L'interview Vidéaste : rencontre avec Professeur Feuillage !

L’interview Vidéaste : rencontre avec Professeur Feuillage !

Si je vous dis « écolo », vous avez sans doute l’image d’un marginal illuminé du bocal et chiant à mourir, alors laissez-moi dépoussiérer tout ça ! Parce qu’au détour de l’Internet, on peut faire la découverte de pépites qui te donnent envie de croire en l’humanité et aux licornes arc-en-ciel. La pépite en question c’est la chaîne du Professeur Feuillage, ici on va vous causer écologie, et vous allez adorer !

Les chroniques écologiques du Professeur Feuillage sont animées par le fameux Prof, interprété par Mathieu Duméry, au look très dandy british, qui me fait énormément penser au Dr Who interprété par Matt Smith (baissez vos pancartes « Smith VS Tennant » de suite, bande de fous !), et par Sophie, interprétée par Lénie Cherino, sa merveilleuse assistante. Ce duo déjanté, à l’univers cartoon loufoque, nous accueille dans leur bureau/labo hors du temps pour nous informer sur des enjeux écologiques avec humour.

Le Prof et Sophie : Un duo déjanté !
Le Prof et Sophie : un duo déjanté !

Et c’est ce qui fait la force et le génie de cette web série, le ton cynique et provocateur s’allie à un réel travail de recherche. Non, ce n’est pas parce qu’ils parlent de cul qu’ils disent n’importe quoi. Pendant une dizaine de minutes, le Prof et Sophie développent un sujet précis lié à l’écologie. Ils abordent différents thèmes, parfois inattendus, du gaz de schiste à la pollution du web, en passant par la gestion de nos pipis et autres déjections odorantes. Le Professeur Feuillage avec son ton décalé parvient à toucher un public qui n’est pas forcément intéressé, au premier abord, par la cause environnementale. Ses chroniques nous sensibilisent et nous poussent à réfléchir sur notre mode de vie sans pour autant être moralisatrices, parce que oui, on vit tous sur la même planète (sauf peut-être certains reptiliens venus en mission d’infiltration, mais c’est une autre histoire) et bon sang, elle a bien besoin que l’on soit responsable envers elle, mais aussi envers la faune et la flore qui nous entourent.

C’est pourquoi les trolls ont décidé de mettre en avant ce duo de vidéastes, parce que l’on aime le bon boulot et les blagues douteuses… Alors, keep calm, lisez cette interview and go sur la chaîne du Professeur Feuillage.
Faites-moi confiance, c’est de la bonne.

interview

Les chroniques du Professeur Feuillage c’est aussi un duo de choc, et si vous nous faisiez une petite présentation de chacun ? Comment vos chemins se sont-ils croisés pour finir par bosser ensemble sur ce projet ?

Pour résumer. Lénie est comédienne, masseuse et Yogi et Mathieu est journaliste et comédien. Nous formons un duo à l’écran mais également dans la vie. Nos chemins se croisent régulièrement au plumard, dans la cuisine ou la salle de bain. A force de se croiser, on s’est dit qu’on devrait bosser ensemble.

Question existentielle : Pourquoi « Professeur Feuillage » ? Hommage à Pocahonthas ?

On nous pose souvent la question. La réponse est non !! Pocahontas est un raté de Disney et Disney c’est pas notre came. En matière de dessins animés, on serait plutôt (le chien de Mickey) Studio Ghibli. « Feuillage » a été choisi pour sa symbolique simple. Au départ, tout le monde se gourait et appelait le programme « Feuillade ». Ça nous gonflait parce qu’on dirait le nom d’une maladie de peau orpheline.

Vous avez créé un univers atypique et déjanté, quelles sont vos influences ?  Que ce soit pour la composition du décor, l’élaboration des personnages du Professeur Feuillage et de son assistante Sophie…

Franchement, c’est difficile à dire. Pour ce qui est du Prof par exemple, les gens trouvent qu’il rappelle M. Manatane de Benoit Poelvoorde. Je ne m’en suis pas inspiré du tout. Il fallait un personnage au phrasé rapide pour pouvoir caler un maximum d’infos dans une vidéo de quelques minutes. Je voulais un personnage à la fois dandy et dégueulasse avec la connerie dans le regard. Crédible mais fou. Le personnage de Sophie a, quant à lui, beaucoup changé au gré de la créativité de Lénie. Elle a été nourrie à la mamelle des cartoons (Tex Avery, Looney Tunes). Elle perçoit le couple Prof/Sophie comme un duo à la Tom et Jerry.

Vous avez un décor mi bureau mi labo un peu fou, d’où sort-il ? Ancien bunker ? Salle secrète sur demande ? Hangar désaffecté ?

Ce décor que nous aimons beaucoup et qui a déjà eu trois lieux d’accueil, est le résultat du chinage intensif en brocante, chez Emmaüs ou sur Le Bon Coin…. Et puis il faut dire qu’on ne tourne que dans des squats bizarres, alors on trouve toujours ce qu’il nous faut selon les thèmes abordés. C’est un cabinet de curiosité dans lequel sont exposés des objets insolites, mais c’est aussi un peu le camion de Jamy dans C’est Pas Sorcier. L’objectif du tout étant d’obtenir une ambiance déconnectée du XXIe siècle. Rien n’est moderne, tout est old school… Parce qu’on est des vieux aussi.

Pourquoi avoir choisi les vidéos comme canal de communication ? On connaît les contraintes, pécuniaires en particulier, que peuvent rencontrer les vidéastes pour créer un contenu de qualité… Comment financez-vous vos épisodes ?

