La rédac' propose

La rédac’ propose : « j’assume » !

Les trolls osent tout tester, et nom d’une massue en bouleau, parfois, ils mastiquent quelque chose d’inmasticable et ils aiment ça. Pire, ils assument ! Damnation, ils en sont même parfois fiers !

Voici la sélection des indéfendables objets (parfois commerciaux, culturellement cradingues, souvent beaufs) qu’ils se font une joie de mettre en avant. C’est parti pour notre « la rédac assume » ! Ne nous jugez pas.

 

 Manau

Lazylumps

Le rap celtique, c’est fantastique.

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Qui n’a pas hurlé à la lune un « Dans la valléééééée » aviné loin au dessus des étoiles un soir de cuite ? Que le premier qui n’ait pas apprécié la justesse des paroles et la mélodie de L’avenir est un long passé me lance la première pierre celtique. Oui j’aime Manau, et j’ai aimé Manau. Mais je fais aussi parti de cette frange de la population des années 90 qui a … continué à suivre la discographie du groupe breton. Et qui a continué à l’apprécier après ce premier album qui sentait bon les binious et la nouveauté osée. Et puis Manau… Manau c’est des mecs qui s’en cognent, qui font ce qui leur plait sans prise de tête et qui nous emmènent dans leur délire ! Le tout avec beaucoup d’humour, chose que l’on ne trouve… pas (?) dans le rap.

Le rap de Martial Tricoche a longtemps bercé mes nuits enfantines et je lui en suis reconnaissant, car il m’a ouvert (mine de rien) à la musique celtique et aussi au rap en général. A la manière d’un MC Solaar, son rap « chill » m’a toujours envouté. Et je pense toujours que Manau a été précurseur et novateur, tout en proposant une musique coup de cœur d’une région que l’on voit trop souvent à travers le spectre dépassé des danses bigoudènes. Oui oui. J’assume fort, j’aime Manau !
Et pour la peine, je vous mets leur dernier single : Le chant du Coq.

 

 

 

 

Alien Theory

Dr Tyriel

I want to believe

Alien Theory

♫Musique ésotérique♫ « Des millions de gens du monde entier sont convaincus que les extraterrestres sont descendus sur Terre. Et si c’était vrai ? »

Chaque épisode d’Alien Theory (Ancient Aliens en VO) commence par cette phrase. Et attention on a à faire ici à un OTNI (objet télévisuel non identifié). Diffusé à la base sur History Channel (qui n’a rien d’une chaîne d’histoire mais plutôt d’une chaîne amatrice de sensationnalisme) et sur RMC Découverte en France (même niveau intellectuel que History Channel), ce programme est mon péché mignon. Ayant un cursus scientifique et travaillant en recherche, Alien Theory est mon moment de détente du cerveau car il représente tout l’opposé de la science. On est ici face à un monument grandiose de pseudoscience et de pseudohistoire présenté 100% au premier degré par des mecs totalement habités par leurs « théories » fumeuses.

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Tout est dit…

Le but de l’émission est donc de prouver que les extraterrestres ont déjà visité la Terre et ont influencé l’histoire humaine et plus si affinité (ce qu’on appelle la théorie des Anciens Astronautes). Et tout y passe : les pyramides, l’Atlantide, Stonehenge, la Bible, les Illuminatis, le temple d’Angkor Vat, les enlèvements…. Leur plus grand truc se base essentiellement soit sur le fait que les prouesses technologiques/architecturales des anciennes civilisations sont, selon eux, « trop sophistiqués et complexes pour avoir été fait par les hommes à cette époque« , soit sur les ressemblances entre ces mêmes civilisations (Pyramides au Mexique / pyramides en Egypte = coïncidence ? Je ne crois pas. Aliens !). Et ça marche vu qu’on en est quand même à 8 saisons d’une quinzaine d’épisodes chacune !

I-am-not-sayingCe qui est génial c’est que le raisonnement fonctionne avec tout. Rajoutez à cela qu’ils mettent au même niveau Histoire et Mythes et là c’est l’explosion ! Je pense qu’un des épisodes qui m’a fait le plus rire a été celui expliquant que les animaux mythologiques (les chimères, les hydres, les griffons, tout ça…) ben « c’était pas vraiment possible… » (jusque là vous me direz ça va c’est pas débile) « … parce que ça nécessitait des connaissances en transformation génétique donc si ces créatures ont existé, il y a forcément eu intervention extraterrestre« . On remarquera qu’on est dans la subtilité de langage avec un usage intensif du conditionnel mais qui peut vite dériver vers l’emploi du présent pour énoncer une vérité.

