American Horror Story : Trick or Treat ?

Halloween est là ! Et bien que ce soit une fête très américaine (bien que d’inspiration païenne Vieux Continent), on a quand même tendance à aimer se faire un peu peur en ce jour. On se blottit sur le canapé et on sort les films qui nous font frissonner, on se fait un marathon Vendredi 13 ou Saw. Mais le cinéma n’est pas le seul à savoir jouer sur nos peurs, la télé et les séries peuvent être très bonnes aussi. On pense bien sûr aux Contes de la Crypte ou encore l’excellent Masters of Horror. Aujourd’hui je veux vous parler d’une série plus récente qui possède son lot de qualités mais aussi de défauts : American Horror Story

Six salles, six ambiances

Débutée en en 2011 sur la chaine du câble FX aux États-Unis (je dois avouer que je n’ai absolument aucune idée sur quelle chaîne elle est diffusée en France, voire même si c’est le cas), American Horror Story (AHS) est créée et produite par Ryan Murphy et Brad Falchuk, déjà à l’origine de Nip/Tuck et de Glee (deux séries déjà tellement différentes). Avec ces trois là auxquelles on peut rajouter les petites dernières – Scream Queens et American Crime Story – on peut se dire que Murphy et Falchuk ont de la ressource quand il s’agit de nous emmener dans des univers glauques et dérangeants.

Mais revenons à AHS. L’horreur au cinéma ou à la télévision n’est pas un genre monolithique. Bien au contraire. Tout comme on peut trouver différents types de SF (du space opera au cyberpunk), on trouve également toute une déclinaison du genre horrifique. On peut ainsi décrire pêle-mêle les films de monstres, qu’ils soient empruntés à la littérature (les vieux films de la Hammer, Dracula, Frankenstein…) ou naturels (Piranhas, les Dents de la mer), les slasher avec leur tueurs invincibles (Halloween, Vendredi 13), l’horreur SF (Alien, The Thing), le film de zombie (tout Romero, 28 jours plus tard) ou des genres plus récents tel que le found footage (le projet Blair Witch, Paranormal Activity) ou le torture porn (Hostel, Saw) voire même la comédie (Evil Dead 3, Shaun of the Dead) et j’en oublie. Le point commun de tout ça ? Faire peur, nous faire sursauter, jouer avec nos angoisses, nous mettre mal à l’aise. Et ça, une série comme AHS l’a bien compris.

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C’est LA particularité principale de la série : elle est construite comme une anthologie du genre horrifique. Dans les faits ça veut dire qu’il est difficile de résumer la série car chaque saison est indépendante, explorant certains thèmes particuliers du genre avec des personnages, une époque (parfois inspirée d’évènements réels), une ambiance et un lieu différents. Je peux quand même vous faire un bref récap de chaque saison :

  • Saison 1 – Murder House : dans les années 2000, la famille Harmon, qui essaye de se reconstruire, emménage dans une vieille maison à Los Angeles ignorant que celle-ci est déjà occupée par des esprits. La première saison joue clairement sur le principe de la maison hantée et des fantômes en général. Si vous aimez Shining ou Amityville.

  • Saison 2 – Asylum : dans les années 60, Kit Walker, suspecté d’être un tueur en série local est interné dans l’asile psychiatrique de Briarcliff dirigé par la Sœur Jude. Mais l’asile en lui même cache bien des secrets et se retrouve au centre d’évènements surnaturels. Clairement ma saison préférée avec une ambiance bien malsaine. On y aborde à la fois les tueurs en série gores et le Diable. Si vous aimez l’Exorciste ou les tueurs en série et les trucs sur la folie en général.

  • Saison 3 – Coven : 300 ans après les procès de Salem, les sorcières sont de nouveaux menacées par d’étranges agressions. Regroupées au sein d’une école à la Nouvelle Orléans, les dernières survivantes tentent de maîtriser leurs pouvoirs sous l’égide de la froide sorcière Suprême. A l’inverse de la saison 2, c’est la saison sur laquelle j’ai le moins accroché. On y aborde néanmoins plein de thèmes intéressants sur la sorcellerie (merci Captain Obvious), le vaudou, la chasse au sorcière ou l’esclavagisme, le tout dans une sorte de Poudlard dégénéré. Si vous aimez Les Sorcières d’Eastwick, Dangereuse Alliance ou l’ambiance Nouvelle Orléans d’Angel Heart et des livres d’Anne Rice.

  • Saison 4 – Freak Show : en 1952, à Jupiter en Floride, les membres d’une des dernières « foires aux monstres » vont défendre leur droit d’exister face au monde extérieur qui ne les comprend pas. La saison est une référence évidente au film des années 30 Freaks de Tod Browning. On a une jolie galerie de personnages attachants et/ou détestables passant de la femme à barbe à « l’homme le plus fort du monde » ou les sœurs siamoises. Clairement une des saisons les plus glauques et dérangeantes notamment par l’absence de réels « monstres surnaturels » (renforçant l’horreur de ce qu’on nous montre. Mention spéciale au Clown. Si vous aimez Freaks, Balada Triste ou Ça (et David Bowie).