Nous sommes des vidéastes. Lénie est comédienne, elle a beaucoup d’expérience dans les tournages web, qui sont très durs. Peu de moyens, peu de temps. Quant à moi, je suis présentateur et comédien, habitué aux conditions de tournage difficiles et exigeantes physiquement. Nous sommes des colibris. Avec nos savoir-faire, nous agissons pour faire bouger les mentalités. Nous aurions été boulangers, peut-être aurions-nous fait du pain bio avec des farines interdites… Mais voilà, nous, on sait pas faire de pain. Juste des vidéos. Nos épisodes sont désormais financés par IRL, une antenne de France Télévisions qui produit notamment La barbe de Nicolas Meyrieux et Datagueule. Nous allons continuer avec IRL parce qu’ils sont cools, à l’écoute et qu’ils nous laissent carte blanche. Et ça !!! C’est putain d’rare !!!

 Comment se construit un épisode des chroniques du Professeur Feuillage ? Choix du sujet, sources/recherches, scénario, mise en scène, etc. Dites-moi tout !

Etape un, choix du sujet. Y’en a tellement… Disons que c’est le format de notre programme qui fait le tri. Il faut une thématique abordable en 10 minutes. Pas facile ! Ensuite nous écrivons un épisode chiant, sans blagues de cul avec seulement les infos et les textes. C’est la partie journalistique, la plus longue. Après on trouve les jokes. Tiens, si on mettait une bite sur cet éléphant… Eh dis donc, ce serait pas mal un bruit de prout dans la séquence « famine ». On se marre !!! Enfin, il faut rendre tout ça possible en termes d’images. C’est là qu’on travaille avec l’équipe de réalisation, nous fixons alors les plans, le découpage, les déplacements, les effets, le graphisme. C’est généralement le moment où les auteurs se confrontent à la faisabilité de leurs idées débiles. Sur le tournage, il y a toujours (heureusement) beaucoup d’impro. Tout n’est pas écrit à l’avance.

Depuis ses débuts en septembre 2014, quelles évolutions a connu l’émission ?  Quels sont vos souhaits pour son avenir ?

Des changements ? Ah ! Ah ! Tu peux le dire ! Depuis le début, on a changé plusieurs fois de lieux de tournage, de réalisateur, d’ingé son, de producteur, de décor… En fait, pour tout te dire, Lénie et moi, on rêve de tourner dans de bonnes conditions. Les tournages des Chroniques, sont tout sauf une partie de plaisir. C’est surtout dur physiquement. Si nous n’inscrivions pas cela dans une démarche militante, on aurait arrêté depuis longtemps. Néanmoins, comme on a 8 ans d’âge mental, on rigole bien !

Des projets dans un futur proche, ou autres petits secrets à confier à l’oreille des trolls ?

Projet de BD… Projet de livre… Nouveau format… Mais le seul vrai secret que je peux te livrer c’est que ma bite mesure 22cm !!!

Question évidente mais importante, comment percevez-vous l’écologie aujourd’hui ?

Mal…

Une chose me taraude depuis quelque temps… Quel est ce mystérieux livre que vous utilisez pour présenter vos différents sujets ? Ne mentez pas, vous ne leurrez personne en changeant sa couverture ! Les gens ont le droit de savoir !

Ah ! Ah ! On ne l’utilise plus mais il a eu son importance dans les premiers épisodes. En fait, je crois que c’est un livre sur la généalogie de la noblesse de France.
Autant dire qu’on ne l’a pas lu.

Une idylle assumée entre Sophie et le professeur ? Ou une tension sexuelle perpétuelle ?

Vous verrez bien… Bande d’obsédés du fion !!

D’où provient la magnifique collection de sex toys qui sert d’éléments décoratifs à chaque épisode ? Collection personnelle, achat sur internet ? Ou en sex shop ? Dites-moi que c’est un sex shop, je veux imaginer la tête du vendeur alors que vous passez en caisse avec un tas de godemichés.

Eh bien au risque de te décevoir, nous n’avons qu’un seul gode depuis le début. Il est d’excellente facture et il a coûté très cher. Raison pour laquelle nous n’en avons qu’un seul… Si les sex-toys étaient peu onéreux, on en aurait mis partout. Et non, nous n’emmenons pas nos sex-toys perso dans la poussière des tournages. C’est peu hygiénique !!!

Ça fait longtemps que l’on n’a pas vu un détournement de ce bon vieux Mel, à quand le retour de ce dernier dans un détournement Mad Max ?

Bah tu sais, depuis qu’on a un diffuseur sérieux, on ne peut plus utiliser d’images ou des musiques qui ne nous appartiennent pas. Du coup, les détournements, c’est fini… Toi aussi ça te fait pleurer ? [Mon cœur de trolle est brisé par cette triste nouvelle…]

Un petit mot de la fin ?

Bougeons-nous le cul pour sortir de la merde dans laquelle on s’enfonce jour après jour. La jeunesse vaut mieux que Pokemon Go, et toutes les merdes qui l’abrutissent. La jeunesse révolutionne, fait tomber les murs, dit merde au système. Ne soyez pas le système !! C’est le mot de la fin. Bisou !

 

 

 

Pour retrouver le Professeur Feuillage :

La chaînehttps://www.youtube.com/channel/UCGl2QLR344ry4Y20RV9dM3g/feed

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Tobye

C'est dans les vallées vigneronnes de l'Entre-deux-Mers que se trouve l'antre de Tobye, jeune trolle du Cri. Entourée de mangas et autres vieux bouquins, elle aime se perdre dans les méandres de l'internet à la recherche de pépites à se mettre sous la dent. Un godet de pinard à la main, évidement.