Outer Wilds : randonnée interstellaire digne d’une odyssée

Je suis de retour, pour vous jouer un mauvais tour ! Ou du moins à votre portefeuille. Car oui cher lecteur, aujourd’hui, je te ferai cracher 20 euros ! C’est mon objectif, mon rêve, mon droit d’y croire. Car en ce jour, comme environ une fois par an, je vais parler de mon coup de cœur indé. Celui-là que je veux vous faire acheter à tout prix (enfin 20 euros quoi) tellement qu’il est bien.
Et c’est là que les difficultés commencent en fait. Parce que Outer Wilds, premier jeu des petits gars de chez Mobius Digital, édité par Annapurna Interactive, et exclusif à l’Epic Games Store, doit garder ses secrets. Alors, comment vous expliquer le génie de ce jeu, les innombrables surprises qui le parsèment, oui, comment aborder le sentiment de liberté fou et d’émerveillement radieux sans trop en révéler ? Je sais pas trop, mais on va quand même essayer.
Parés au décollage ? Pensar aux portes, vérification de la porte opposée, et n’oubliez pas votre combinaison spatiale !
Sans déconner l’oubliez pas…

Voyage, et jamais ne revient

L’aventure commence alors que vous vous réveillez en sursaut, les étoiles au-dessus de votre tête brillant de plus belle après ce qui semble être le passage d’une étrange comète. Vous êtes un cosmonaute de la race alien vivant à Âtrebois, et aujourd’hui, c’est le grand départ. Dans quelques minutes, vous monterez dans votre fusée en bois et en tôle pour vous envoler vers l’infini et au-delà. Mais voilà, problème, vous avez paumé les codes d’accès. De quoi vous amener à explorer un peu votre village natal, et à discuter avec ses différents habitants. Cette balade sympathique tient lieu de didacticiel assez organique, où vous apprendrez à utiliser les différents outils qui vous serviront durant votre exploration spatiale : les sondes, les capteurs sonores, votre combinaison spatiale pour pouvoir vous diriger en Zéro-G, un drone qui vous apprendra à diriger votre vaisseau…
Puis vient finalement le moment d’entre dans le musée/observatoire, immense bâtiment dominant Âtrebois. C’est là que vous découvrirez votre première pierre quantique, et les premières traces de la civilisation Nomai, ancienne civilisation Alien qui peuplait le système solaire il y a de ça des lustres. C’est à l’observatoire que vous trouverez les codes qui vous permettront de vous jeter dans l’exploration du système solaire. Et c’est aussi ici que vous vous retrouverez nez à nez avec une mystérieuse statue Nomai aux yeux enflammés, ancien artefact  qui vous sera fort utile dans vos futures péripéties.

T’as de beaux yeux, tu sais ?

À partir de là, ne reste plus qu’à partir à votre navette et à vous envoler vers les cieux. « Pour faire quoi ? » me demanderez-vous.
Eh bien, explorer pardi ! Chercher des traces de la civilisation Nomai peut-être, ou simplement aller rencontrer les autres astronautes d’Âtrebois éparpillés aux quatre coins du système solaire ? Que sais-je, vous êtes libre de découvrir les mystères du système comme vous le souhaitez, dans l’ordre que vous le souhaitez.
De toute façon on va pas se mentir, vous allez crever en vous crashant sur le premier rocher venu, vu que les commandes du vaisseau demandent tout de même un poil d’entraînement. Et même après votre premier atterrissage, ça m’étonnerait pas que vous oubliiez votre foutue combinaison dans un coin de la navette, avant de sortir vous asphyxier dehors.
J’vous avais dit de pas l’oublier putain !

The stars look very different today

Mais la mort n’est bien heureusement jamais une fin en soi (ou alors si dans le monde réel, mais c’est sujet à débat il paraît). La statue Nomai avec les yeux bizarres se révèle en effet être une sorte de boîte noire de votre mémoire. Et heureusement, puisque même si vous arrivez à survivre aux dangers de l’espace, la grande faucheuse viendra vous chercher. Très exactement 22 minutes après votre réveil, et je ne dirai pas dans quelles conditions, parce que #ladécouverte. Toujours est-il que chacune de vos morts vous ramène ainsi au moment de votre réveil sur Âtrebois, contemplant le même paysage stellaire et la même comète.
Peut-être qu’après votre dernière mort, vous chercherez justement à aller la voir, cette étoile filante chelou ? Ou alors, ne serait-il pas plus intéressant d’aller voir les autres points d’intérêt que recèle votre planète natale, maintenant que vous commencez à maîtriser un peu votre vaisseau ?

