Un robot plus rapide qu’un humain pour cueillir le fruit du dragon : est-ce le début de la fin du travail manuel ?

Deux jeunes chercheurs de Valence ont mis au point un robot spécialisé dans la cueillette du fruit du dragon. Conçu pour être abordable, Dragonbot circule dans les plantations et ne prélève que les pitayas arrivées à parfaite maturité, une solution concrète face aux défis de main-d’œuvre dans ce secteur en pleine expansion.
Dragonbot, un robot conçu pour une seule culture
Le projet, mené au sein du Laboratoire de robotique agricole de l’Universitat Politècnica de València, mise sur la spécialisation plutôt que sur un engin polyvalent. La machine est montée sur une plateforme 4×4 compacte et intègre un bras collaboratif classique, l’UR5e. Des partenaires industriels ont apporté les systèmes de vision artificielle et de commande, financés notamment par des fonds régionaux et européens. Cette approche permet d’optimiser les capteurs et les algorithmes pour la pitaya avant d’adapter la même base à d’autres fruits fragiles.
Comment la machine repère et cueille les fruits mûrs
Des caméras associées à un modèle de vision par ordinateur analysent couleur, apparence et fermeté de plus de cinq cents fruits testés. Le robot évalue ainsi le taux de sucre et ne déclenche la récolte que lorsque la maturité est optimale. Une pince pneumatique souple et une lame vibrante assurent une coupe nette sans marques sur la peau. Les essais sur le terrain ont montré que plus de 75 % des fruits mûrs sont collectés correctement, avec moins de 12 % d’endommagements, selon les données de l’université. La coordinatrice Coral Ortiz souligne que ces performances ouvrent la voie à une utilisation sur d’autres cultures délicates.
Vers une adoption dans les serres françaises et ultramarines
L’équipe a réalisé une étude économique montrant que le passage répété du robot réduit les pertes et simplifie la logistique en évitant de stocker des lots à différents stades de maturité. Les composants standards et l’architecture simple visent à maîtriser les coûts pour les exploitations de taille moyenne. Cultivé pour sa robustesse et sa forte rentabilité, le fruit du dragon gagne du terrain autour de la Méditerranée et dans les DOM-TOM, où la pénurie de saisonniers rend ce type d’outil particulièrement intéressant. La technologie est déjà pensée pour évoluer vers d’autres fruits, une saison à la fois.





