Netflix te prend pour un poisson rouge et voici pourquoi ils ont raison

Avoue-le, toi aussi, tu le fais. Tu lances le dernier épisode de ta série préférée, ton regard est captivé… pendant 45 secondes. Puis, sans même t’en rendre compte, ta main a chopé ton smartphone. Te voilà en train de scroller sur les réseaux, de répondre à un message, tout en gardant une oreille à moitié attentive sur ce qui se passe à l’écran. Tu relèves la tête et là, c’est le drame : tu es complètement largué. Et si je te disais que tout ça, c’était prévu ? Pire, que les plateformes comme Netflix encouragent activement ce comportement ?

La bombe lâchée par Matt Damon

Le pot aux roses a été révélé par une icône qu’on n’attendait pas : Matt Damon. En promo pour son film d’action sur Netflix, l’acteur a expliqué sans filtre sur le podcast de Joe Rogan comment les géants du streaming ont totalement changé la manière de raconter une histoire. Oublie la structure classique d’un film, avec sa montée en puissance progressive jusqu’au grand final. C’est trop lent pour nos cerveaux de zappeurs.

D’après Matt Damon, la nouvelle règle d’or est simple : il faut une grosse scène d’action dans les cinq premières minutes. Le but ? T’accrocher direct, avant que ton pouce ne lance une partie de je-ne-sais-quel jeu mobile. Mais le plus fou, c’est la suite. Les scénaristes ont désormais pour consigne de répéter les éléments clés de l’intrigue trois ou quatre fois dans les dialogues. Oui, tu as bien lu. Ils partent du principe que tu n’écoutes pas et te refont le topo pour que tu puisses suivre en levant les yeux de ton téléphone de temps en temps.

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L’avènement du « visionnage distrait »

Ce phénomène porte un nom : le « visionnage distrait » ou « second screen viewing ». L’idée est que le contenu doit être suffisamment simple pour être compris même si tu es en train de faire autre chose. C’est presque un podcast en images. Les producteurs de séries pour Netflix l’ont confirmé : on leur demande une écriture qui « montre et raconte » en même temps. Le personnage est triste ? Il va te le dire : « Je suis triste », pendant qu’une musique larmoyante se lance et que la pluie tombe. Aucune place pour la subtilité, il faut que l’info soit sur-expliquée, martelée, pour qu’elle pénètre ton cortex surchargé de notifications.

Cette stratégie a des conséquences directes sur ce que nous regardons. Les saisons de séries se sont raccourcies, passant souvent de plus de vingt épisodes à moins de dix. Les intrigues se simplifient, les dialogues deviennent ultra-explicatifs et la place pour l’interprétation du spectateur se réduit comme peau de chagrin. L’objectif n’est plus de créer une œuvre d’art exigeante, mais un « contenu » digestible, facile à consommer, qui t’empêchera juste assez de changer de plateforme.

Alors, on se retrouve dans un cercle vicieux. Nos habitudes de consommation, façonnées par les smartphones, poussent les créateurs à simplifier leurs œuvres. Et cette simplicité, à son tour, nous conforte dans notre comportement multitâche. La prochaine fois que tu te surprendras à scroller pendant un film, ne t’en veux pas trop. Après tout, il a probablement été écrit pour ça.

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3 commentaires

  1. C’est dingue ce chiffre des 3-4 répétitions des infos clés, j’avais jamais fait gaffe à ça en regardant.

  2. Ce truc de répéter l’intrigue 3-4 fois c’est dingue. Ça explique pourquoi je pige plus rien sans mon tel à côté.

  3. Matt Damon qui dit que les scènes d’action doivent débarquer en 5 min, c’est exactement ce que je remarque dans les dernières séries que je matte.

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