Ghost Stories : S.O.S. Fantômes chinois

Avec tous ces évènements au Cri du Troll, on en a presque oublié de faire un article sur Halloween ! Pour réparer cette erreur, le plus périgordin des Trolls que je suis vous propose un jeu de société dans le ton : Ghost Stories ! Et pour les mauvaises langues que j’entends déjà dire « Allez c’est Petrocore, ça va encore parler du Japon ! » Et ben pas du tout, alleeeeez, je vous ai bien eus ! Rien à voir ! Ça se passe en Chine !

boite

Nuits de Chine, Nuits câlines, Nuits de mort

Que renferme donc cette boîte aux promesses spectrales ? Un jeu coopératif (où on joue tous ensemble contre le jeu) dans une atmosphère de mythologie chinoise, grossièrement. Pour ceux qui connaissent, soit dit en passant, la principale influence du bazar est Histoire de Fantômes Chinois, un film hongkongais produit par Tsui Hark en 1987, qui est bien mais faut aimer le style. En ce sens, le jeu est déjà une réussite. La boîte, les dessins des tuiles et des cartes, les pions, les règles et les termes techniques sont empreints de cette imagerie ésotérique si particulière. De un, ça rafraîchit (on évite un 436ème jeu avec des zombis) et de deux, ça a tout de suite une identité très forte.

Pour ce qui est de la petite histoire, la voici : Il y a bien longtemps, le terrible Wu-Feng fut vaincu au prix de nombreux sacrifices. Ses cendres furent dissimulées dans le cimetière d’un petit village de l’Empire du Milieu. Les années passèrent et tous finirent par oublier ce terrible seigneur maléfique… Mais un beau jour, ou peut-être une nuit, un aigle no… euh je veux dire, une armée de créatures infernales entreprit d’encercler le village pour trouver l’urne funéraire de leur maître. Seuls les moines taoïstes, gardiens de la frontière entre le monde des vivants et celui des morts, seront à même de repousser cette vague monstrueuse avec l’aide des villageois.

cartesVoici quelques uns des fantômes que vous aurez à terrasser

Une fois que les joueurs auront poutré assez de fantômes, Wu-Feng vous fera l’honneur de se présenter à vous en tant qu’incarnation, c’est à dire juste une forme d’emprunt en attendant de pouvoir regagner ses pleins pouvoirs. Et bon sang, quand on voit à quel point il est déjà bien bien puissant rien que comme ça (testé et approuvé sur les pauvres petits Trolls que nous sommes), ça donne le ton !

L’art de la guerre

Je dis « pauvres petits Trolls » parce que Graour, Lazylumps, Nemarth et moi avons joué ensemble contre ce jeu, et nous avons pris très très cher. Pour faire clair : le jeu est dur. Nous sommes passés par trois phases. 1) La phase découverte : « OK j’ai buté ce fantôme, ça va, c’est pas trop dur. Ah mais il y a un fantôme qui pop par tour ? Mmmh faut faire gaffe à pas se faire submerger. » 2) La phase de soumission : « Fais voir ce qui vient d’apparaître ? Oh non mais sérieux ! Et il fait apparaître un autre fantôme en plus ? Mais il en vient de partout, c’est HORRIBLE ! » 3) La phase de désanussage intensif : « Ah voilà la carte de Wu-Feng. Voyons voir ce qu’elle fait… » Le reste appartient à l’Histoire…

Le village se compose de neuf tuiles, qui représentent chacune un lieu : le temple bouddhiste, le cimetière etc. où se trouvent des villageois. Ils pourront vous aider à moins que, à cause de votre incompétence à les protéger, leur demeure ne devienne hantée. A ce moment là, ils ne vous aideront plus (parce qu’ils auront fui). Rassurez-vous, il y a moyen de les faire revenir. Sur le coté du village se trouvent des petites plaques sur lesquelles apparaissent les fantômes. Certains vont progresser pour aller hanter le village, certains vont vous lancer des malédictions en mourant (représentées par un dé noir que vous allez bien vite appeler « ce putain de dé ») et les derniers vont juste s’amuser à squatter des emplacements pour vous faire perdre un max de points de chi. Dans tous les cas, vous allez galoper partout pour exorciser cette horde fantomatique, tels des marins essayant de colmater des brèches dans un bateau qui coule. Et quand l’incarnation de Wu-Feng débarque, alors là c’est la fête !

tuileUne charmante autochtone

Comme pas mal de jeux coopératifs, il va vous falloir vous répartir les tâches et beaucoup discuter sur qui fait quoi. Chaque pion de moine taoïste a sa petite spécialité qui fait la différence, cela permet à chaque joueur d’avoir son rôle à jouer dans la stratégie mise en place. Il est impossible de gagner en faisant chacun son petit truc dans son coin, et ce dans tous les niveaux de difficulté. De toute façon, ne vous faites pas d’illusions : les premières parties vont vous mettre à rude épreuve. Ghost Stories ne pardonne pas les erreurs, et il vous faudra bien assimiler les mécaniques du jeu pour réussir à contourner la part de hasard contenue dans les jets de dés. Notre premier reproche vint d’ailleurs de là en premier lieu : nous trouvions que les dés avaient une trop grosse place, et que la (mal)chance influait beaucoup trop sur nos stratégies. Mais nous nous ravisâmes bien vite, car Ghost Stories est en fait plus vicieux que cela : il existe de nombreux moyens d’arriver à ses fins sans tout remettre aux dés… Encore faut-il le savoir. Et encore faut-il oser, car le prix à payer pour les effets les plus puissants est toujours élevé.

plateauVoilà le matos !

bandeau17Ghost Stories est au final un excellent jeu, qui a tout plein d’atouts dans ses larges manches de mandarin. Déjà c’est un jeu de société coopératif, style de jeu que je trouve extrêmement sympathique, bien plus convivial que les jeux de confrontation (mais ça, c’est mon avis personnel, ma sensibilité propre t’vois). En plus de cela, il bénéficie d’une ambiance hors du commun et surtout, SURTOUT, il a une courbe de progression très intéressante. Toutes ses mécaniques à découvrir au fur et à mesure ainsi que ses niveaux de difficulté à gravir ensemble avec vos camarades de jeu promettent un challenge relevé loin d’être inintéressant.

Petrocore

Tout comme Narfi, Petrocore est issu de la sous-espèce des Trolls du Périgord (d'où son nom). Il se nourrit de tout ce qui passe à sa portée du moment que ça a été cuit dans de la graisse d'oie, voire de canard. Parce qu'il aime le gras, Petrocore est surtout versé dans la musique métal brutale et toutes sortes de produits faisant preuve d'un bourrinisme sans failles ou d'un humour pas fin.

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