« Ce ne sont pas des robots tueurs » : l’armée française se défend sur ses machines de combat

La France mise sur l’intelligence artificielle pour transformer son infanterie. Loin des laboratoires de science-fiction, un projet concret prend forme en Bretagne et vise à doter les forces d’une unité combattante composée de robots coordonnés par l’IA.
Genèse et ambitions du projet
Installée à Bruz près de Rennes, l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (AMIAD) pilote ce chantier depuis le printemps 2025. Lancée en 2024, l’agence regroupe experts civils et militaires pour développer des solutions souveraines. Le projet Pendragon s’inscrit dans la loi de programmation militaire 2024-2030 et associe l’AMIAD au Commandement du combat futur. L’objectif principal : concevoir une unité robotique capable de reproduire les effets d’une compagnie d’infanterie classique, soit environ 150 soldats, grâce à une vingtaine de plateformes terrestres et aériennes qui coopèrent en autonomie, supervisées par un seul opérateur et appuyées par une trentaine de drones.
Calendrier et financements récents
Une première version opérationnelle est attendue pour mi-mai 2027. Des démonstrations ont déjà eu lieu sur les camps de Saint-Cyr Coëtquidan afin d’évaluer les progrès en conditions réelles. En juin, le projet a reçu un complément de 200 millions d’euros pour accélérer les phases de test et d’intégration. Ces investissements s’ajoutent aux efforts de recrutement de l’AMIAD, qui vise 300 agents d’ici fin 2026 afin de renforcer les équipes techniques.
Vers une armée de Terre augmentée
Pendragon préfigure un changement majeur dans la manière de concevoir les engagements. En combinant robotique et IA, l’armée française cherche à réduire l’exposition des soldats tout en maintenant une capacité de feu et de manœuvre élevée. Les plateformes autonomes pourraient exécuter des missions tactiques dans un cadre strictement défini, sous supervision humaine. Ce type d’innovation s’aligne avec les stratégies européennes de défense et positionne la France parmi les acteurs les plus avancés dans la robotisation du champ de bataille terrestre. Les retours des essais actuels permettront d’ajuster les algorithmes et les interfaces de commande avant la livraison prévue.





