Luke Cage : Sweet Christmas !

Grand fan des séries Marvel devant l’éternel que je suis, voici que déboulait sur Netflix pour mon plus grand plaisir en ce 30 Septembre, Luke Cage, le personnage de super héros indestructible que l’on avait déjà aperçu dans Jessica Jones. Et BIM, grosse baffe dans ma gueule après seulement un épisode, mandale décollée avec plaisir par un Luke au charisme impalpable et à la force tranquille.


Luke Cage
se déroule quelques mois après les évènements contés dans Jessica Jones. Luke est reparti se planquer et faire profil bas à Harlem auprès de Pop, le bon Samaritain du quartier respecté par tous, qu’ils soient hommes politique, voyous ou gangstas purs et durs. Notre héros se voit malheureusement obligé de sortir de sa retraite et de sa planque, alors qu’Harlem se transforme en champ de bataille, réel tout autant qu’idéologique. Rien que du très classique me direz vous.

Mais toute la différence se trouve dans le traitement. Et dans nos personnages. On a ici limite affaire à une série hommage à la blaxploitation (90% des acteurs et des personnages font partie de minorités), et on en retrouve bon nombre d’éléments avec Luke, qui a un charme et un swagg qui ne sont pas sans rappeler un certain Shaft.
Face à lui, le villain Cottonmouth brille à vous en faire péter la rétine, un méchant charismatique à souhait, avec le rire et les accès de colère faciles. A ses cotés, Shades, sorte de Philippe Manoeuvre du crime avec la classe en plus, brille par sa discrétion et son attitude très posé, plus machiavélique (au sens littéral) et calculatrice. Le véritable animal à sang-froid du show, c’est lui.

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Shades et Cottonmouth, en train de prévoir un sale coup.

Sans oublier les nombreux personnages féminins réussis (en même temps, passer après Jessica Jones pour nous servir des pimbêches ç’aurait été péché !), que ce soit Misty, l’inspectrice aux super pouvoirs de déduction, ou encore Mariah Dillard, cousine de Cottonmouth et politicienne véreuse. Ah oui, et Rosario Dawson est de retour dans le rôle de Claire aussi. Et ça, ça n’a pas de prix.

Au niveau de la réalisation, les séries Marvel nous ont habitués à un jeu fort sur les couleurs et la lumière, Luke Cage s’occupe des chromatiques allant du jaune au rouge, avec beaucoup de nuances de bruns. La photographie et les jeux d’ombres et de lumières sont superbes, et Harlem n’en devient que plus belle et vivante. Rajoutez à ça du bon gros son hip-hop ou funky, et vous êtes parfaitement dans l’ambiance pendant que Luke défenestre des thugs avec une nonchalance qui ne pourra que vous tirer un sourire en coin.

Bon mais c’est déjà très bien tout ça. Mais le mieux c’est toute la portée symbolique de la série. De ce personnage de noir imperméable aux balles, qui refuse que quiconque le nomme un nègre (Nigga et Negro faisant partie du slang afro-américain, j’espère que je vous apprends rien) et qui se bat à visage découvert pour sa communauté, rappelant à plusieurs reprises l’importance de l’héritage qui parcourt Harlem.
Daredevil agit dans l’ombre, Jessica s’en fout, Luke agit aux yeux de tous pour mieux montrer qu’il n’a rien à cacher. Autant vous dire qu’avec les tensions raciales aux States en ce moment, je ne peux qu’effleurer l’impact que peut avoir cette série sur une communauté afro-américaine qui a un grand besoin d’espoir et de soutien. Et de héros.
Un show qui fait un bien fou à l’âme en fin de compte. Et que je ne peux que vous recommander chaudement.

 

Narfi

Narfi a été accueilli au sein du Cri malgré sa nature de troll des forêts du Périgord, une sous espèce cohabitant rarement avec ses cousins des plaines Limougeaudes (Petrocore constituant la seule exception connue des Trollologues) Crasseux et vulgaire, poète dans l'âme, il aime à rester au fond de la tanière pour lire des bédés et jouer sur son PC, insultant de sa bouche pleine de poulet frit tous ceux croisant son chemin dans les dédales des internets.