Xiaomi copie Tesla… mais en pire : pertes record alors que les ventes explosent
Xiaomi, le géant chinois connu pour ses smartphones et son écosystème connecté, traverse une phase paradoxale dans son aventure automobile. Malgré des livraisons en forte hausse et un modèle phare qui franchit un cap symbolique, la division véhicules électriques affiche des pertes opérationnelles pour le deuxième trimestre consécutif. Ce contraste met en lumière les défis d’une expansion rapide dans un marché ultra-compétitif.
Des livraisons en hausse mais des marges sous pression
Au deuxième trimestre 2026, la branche « nouvelles initiatives » de Xiaomi, qui englobe les voitures électriques et l’intelligence artificielle, a enregistré une perte opérationnelle de 2,6 milliards de yuans, soit environ 340 millions d’euros. Ce chiffre suit une première perte de 3,1 milliards de yuans au trimestre précédent. Les livraisons ont pourtant progressé de 28,2 % pour atteindre 104 199 véhicules, et la SU7 a dépassé les 500 000 exemplaires cumulés en moins de trois ans. La marge brute a chuté à 19,2 % contre 26,4 % un an plus tôt, principalement en raison d’un prix moyen de vente en baisse de 9,6 % à 229 312 yuans. Ce mix produit défavorable, avec moins de livraisons du modèle haut de gamme Ultra, pèse lourd sur la rentabilité.
Investissements massifs et guerre des prix en Chine
Xiaomi investit lourdement pour construire son outil industriel et sa recherche, avec 2,4 milliards de yuans alloués à la production et une hausse de 18,9 % des dépenses en R&D à 9,2 milliards. Face à des concurrents comme BYD ou NIO qui pratiquent des baisses de prix agressives, la marque adopte une stratégie similaire à celle qui a fait son succès dans les smartphones : sacrifier temporairement les marges pour gagner des parts de marché. Ce pari, inspiré par l’histoire de Tesla, s’accompagne d’un recul du bénéfice global du groupe Xiaomi de 42,6 % au trimestre. Les coûts de composants et la fin de certaines subventions en Chine accentuent la compression des marges.
Hybrides à prolongateur et ambitions européennes pour l’avenir
Pour inverser la tendance, Xiaomi mise sur sa nouvelle gamme Sky Nomad, deux SUV à prolongateur d’autonomie (EREV) dévoilés en juillet. Ces modèles combinent une motorisation électrique avec un petit moteur thermique qui agit comme générateur, offrant jusqu’à 1 705 km d’autonomie cumulée selon le cycle CLTC et des tarifs attractifs dès 259 900 yuans. L’objectif de 550 000 livraisons pour 2026 repose en partie sur ces véhicules spacieux et polyvalents. Parallèlement, l’Europe représente un levier de croissance : un lancement est prévu en 2027, avec un centre de R&D à Munich pour adapter les modèles aux normes locales et une communication axée sur des performances record. Si ces initiatives tiennent leurs promesses, l’équation financière pourrait redevenir viable pour la division automobile.