La totalité de l’émission pourrait se résumer dans cette équation : « une zone d’ombre dans l’histoire » + « un mythe » + « un soit disant spécialiste auteur du bouquins Les Pharaons venaient de Mars et les Incas de Vénus » + « une animation en 3D moche fait sous After Effects » = Aliens !

Les mecs qui interviennent sont d’ailleurs un des autres grands moments de rigolade. Tous se présentent plus ou moins comme des scientifiques et sont auteurs de bouquins tels que Technologie des Dieux, Les portes de l’Atlantide ou encore Le pouvoir des pyramides. Ils n’hésitent pas non plus à parler sur n’importe quel sujet quitte à se contredire d’un épisode à l’autre (oui je regarde suffisamment ce truc pour remarquer ça… ne me jugez pas). Le meilleur reste quand même le fameux Giorgio A. Tsoukalos qui est devenu un Meme internet à lui tout seul.

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 Ça pourrait être une citation de Giorgio

 Allez, on se laisse sur une petite explication tirée de l’une des émissions. Si vous voulez aller plus loin, tapez juste Alien Theory sur Youtube et prenez des bières.

« Ce qu’on ne peut pas expliquer, c’est comment ils s’y sont pris pour monter des blocs de 50 tonnes en haut de la falaise […], ça ne nécessitait pas seulement des grues, des élévateurs ou des échafaudages. Ils ont eu besoin d’un système anti-gravitationnel ou de téléportation » NIQUE LA LOGIQUE !

 

 

Flo Rida – Wild Ones

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Le son dancefloor des vrais gars, t’as vu !

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Bon, je peux tout vous expliquer. J’ai pour cet album une certaine tendresse, le fait que je l’aime bien est purement de l’ordre de l’émotionnel. En fait, l’album est sorti quand je passais approximativement la moitié de mon temps en colo avec les gamins. Or à l’époque, je m’étais forgé un personnage spécialiste des playlists de « boums » de fin de séjour, j’ai nommé David Grotas (vous apprécierez l’hilarant jeu de mots). Il m’apparut bien vite que les enfants de 7 à 15 ans n’étaient pas très chauds pour danser sur du black-death métal, du blues touareg ou de la musique japonaise traditionnelle. Il allait donc falloir me plonger (en me bouchant le nez) dans le marasme de la musique actuelle et en sortir des playlists DANCEFLOOR dignes du Macumba Night pendant le week-end de l’Ascension. Avicii, Psy, Michel Telo, Carly Rae Jepsen… Telles devaient être mes nouvelles références pour mettre le feu à ma juvénile assistance, au sens figuré bien entendu.

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Flo Rida c’est lui

Je me rendis vite compte que je devais la plupart de mes « hits » à ce rappeur issu de Floride (ce qui explique certainement son pseudo. C’est pas moi qui irait le critiquer, j’ai globalement fait la même chose pour le mien). « Wild Ones » -la chanson- qui s’offre un fitcheuring avec Sia plutôt réussi puisque la bougresse chante pas mal du tout, « Whistle » et sa guitare sèche bien sympa, « Good Feeling » et son refrain minutieusement calculé pour se graver dans votre crâne pendant des générations, « I Cry » lui aussi calibré pour faire beugler les clubbers… Chacun de ces singles dans son style fait inévitablement mouche, ce qui arrangeait bien mes affaires de Disc Jockey néophyte. Sorti des tubes par contre, le reste du disque est très dispensable (ça tombe bien, personne ne l’a écouté).

Alors oui, je sais, et je ne suis pas dupe quant à la qualité du disque. Mais que voulez-vous ? Ce gros bourrin est indissociable de cette époque tripante où je partais toutes les trois semaines en colo ou en classe de neige/mer.

A chaque fois que je ré-écoute les voix couplées de Sia et Flo Rida sur « Wild Ones », ça me rappelle cette petite glace prise en bord de mer sur l’île d’Oléron, dans un bar décoré comme l’intérieur d’un bateau pirate accompagné d’une horde de lardons qui, pour certains, voyaient la mer pour la première fois. Sur le grand écran du rade passait alors le tube susmentionné et son clip beauf bling-bling. La nostalgie prend parfois des raccourcis étranges.

