Feuilletons sous cocaïne : les séries d’une minute qui dévorent ton cerveau (et hollywood)
T’es là, tranquille, à scroller sur ton téléphone en attendant ton bus, et puis tu tombes dessus. Une histoire de milliardaire qui tombe amoureux de sa femme de ménage. C’est mal joué, l’intrigue est téléphonée, mais chaque épisode d’une minute se termine sur un cliffhanger insoutenable. Dix minutes plus tard, t’as dévoré dix épisodes et tu sors ta carte bleue pour voir la suite. Bravo, tu viens de tomber dans le piège des drames verticaux.
Oublie Netflix et ses saisons qui mettent trois ans à arriver. La nouvelle tendance qui secoue Hollywood, ce sont ces micro-séries calibrées pour TikTok, régies par des algorithmes et conçues pour être « bouffées comme des chips ».
L’art de la série version fast-food
Le concept, né en Chine sous le nom de « duanjus », est d’une simplicité diabolique : des épisodes de 60 secondes, tournés à la verticale pour ton smartphone, avec des rebondissements toutes les 15 secondes pour ne jamais lâcher ton attention. Le tout servi par des plateformes comme ReelShort ou DramaBox qui ont flairé le filon.
Et quel filon ! On parle d’une industrie qui pèse déjà huit milliards de dollars. Pour ce prix, tu as droit à des intrigues qui feraient passer les telenovelas pour des œuvres d’art : « Papa PDG gâte tendrement sa femme » ou « Tomber amoureuse du père sexy de mon ex ». Oui, tu as bien lu. C’est souvent kitsch, les acteurs jouent comme dans une pub pour portes de garage, et les scénarios flirtent avec la « dark romance » en glorifiant des relations bien toxiques.
Le secret de cette rentabilité ? Des tournages bouclés en cinq jours, des budgets dérisoires, et une bonne dose d’intelligence artificielle pour pondre des scripts à la chaîne. On est loin des standards de HBO, mais l’objectif n’est pas de rivaliser avec House of the Dragon, mais plutôt avec la dernière trend de danse sur TikTok.
Ce modèle, qualifié de « feuilleton sous cocaïne » par un producteur, est en train de tout renverser. Hollywood, affaibli par les grèves, voit ce format comme une nouvelle poule aux œufs d’or. Résultat, les auditions pour ces séries pullulent à Los Angeles, offrant du travail à des milliers de techniciens et d’acteurs laissés sur le carreau.
Le phénomène est massif, et ce n’est que le début. La Chine n’exporte plus seulement des applications, mais une nouvelle façon de raconter des histoires. Des récits optimisés pour l’ère du swipe, qui transforment chaque seconde de ton temps d’attention en cash. Reste à savoir si cette fiction du futur aura encore une âme.
En tant que passionnés, on peut quand même voir ça comme le combat final entre la grande cuisine narrative et le Big Mac du scénario. Ces formats cartonnent, mais rien ne remplacera jamais le soin apporté à l’écriture, à la réalisation et au jeu d’acteur qui font les grandes séries. Exigeons des histoires qui nous retournent le cerveau, pas des vidéos qui le consument.
J’avais pas capté que ces séries pesaient déjà 8 milliards, ça fait flipper le côté usine à cash…
Grave, ça tourne à l’usine et le cash coule à flots, c’est flippant ouais
J’ai halluciné sur les tournages en 5 jours chrono, c’est juste dingue niveau productivité ou cheap ?
8 milliards de dollars pour ces séries d’une minute ? Jamais j’aurais cru que ça valait autant… ça fait flipper pour la qualité du contenu.