« In bed with » Maître Jean-Jacques

Les aficionados du Cri du Troll le savent : j’ai un alter-ego maître-ninja nommé Maître Jean-Jacques. Shinobi et vidéaste à ses heures, il est plus que temps de partitionner mon esprit et de l’interviewer, là comme ça, de bon matin entre une tasse de thé et une chocolatine. En avant donc pour ce grand moment de dédoublement de personnalité (ou de masturbation, selon le point de vue)

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Petrocore : Commençons par le commencement. Bonjour Maître Jean-Jacques.

Maître Jean-Jacques : Qu’est ce que vous faites dans mon lit ?

Dès le matin au réveil, Maître Jean-Jacques s’abreuve de saines lectures emplies de sagesse orientale

Avant qu’on ne commence l’interview, serait-il possible que vous nous retraciez votre parcours ?

Bien sûr. Je suis donc originaire du Périgord, cette province bénie des kamis localisée dans le sud-ouest de la France. Parallèlement à des études qu’on pourrait qualifier d’insipides, je me suis pris de passion pour ce pays qu’est le Japon. Bien que, comme de nombreux jeunes de l’époque (et même encore de nos jours), ce sont les mangas et les animes qui ont été ma porte d’entrée, je les ai délaissés assez vite pour fouiller du coté de l’Histoire de ce pays.

Les années suivantes, mes lectures m’ont initié aux arts obscurs du ninjutsu, et j’ai eu l’idée de monter mon propre style : le « ninjutsu de l’homme ivre ». Les Périgourdins se sont révélés être des élèves particulièrement assidus, bien qu’ils aient tendance à favoriser le coté « homme ivre » pour délaisser celui du « ninjutsu ». Il m’a donc fallu me tourner vers un autre support pour partager mon art.

C’est là que vous avez eu l’idée de devenir vidéaste ?

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Tout à fait. Ma première apparition remonte à quelques années. Officiellement, j’étais animateur en colo de ski. Les jeunes et moi avons fait un petit documentaire fictif sur notre clan de ninjas, en Auvergne. C’est durant cette première vidéo que j’ai eu l’idée de m’appeler « Maître Jean-Jacques », car c’est bien évidemment, une fois de plus, une appellation fictive. Mais c’est celle que j’utilise pour mes apparitions publiques.

Cette idée de nom est un hommage aux maîtres de petits dojos provinciaux, du genre « sensei Bébert » ou « maître Roger ». J’ai toujours trouvé ce décalage rigolo, donc je m’en suis inspiré. « Jean-Jacques », c’est pour Jean-Jacques Rousseau. A l’époque du documentaire, je lisais son Emile. Et vu que je bosse dans l’éducation populaire, je me suis dit « allez, va pour Jean-Jacques ! ». C’est un peu présomptueux, mais bon.

Les débuts de Maître Jean-Jacques, dans le Cantal

Votre chaîne YouTube est relativement récente, même pas un an à la date de cette interview. Vous avez fait quoi pendant tout ce temps ?

J’ai commencé mes premières vidéos estampillées « Maître Jean-Jacques » pas mal de temps après. Il me fallait d’abord m’entraîner. Heureusement, ma couverture d’animateur puis directeur d’accueil de loisirs m’a permis de progresser dans le domaine de la vidéo. J’ai fait pas mal d’animations avec les jeunes : tout en leur montrant les coulisses d’un film (storyboard, montage), je devenais moi-même plus efficace. Quand je me suis senti prêt, j’ai pris un concept d’émission facile à faire, le « let’s play » et je l’ai adapté. Le Dojo Virtuel de Maître Jean-Jacques était né, et le Cri du Troll m’a autorisé à squatter sa chaîne YouTube, dans un premier temps. J’ai créé ma chaîne YouTube peu après, quand j’ai eu envie de faire plus de choses, notamment les Bushi no Jidaï.

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https://www.youtube.com/watch?v=2SVqU5JLBC4&

Pour le moment, vos vidéos sont à quelques centaines de vues. A quand du gros putaclic pour brasser l’argent des abonnés ?

Bien sûr, j’aimerais que mes vidéos fassent péter les compteurs de vues, mais pas pour des raisons pécuniaires. D’ailleurs, je n’ai pas monétisé mes vidéos : je n’aime pas le concept de me faire rémunérer par de la pub, moi qui peste et rage à longueur de temps contre ces vampires. J’ai délaissé la télévision justement pour échapper à ça, ce n’est pas pour la retrouver sur le net, et encore moins l’imposer aux autres ! De nos jours, la publicité est partout. J’ai travaillé mes vidéos en choisissant de magnifiques estampes, je les ai agrémentées de musique traditionnelle japonaise, ce n’est pas pour qu’Electronic Arts dégueule en cours de route un spot sur son dernier shooter triple-A. Je crois pourtant que je n’ai pas pu y couper sur certaines de mes vidéos, parce qu’il s’y trouve de la musique protégée par des droits d’auteur. Dans ce cas-là, n’ayez pas peur d’utiliser Adblock. C’est pas moi qui irai chouiner.

Quel matériel utilisez-vous ?

Je reste très modeste à ce niveau-là. Je me filme avec un appareil photo Canon, l’une des entrées de gamme HD, et un micro zoom H1 pour le son. Niveau logiciel, que du gratos : Windows Live Movie Maker (et oui) en montage et Audacity pour retoucher un peu le son. Pour ce dernier, je ne l’utilise que très récemment, vous l’aurez surement remarqué tant le son sur mes premières vidéos est… disons… « expérimental ».

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Vous avez traité de cinq samouraïs déjà, et en avez évoqué pas mal d’autres. Lequel d’entre eux vous semble le plus intéressant ?

Toyotomi Hideyoshi, le deuxième unificateur du Japon, sans aucune hésitation. Voir un gars du peuple complètement paumé se retrouver à la tête du pays, et finir de l’unifier par la même occasion, c’est quand même assez extraordinaire. Quand je serai prêt et que je m’en sentirai capable, je ferai une trilogie de vidéos sur Oda Nobunaga, Toyotomi Hideyoshi et Tokugawa Ieyasu, les trois unificateurs du Japon.

Un petit déjeuner de champion !

 Une idée du futur de votre chaîne ?

Et bien je vais continuer à l’alimenter, tout bonnement. J’ai créé « Yokai no Jidai », qui parle des créatures du folklore nippon. C’est un programme très court, deux trois minutes à peine, qui est complémentaire de Bushi no Jidai, un peu plus long, et des playlists de musique traditionnelle que j’ai uploadées. La chaîne « Maître Jean-Jacques » commence à ressembler à ce que je voulais, donc je suis assez content.

Je cherche des partenaires sur Facebook pour lui donner un peu de visibilité. Le blog fascinant Japon  a déjà implémenté le premier Bushi ni Jidai sur sa page Facebook : elle a tout de même récolté plus de 5000 vues et a atteint presque 100 partages ! Pour cela, je le remercie encore. J’espère avoir d’autres opportunités de ce type.

Un dernier mot pour la fin ?

Merci à tous les disciples qui se sont abonnés, autant à la page facebook qu’à la chaîne youtube. Je vous fais de gros poutous encagoulés et je vous dis à bientôt pour de nouvelles vidéos !

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