 

 

Quatre garçons pleins d’avenir

Flavius

Ô finesse

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Le cinéma français est… le cinéma français. On va dire que cette lapalissade me sert à jeter un voile pudique sur une protubérance honteuse qui ne parvient que fort rarement à nous divertir. Mais les monceaux de comédies navrantes ne parviendront pas à éteindre pour moi le souvenir attendrissant et mille fois burlesque de ce film estudiantin, convenu jusqu’au bout du caleçon mais à se claquer les fesses de rire tant il va au bout de sa connerie démarche.

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Tu n’as pas tes exams, évidemment, vieux feignant que tu es.

Le synopsis n’est pas bien compliqué ; une bande de potes étudiants vont voir s’ils ont réussi leurs examens, la grand-messe pour tous ceux qui ont eu à y passer, et le plus moelleux de la bande se rend compte qu’encore une fois, il a foiré sa première année. Commence donc l’épopée de la fiesta pour lui aérer l’esprit, puis l’idée magistrale de changer ses notes pour le rendre admissible… Pas de quoi péter des briques me direz-vous, et vous aurez tord, parce que des fiestas comme ça on n’en fait pas souvent (mais on s’en rappelle) et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles sont riches, les bougresses, en moments cultes. Rien que le passage avec Marie-Odile justifierait de voir ce film, mais si je vous dit que dedans vous avez Patrick Sébastien dans LE rôle de sa vie en vieux légionnaire viriliste et sexuellement ambiguë, n’avez vous pas le palpitant qui s’emballe ? Voyez la scène du toit ; notre moelleux n’a certes pas l’âme d’un hussard mais le voir crapahuter sur les tuiles en poussant de petits « miaous » terrorisés a quelque chose de magique, surtout quand notre Sébastien national lui lance « plus fort, c’est pas un PD mon chat… », comble du bonheur, extase éthérée, à partir de là tout est irrémédiablement dit.

 

 

Quatre garçons pleins d’avenir c’est une suite de moments de tendre débilité à partager entre copains. On replonge gentiment dans les années 90, l’époque où tout était plus fluo, plus waïkiki, plus POG, plus totoche… ha soupir…

 

 

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal

L’ours inculte

La tradition du n’importe quoi

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Ah voilà, maintenant j’ai votre attention hein ! Oui, j’assume, je trouve ce quatrième opus très divertissant. Contrairement à (manifestement) la Terre entière, je ne pense pas que « Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal n’aurait jamais dû exister ». Pour moi il respecte bien l’état d’esprit que j’ai toujours connu dans la série, un film d’aventure quasi-pulp qui oscille entre l’archéologie et le fantastique, ne se prend pas au sérieux et s’amuse avec des gros clichés de la culture populaire. Même les défauts techniques, dont cette fameuse course-poursuite sur fond vert dégueulasse, participent à ce côté kitschissime en carton-pâte qui fait presque cinéma vintage, en le voyant j’ai même cru que c’était fait exprès et ça m’a beaucoup fait rire.

Les acteurs en font des caisses et c’est très amusant, et ça a toujours été le cas dans Indiana Jones ! Même le personnage de voyou à la Fonzy joué par Shia LaBeouf est plutôt sympa, il participe à faire passer la série dans une nouvelle époque, celle de la guerre froide et de la paranoïa conspirationniste. C’est d’ailleurs le cadre idéal pour la conclusion, ceux qui crient au scandale devant ce délire final doivent oublier tout ce qu’on a vu dans la série, au choix : une arche divine qui fait un Kaméhaméha géant, un sorcier qui arrache le cœur d’un sacrifié à main nue (qui bât toujours 5 minutes après), un vieux chevalier immortel qui garde le saint Graal depuis 2000 ans, etc… Indiana Jones a toujours été un grand n’importe-quoi fictionnel qui joue avec les clichés les plus kitsch du cinéma, ici les années 50.

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Et comment hurler au scandale quand le héros survit à une explosion nucléaire dans un frigo alors qu’on l’a déjà vu tomber sans une égratignure d’un avion en vol à bord d’un canot pneumatique ? Non, sérieusement, regardez ce film avec les yeux du gamin que vous étiez il y a 20 ans (enfin, je sais pas quel âge vous avez, vous étiez peut-être qu’un spermatozoïde à l’époque, moi c’était il y a 20 ans). C’est du Indiana Jones pur jus, vraiment, je ne comprends pas l’accueil glacial qu’il a suscité. C’est pas un chef d’œuvre du septième art mais c’est un très bon divertissement, comme le sont les 3 épisodes précédents.

