Chery envahit l’Angleterre : Nissan vend son âme aux Chinois pour survivre…

Le groupe chinois Chery, récemment implanté en France, examine sérieusement l’option de produire ses véhicules directement sur le sol britannique. L’usine historique de Nissan à Sunderland pourrait ainsi accueillir ses chaînes d’assemblage, une manœuvre qui s’inscrit dans une stratégie plus large pour s’imposer durablement sur le marché européen.
Un accord non contraignant aux implications majeures
Les deux groupes ont signé un protocole d’entente qui autorise l’étude d’une fabrication sous contrat. Nissan conserverait l’intégralité de la propriété du site tout en ouvrant potentiellement sa première ligne de production aux modèles Chery dès l’exercice fiscal 2027. Cette formule permet au constructeur japonais de rationaliser son outil industriel sans céder le contrôle de ses installations, contrairement à certaines opérations récentes menées par d’autres marques européennes.
Le boom des constructeurs chinois et les défis tarifaires
Les marques originaires de Chine ont vu leur part de marché progresser fortement en Europe, passant d’environ 3 % à plus de 6 % sur les premiers mois de 2026 dans l’Union européenne selon les données ACEA. Les droits de douane élevés applicables aux véhicules électriques importés de Chine poussent pourtant ces acteurs à relocaliser leur production. L’accord avec Nissan s’inscrit précisément dans cette logique : assembler localement thermiques, hybrides et électriques pour contourner ces barrières tout en maintenant des prix compétitifs.
Une bouffée d’air pour le site de Sunderland
Avec environ 6 000 salariés et une production de 273 000 unités en 2025 contre une capacité de 500 000 à 600 000 véhicules, l’usine britannique tourne actuellement au ralenti. Accueillir Chery sur une ligne dédiée permettrait d’augmenter l’occupation des chaînes tout en sécurisant l’emploi. Parmi les modèles susceptibles d’être assemblés figure le Jaecoo 7, qui a déjà conquis le public britannique en devenant le véhicule le plus immatriculé du pays en mars 2026 avec plus de 10 000 unités, majoritairement en version hybride rechargeable.
Les discussions se poursuivent et aucun détail supplémentaire n’a été communiqué à ce stade. Ce rapprochement illustre néanmoins une tendance de fond : les constructeurs traditionnels européens ouvrent progressivement leurs portes à leurs concurrents chinois pour mutualiser des capacités existantes plutôt que d’investir dans de nouvelles usines coûteuses.






