des conditions de Mach cutoff pourrait augmenter la consommation de carburant d’environ 25 %. Le président Trump avait ordonné cette révision par décret en juin 2025 pour restaurer la compétitivité américaine face à des projets étrangers, notamment chinois. L’enjeu rappelle le retrait du Concorde en 2003, limité par les restrictions sonores américaines de l’époque. Blake Scholl, dirigeant de Boom Supersonic, y voit une avancée technique désormais réalisable, mais seule la mise en service effective d’un avion de ligne permettra de le vérifier à grande échelle.