Ça sent la bavure

Le système solaire entier s’offre ainsi à vos yeux ébaubis et à votre volonté d’exploration. Pourquoi ne pas aller explorer les tréfonds de Léviathe, la gigantesque planète aquatique dont la surface est constellée de redoutables tornades ? Peut-être préférerez-vous aller faire un tour dans les entrailles de Cravité, planète rocailleuse ayant pour noyau un trou noir qui grignote petit à petit la croute terrestre de la planète ? Attention toutefois à soigneusement éviter les nombreuses météorites et autres boules de lave en fusion provenant de la Fournaise, la petite lune magmatique orbitant autour de Cravité.

Et de planète en planète, de découverte en découverte, on en apprend un peu plus sur les Nomai et notre système : on se rend compte que tous les Nomai étaient en contact, et qu’explorer les ruines sur une planète pourra nous aider à la compréhension de ce qui se passe sur une autre. De petites découvertes en grandes, on découvre ainsi un système solaire interconnecté où chaque découverte relance d’autant plus le désir d’explorer. Et surtout, on ne compte plus le nombre de moments où l’on reste contemplatif devant son écran, la gueule entrouverte.
Le petit « Oooooh !… » d’émerveillement n’est jamais loin, et les « Putain mais c’est TELLEMENT malin !! » fusent fréquemment. Parce que oui, entre les planètes belles et inventives, le jeu sur la temporalité, et les bizzareries de l’espace que vous ne manquerez pas de rencontrer, le voyage que propose Outer Wilds est exceptionnel à plus d’un titre. Encore une fois, difficile de rentrer dans les détails sans vous enlever une partie de ce plaisir essentiel de l’émerveillement et de #ladécouverte. Alors il va juste falloir me faire confiance, et si vous lisez ça, c’est que c’est déjà un peu le cas.

Là-bas, dans les étoiiileuuuh

Du côté artistique, vu qu’Outer Wilds a été réalisé avec un petit budget, c’est sûr qu’on a pas affaire au jeu qui vous décroche la rétine par sa technique surpuissante. Mais qu’importe, si Outer Wilds ne possédait pas le PIB de la Somalie pour assurer son développement, il avait tout de même dans sa besace quelque chose de bien plus important : des idées. Dans la mise en scène, dans ses planètes et ses environnements, dans sa façon de vous amener à explorer, partout, des bonnes idées. Comment ne pas parler de la première fois que l’on traverse un trou noir, ou de l’arrivée sur la Rocaille, la lune d’Âtrebois ? Comment renier l’élégance du design des ruines Nomai que l’on explore ? Comment ne pas se chier dessus face à son premier Coelacanthe ?

Les rencontres avec vos collègues permettront des pauses bienvenues autour du feu, et avec des Marshmallow s’il vous plait !

Comment, enfin, ne pas apprécier la magnifique bande-son composée par Andrew Prahlow ? Toujours superbe, parfois inquiétante lente et menaçante lorsque l’on découvre un sombre secret de l’univers, parfois enjouée et avec des accents invitant à l’exploration du vide spatial lorsqu’on flotte mollement vers une planète, la musique joue un rôle capital dans votre aventure. En effet, c’est par elle que vous pourrez repérer vos camarades astronautes, chacun possédant son instrument propre qu’il vous sera possible de repérer par l’usage de votre capteur sonique. Ce n’est pas le seul moment où la musique joue un rôle intradiégétique malin, mais ce serait rentrer là dans une zone gros spoiler qui tache. Et ayant jusqu’ici parfaitement réussi à éviter même les spoils plus minimes, autant me taire de suite, et vous inviter une dernière fois à débourser vingt balles pour le jeu de l’année. Jouez à Outer Wilds.

À Outer Wilds, tu joueras !

J’ai vu… Tant de choses que vous lecteurs, ne pourriez pas croire. Deux grandes planètes de sables, se déversant l’une dans l’autre par la force de gravité… J’ai vu des mondes fabuleux. Des lunes disparaitre et réapparaitre à l’ombre de la planète Léviathe. Tous ces moment ne se perdront jamais dans l’oubli.
Car ce qu’offre Outer Wilds, c’est un voyage absolument inoubliable au sein d’un système solaire extraordinaire. Des idées malines à tous les étages, des moments d’émerveillement toutes les demie-heures, et le sentiment de vivre quelque chose de véritablement spécial et unique. C’est ça Outer Wilds.
Un chef-d’œuvre qui doit se trouver dans la ludothèque de tout le monde.

« Même celle de mes grands-parents ?« 

 

Narfi

Narfi a été accueilli au sein du Cri malgré sa nature de troll des forêts du Périgord, une sous espèce cohabitant rarement avec ses cousins des plaines Limougeaudes (Petrocore constituant la seule exception connue des Trollologues) Crasseux et vulgaire, poète dans l'âme, il aime à rester au fond de la tanière pour lire des bédés et jouer sur son PC, insultant de sa bouche pleine de poulet frit tous ceux croisant son chemin dans les dédales des internets.