 

 

Smallville

Graour

Entends-tu ce générique insupportable?

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Regardez-moi ces têtes de gland surmaquillées et rappelez-vous ô combien cette série d’anthologie a marqué les années 2000 avec ses répliques à chier, ses intrigues et personnages complètement débiles ou encore son générique pour adolescent attardé (Remy Zero – Save Me). Smallville, grosso merdo, c’est la jeunesse paysanne de Superman en 10 saisons et 218 épisodes de 42 minutes, le tout étalé sur une dizaine d’années. Cela représente environ 152 heures de crétinerie intense pour mon plus grand plaisir, car oui, OUI, j’assume le fait d’être attaché à une telle « œuvre »! (C’est dur je sais). 
Très jeune adolescent, j’adorais me caler sur le canapé pour voir Clark KentMichael-Rosenbaum-Smallville (Tom Welling) faire l’apprentissage de ses pouvoirs. Les balbutiements de Superman, sa volonté de rester « normal », ses premiers amours, tous ses éléments participaient à le rendre finalement très proche de la jeunesse d’ici et d’ailleurs. Je pense sincèrement que si Smallville a eu tant de succès, c’est qu’il y a une véritable réflexion de la part des créateurs sur la capacité d’un récit de super héros à générer une identification du spectateur adolescent. De 11 à 15 ans, on grandit avec Clark, on éprouve ses doutes, ses espoirs quant à l’école, au sport et ainsi de suite. Au fond, les super-pouvoirs paraissent bien plus exaltants dans les situations que nous connaissons que lorsqu’il punit un méchant inconnu au milieu d’une forêt de gratte-ciels. C’est ce qui fait tout le charme de la série, et qui nous affecte beaucoup moins en grandissant sans aucun doute… Au delà de cet aspect, il faut  constater que la série est bien pauvre hélas.

Cependant, pour finir de creuser ma tombe, je dois cependant dire qu’en ce qui me concerne, je trouve les Luthor relativement convaincants. La série montre assez bien les fragilités et le basculement progressif de Lex (Michael Rosenbaum) vers le côté obscur de la force. La relation entre le père et le fils, mélange d’amour et de haine, se déploie avec des dialogues pas si mauvais en comparaison avec le reste du show.

Ou alors, c’est peut-être parce que Lana Lang est tellement naze qu’on en vient à considérer avec sympathie tous les autres personnages de Smallville… Allez savoir… Comme dirait l’autre ♫ Somebody save me ♫ I feel my wings have brok… TA GUEULE !

 

L’exorciste chinois 2

Fly

Le film d’horreur le plus (kung) fou de tous les temps.

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Voici la jaquette bénie qui attira mon regard.

Oui. Vos yeux ne vous ont pas trompé. Vous avez bien lu. L’Exorciste Chinois 2. Ce titre, ce film, existent. Cette révélation survint, pour moi, par un après-midi pluvieux passé à la médiathèque du coin, où le collégien nonchalant que j’étais aimait à arpenter les rayons labyrinthiques de la collection VHS. Se perdre dans leurs allées étroites, encore tapissées de l’odeur singulière et capiteuse des vieux boîtiers-cassettes que nul n’avait ouvert depuis une époque antédiluvienne, eux les supports maudits, hier encore si moderne mais appartenant pourtant déjà à un passé révolu, voués à l’extinction par la génération vorace des DVD nouveaux venus proliférant sur le marché. Ah, les années 2000… Ce fut là que, me rêvant en Champollion de pacotille, je découvris la pierre de Rosette nanardoïde susnommée. Ovni cinématographique s’il en est, en tout cas au sein d’une médiathèque limougeaude, l’Exorciste Chinois DEUX (car le premier n’existait effectivement pas en magasin, allez savoir pourquoi) appartient à la glorieuse lignée, injustement méconnue, des « Ghost Kung Fu Comedies ». Ce genre voit le jour dans les années 1980 à Hong Kong, pour notre plus grand bonheur. Il perdure une décennie durant avant de tomber (fort étrangement…) en désuétude. Fleuron du nanar à l’asiatique, ce genre regorge de pépites de kitsch généreux et assumé, de délire absurde et d’action survoltée. 

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Affiche de l’Exorciste Chinois I, où l’on peut voir le charismatique héros de la saga, Po (oui, comme le télétubby). 

