Oublie les blockbusters, la vraie claque de l’année vient du Liban

On va se dire les choses : t’en as peut-être un peu marre des suites, des reboots et des univers étendus qui se ressemblent tous. Tu cherches la pépite, le truc qui sort des sentiers battus et qui te met une vraie claque. Alors assieds-toi, et laisse-moi te parler de « Home Bitter Home », une série de courts-métrages qui risque de redéfinir ta notion de l’urgence créative.

« Home Bitter Home », c’est quoi ce nouveau drama ?

Oublie les productions Netflix calibrées au millimètre. « Home Bitter Home » est une anthologie de cinq courts-métrages, une œuvre collaborative dirigée par le réalisateur Georges Hachem. Le concept ? Suivre cinq artistes libanais, la trentaine, en pleine crise. Mais attention, on ne parle pas de la petite crise existentielle de fin de mois. On parle de créer quand ton monde s’effondre littéralement.

Chaque film est un portrait intime, une plongée dans les galères personnelles et artistiques de ces créatifs, des visages peu connus du grand public. Leurs histoires sont inextricablement liées à la situation explosive du Liban. C’est une voix nouvelle, personnelle, qui explore un thème quasi absent de nos radars pop culture : comment devient-on un artiste quand son pays est en mode survie ?

Un tournage en mode « Expert Level »

Pour comprendre la force de « Home Bitter Home », il faut capter le contexte. Le Liban n’est pas juste un décor, c’est un personnage à part entière, et un personnage qui a salement morflé. Imagine un peu le tableau : une révolution populaire en 2019, une pandémie mondiale, une explosion apocalyptique dans le port de Beyrouth en 2020 qui a tout ravagé, et une crise économique si violente que la monnaie locale a perdu 95 % de sa valeur. Comme le titrait un article du Monde, là-bas, les artistes doivent littéralement « danser sur un volcan ».

Dans ces conditions précaires, beaucoup de jeunes cinéastes s’adaptent avec les moyens du bord, en utilisant des techniques peu coûteuses comme la vidéo, donnant naissance à une scène artistique bouillonnante et ultra-créative. C’est cette énergie du désespoir, cette résilience incroyable, que le projet capture.

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Plus intense qu’un scénario post-apo

Le cinéma libanais a toujours été le miroir de ses crises. Des cinéastes comme Joana Hadjithomas ou Khalil Joreige documentent et s’inspirent de ce chaos depuis des années. Mais ici, l’approche est différente, plus intime. La série aborde de front l’éternel dilemme de la jeunesse libanaise, un sujet que Courrier International décrivait comme une question qui « imprègne les générations » : partir ou rester ?

« Home Bitter Home » ne te montrera pas de supers-héros sauvant le monde. Il te montrera des héros du quotidien qui tentent de sauver leur art et leur âme. Ces artistes, souvent confrontés à l’exil, se réinventent pour continuer à créer, pour partager des films et, surtout, pour retrouver les espaces culturels et créatifs perdus dans les décombres. C’est le reflet d’une jeunesse qui refuse de se laisser réduire au silence.

Alors oui, « Home Bitter Home », présenté au festival de Rotterdam, n’a ni dragons ni sabres laser. Mais il possède une chose devenue bien plus rare et précieuse : une authenticité à vif. Il te montre la puissance brute de la création face à l’adversité. Et finalement, c’est peut-être ça, le plus grand des super-pouvoirs.

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2 commentaires

  1. La perte de 95 % de la valeur de la monnaie, c’est juste inimaginable… comment garder la créativité là-dedans ?

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