  • Saison 5 – Hotel : à notre époque, l’inspecteur John Lowe se retrouve à l’Hôtel Cortez en enquêtant sur une série de meurtres macabres. Celui-ci a été construit par le tueur James Patrick March et est à présent le domaine de la mystérieuse Comtesse (Lady Gaga, impeccable dans le rôle). Très bonne saison également. on retrouve un peu le thème maison hantée mais développé différemment (grosse inspiration Shining quand même). A noter pour la première fois l’introduction du thème du vampire. Si vous aimez Shining, Seven, les vampires décadents et Lady Gaga.

  • Saison 6 – Roanoke : la dernière saison a juste débuté au mois de septembre et est encore en cours. Je vais donc éviter de spoiler mais de ce que j’ai pu en voir, celle-ci adopte un format très différent des saisons passées. A voir comment ça finit. Juste pour la petite histoire, Roanoke fait référence à la première tentative anglaise d’établir une colonie en Amérique sur l’île de Roanoke en Caroline du Nord. La colonie disparut sans laisser de trace si ce n’est le mot Croatoan inscrit sur un poteau (grosse ambiance).

« Moi j’suis dans l’horreur, et c’est un bordel ! »

La série a cependant une autre particularité. Malgré des thèmes et des histoires différentes, la majorité des acteurs sont récurrents. On les retrouve donc d’une année à l’autre mais dans des rôles qui peuvent être diamétralement opposés. Au fil des 5 saisons, trois acteurs ont joués dans toutes : Evan Peters, Lyli Rabe et Sarah Paulson. Ça peut parfois dérouter notamment les premiers épisodes (le temps de se mettre dans l’ambiance) mais ça crée en même temps une certaine forme d’unité. Et il est difficile de parler des acteurs de la série sans évoquer Jessica Lange. Grande actrice d’Hollywood, révélée dans le King Kong des année 70, multi-primée (2 Oscars, des Emmys et des Golden Globes…), elle ne devait à l’origine ne jouer qu’un des rôles secondaires de la saison 1. Ryan Murphy, en grand fan, changea néanmoins le script pour en faire un personnage plus important. A la suite du succès de Murder House, Jessica Lange revint dans les saisons suivantes, interprétant à chaque fois un rôle différent mais un des personnages centraux. Et à chaque fois dans une interprétation impeccable. La série a ainsi presque une image de déclaration d’amour par Ryan Murphy au jeu de l’actrice. De fait, il est difficile de penser à American Horror Story sans penser à Jessica Lange. Celle-ci arrêta néanmoins sa participation à la fin de Freak Show et Lady Gaga fut choisie pour lui succéder.

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La série a quand même un défaut majeur qu’elle n’arrive pas à corriger. Et je pense que ce défaut vient des deux particularités que j’ai décrites – une histoire différente par saison et un casting récurrent. La série souffre parfois d’un immense côté bordélique. En fait, on peut retrouver un schéma au fil de chaque saison : 1) « Ah c’est cool le thème cette saison, ça va le faire. », 2) « Holà ça commence à faire plein d’intrigues quand même. », 3) « OK je comprends plus rien. Pourquoi ils font ça, pourquoi le rythme est lent et les persos se comportent différemment », 4) « Ah OK ça voulait aller là. Bon c’était pas si mal, j’espère que l’année prochaine ça sera plus fluide ». Du coup chaque saison a une forme de ventre mou en plein milieu, un moment où on décroche un peu. La faute à vouloir mettre trop de personnages et développer trop d’intrigues. La faute à vouloir jouer sur plusieurs sous-genres de l’horreur. C’est plus visible sur certaines saisons que sur d’autre mais c’est, malheureusement toujours un peu là. Mais je pense que ça vaut le coup d’arriver à passer ce petit moment de flottement car la série dans son ensemble est tellement riche dans son approche et ses univers et dans sa capacité de te mettre mal à l’aise.

Des bisous du clown de Freak Show

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Personnellement, vous l’aurez bien compris, je suis assez fan d’American Horror Story. L’intérêt d’avoir des saisons indépendantes est que ça se renouvelle d’année en année. Rien ne vous oblige donc à suivre une saison à laquelle vous n’accrochez pas (même si voir le rôle d’un acteur récurrent d’une saison à l’autre est cool). C’est vraiment la série parfaite à regarder pour Halloween si on veut se mettre dans l’ambiance. Seul bémol : le caractère un peu décousu de chaque saison qui en arrive à gâcher un peu l’histoire, juste parce que d’un seul coup on comprend pas où ils veulent en venir.

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On se quitte avec une petite compilation des génériques des cinq saisons d’American Horror Story, dans le genre bien creepy. Bon Halloween à tous !

https://www.youtube.com/watch?v=Ziw1bIb5vp0

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