Le film en question en est un des derniers représentants et fut même construit comme un remake de son prédécesseur (L’Exorciste Chinois, comme les plus futés l’auront deviné), lui-même fondateur du genre. Il concentre donc ainsi toutes les caractéristiques de celui-ci et les pousse même jusqu’à leur paroxysme. Sont ainsi portées à l’écran les tribulations de Po, humble villageois un peu simple dont la grandeur d’âme n’a d’égale que son embonpoint. Promis à la ravissante Perle, il se heurte cependant à la réticence du géniteur de cette dernière. Outre la vindicte paternelle, Po est également confronté à la rude concurrence de l’opulent Shi, forcément méchant puisque riche, et satyre notoire de surcroît. Les choses tournent mal lorsque notre DSK mandarin fait appel à un nécromancien pour se débarrasser du rival roturier… Mais c’était sans compter sur le maître de Po, apothicaire, exorciste, et champion de kung-fu à ses heures perdues, qui décide de s’en mêler….

Ne nous mentons pas, le fond de ce chef-d’œuvre obscur, véritable perle marron-caca du cinéma de kung-fu, est d’une débilité abyssale qui ravira petits et grands intellectuels. Et pourtant, ce film vaut nettement le détour. On y voit : des vampires en tenue traditionnelle chinoise (revisitée par le bon goût vestimentaire qui caractérisa les années 80) poursuivre les protagonistes en sautant à pied joint les bras tendus ; un gras du bide lambda devenir subitement un dieu des arts martiaux lorsqu’il est possédé par l’esprit d’un macaque ; des momies égyptiennes (dans la Chine du XIXe siècle…) libérer des gaz toxiques en plein combat ; des zombies dégoulinants maquillés à la truelle et au cambouis ; un vieux maître neutraliser les monstres en leur collant un sticker calligraphié sur le front ; un sorcier prescrivant la fellation comme remède à un mauvais sort…

 

Un extrait du combat opposant l’exorciste et le nécromancien, avec une amorce d’omelette à 1’25″…

Prodige, vous dis-je. Le mélange des styles est saisissant, extrêmement surprenant, et vous fera soit saluer une inspiration novatrice pour le cinéma de l’époque, soit remercier le dieu des nanars d’avoir encore dispensé ses grâces en ce bas-monde, dans un élan de mansuétude infinie. Reste que ce métrage relève du registre du kung-fu ; et là encore, les amateurs du genre ne seront pas déçus. Si l’aspect horrifique du film ferait entrer celui-ci en compétition sérieuse avec un épisode de Pingou, la gestion de l’action ne laisse cependant pas à désirer. Le rythme est soutenu, les cascades soignées, les combats remarquablement chorégraphiés. En un mot comme en mille, on ne s’ennuie pas, quelle que soit votre sensibilité, que vous preniez le film au sérieux (ce qui est tout à fait justifiable) ou non (comme le fit l’ado émerveillé que je fus). De même, l’humour omniprésent étant en outre raisonnablement pourri, il en devient d’autant plus comique qu’il suscite involontairement des rires de dérision vache. À noter cependant l’existence de deux ou trois gags et répliques authentiquement drôles ; mais là encore, vous serez seuls juges. Quoiqu’il en soit, savant élixir bouffon et décérébré contre les maux de l’âme les plus variés, mais aussi petit bijou de métissage cinématographique contre-nature, l’Exorciste Chinois 2 saura vous faire rire aux larmes voire même susciter un intérêt insoupçonné (car à priori fort insoupçonnable) en vous. 

Alien vs Predator

Nemarth

juste le un, j’ai encore un peu d’estime de moi-même

 

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Comme vous le savez déjà la licence Alien occupe une place importante dans mon cœur. Vous ne le savez pas ? Il est encore temps de rattraper ça en filant lire l’article que j’ai consacré au premier opus de cette grandiose série au bout de ce lien. Nos lecteurs les plus fidèles se rappelleront également du déversement de bile et de haine que j’ai proféré lorsque Ridley Scott s’est réapproprié son œuvre en commettant Prometheus (le drame se déroule au bout de ce lien là). Alors en gros fanboy élitiste et hermétique j’aurai du être outré quand Paul W.S. Anderson, ce démon qui ruine Resident Evil tous les ans depuis bien trop longtemps,  nous a sorti en 2004  son Alien vs Predator. Et bien je l’assume : J’ai A-DO-RÉ ce film ! J’ai acheté des figurines, des magazines qui en parlaient, l’édition collector, j’ai regardé le making-of ET le commentaire audio. Bref j’ai complètement surréagi alors que la marque de la paume de la main sur le front du reste de l’humanité était encore clairement visible. Mais pourquoi ?

