McConaughey a appris le banjo et la mandoline pour ce film…

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Après une pause de plusieurs années loin des plateaux, Matthew McConaughey reprend du service dans Oklahoma Honey. L’acteur texan campe un apiculteur et musicien bluegrass au cœur de l’Oklahoma rural. Le film d’Andrew Patterson démarre comme un récit lumineux avant de basculer sans prévenir dans un polar vengeur collant. Un objet unique qui se déguste autant qu’il se regarde, entre douceur du miel et fureur des hommes.

McConaughey, les abeilles vraies et la nonchalance retrouvée

Une image reste gravée : des essaims d’abeilles recouvrent le bras nu de l’acteur, formant comme un gant vivant qui s’agite jusqu’au coude. McConaughey reste calme, un sourire tranquille aux lèvres. Cette scène intrigue par sa réalisation. En réalité, toutes les abeilles sont authentiques. Pendant les préparatifs, l’acteur a découvert une allergie sévère aux piqûres, son visage gonflé au point de perdre une partie de sa vision périphérique. Malgré cela, la séquence avec la reine tenue entre les doigts a été tournée en dernier. Après six ans d’absence des rôles live-action, McConaughey retrouve cette nonchalance unique, ce débit traînant parfait pour des discussions improvisées autour d’un repas communautaire.

Amziah King dirige la meilleure miellerie du comté, joue de la mandoline et chapeaute un groupe de bluegrass composé de personnages attachants. Il règne avec bienveillance sur sa communauté rurale. Le Texan prête à ce rôle une présence débonnaire qui manquait au cinéma. On avait oublié à quel point cet interprète peut être génial dans ce registre.

Du miel doré à la vengeance sanglante

Les premiers instants baignent dans une lumière chaude exceptionnelle. Kateri, incarnée par Angelina LookingGlass dans ce qui s’impose comme une révélation d’une justesse saisissante, réapparaît après des années. L’ancien tuteur l’initie aux abeilles, au miel et aux non-dits de la communauté. Des sessions musicales improvisées en cuisine, des repas partagés avec les voisins, l’apprentissage du chant en groupe. Patterson réussit à filmer l’ivresse des moments ordinaires passés ensemble, une rareté à l’écran.

Puis le ton change. Des ruches disparaissent, le récit pastoral mute en thriller de revanche. Kateri reprend le relais de son mentor et affronte une galerie de vilains, avec un Kurt Russell particulièrement savoureux en businessman cupide. Les événements s’assombrissent, le rythme s’accélère, mais on reste dans cette veine de légende du Sud où chaque aventure s’enjolive jusqu’à dépasser la réalité. Récupérer les ruches implique une expédition en forêt, un radeau improvisé et une rivière dangereuse. Ici, rien n’est mesuré, chaque élément grandit jusqu’à la légende.

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Patterson, un cinéaste qui compose sans filet

Andrew Patterson, originaire de l’Oklahoma, avait déjà bluffé avec The Vast of Night et son plan-séquence vertigineux à travers une ville endormie. Ici, il s’autorise davantage d’ampleur et de folie, avec une histoire impossible à ranger dans une case. Fable rurale, comédie musicale des champs, polar à la Terrence Malick ? Mieux vaut lâcher l’idée d’intrigue classique et l’aborder comme un disque de country où chaque piste raconte sa vie, tantôt rayonnante, tantôt déchirante, sans jamais perdre la tonalité d’ensemble. Le réalisateur ne suit pas un fil narratif traditionnel mais construit une playlist visuelle.

Il ignore la peur du ridicule, de l’émotion brute ou de l’ampleur. Le long-métrage, d’une durée de 131 minutes, a été ovationné à sa première au festival SXSW en 2025 et récolte 90 % de critiques positives. Le spectateur quitte la salle un peu sonné, le goût du miel persistant, une mélodie collée dans la tête.

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