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La couv du 1er comic

Pour expliquer tout ça il faut revenir à l’origine. Qu’est-ce qu’Alien vs Predator ? C’est tout d’abord un clin d’œil, un hommage fait à la créature à la tête de concombre à la fin de Predator 2 laissant sous entendre que les Predators connaissent et chassent les Aliens. Puis l’idée a créé le « buzz » et c’est devenu un comics puis une série de jeux vidéo rapidement devenu culte pour son solo terrifiant et son multi au gameplay asymétrique absolument jouissif. Mais impossible d’en faire un film, les scripts se sont succédé sur les bureaux de la Fox et tous ont été rejetés jusqu’en 2004 avec cette histoire stupide de pyramide sous l’Antarctique. Pourquoi ? Parce que le film se déroule sur Terre et pas dans l’espace ce qui veut dire : petit budget et risques moyens pour la production qui devait réunir une licence qu’on avait pas vu à l’écran depuis 1990 et une autre en perte de vitesse depuis un épisode 4 qui divise les fans.

Mais fini les digressions et parlons enfin du film mais surtout de sa direction artistique. Chaque film Alien a, vous l’avez peut-être remarqué, une couleur dominante dans ses décors : noir pour le un, bleu-nuit pour le deux, rouge-rouille pour le trois et vert foncé pour le quatre et bien figurez vous qu’Alien vs Predator se targue lui aussi d’avoir sa couleur, une couleur unique qui est présente dans chaque plan où un alien apparaît, le bleu foncé (un peu comme celui du deux mais plus retouché). Heureux hasard ? Peut-être mais continuons.

Du côté des predators on découvre pour la première fois plusieurs de ces êtres ensemble pour la chasse (là où dans le deux le vaisseaux comprenait certes de nombreux chasseurs mais un seul agissait) et c’est un plaisir de découvrir chaque variation du costume pour chacun d’entre eux. L’un préfère les armes blanches, l’autre les armes à distance et enfin le dernier, qui semble plus expérimenté, possède un costume plus proche de ceux des films précédents. Ce soucis du détail on le retrouve également dans le design des décors, cette fameuse pyramide qui allie avec finesse et élégance l’art de l’Amérique pré-colombienne et la thématique du film. Prenez le temps d’observer les fresques, ils ont vraiment fait un taf de ouf. En plus la fidélité aux deux séries les a poussé à en faire un maximum en costumes et décors réels y compris pour la reine Alien ! Le résultat est bluffant et bien plus crédible que… au hasard Jurassic World….« La beauté/les graphismes ne font pas tout » râleront certains. Le film s’appelle « Alien vs Predator » on est clairement pas là pour être transporté par la subtilité du scénario…

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D’ailleurs parlons en un peu, certes les personnages sont tous des archétypes idiots traités à la truelle et la trame est écrite sur un ticket de métro par un illettré hystérique mais il n’empêche que le personnage principal est particulièrement réussi. Nana forte par excellence, elle saura garder son calme dans les pires situations et le tout sans qu’elle ne soit jamais montrée en petite tenue pour exciter les pré-ados qui tomberont sur le film. Non, on est en Antarctique, elle connaît bien l’endroit c’est pull et doudoune et pis c’est tout ! De plus le film comporte de très nombreux clins d’œil à l’excellent comics de Randy Stradley, Chris Warner et Phill Norwood dont je vous recommande très chaudement la lecture (en gros toutes les scènes avec les predators sont plus ou moins tirées/adaptées de là). Bon je vais m’arrêter ici, je pourrai continuer des heures tout ça pour vous dire qu’Alien vs Predator c’est QUE du fan service, qu’il fallait rien en attendre de plus, mais que c’est du bon fan service.

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Bonjour, j’ai trop la classe !

LazyLumps

Déjà petit, le troll Lazylumps collectionnait les cailloux. Après en avoir balancé un certain nombre dans la tronche de tout le monde, il est devenu le "Rédak' Chef" de la horde, un manitou au pouvoir tyrannique mais au charisme proche d'un mollusque. Souvent les nuits de délire on l'entend hurler "ARTICLE ! ARTICLE ! IL FAUT UN ARTICLE POUR DEMAIN".

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