La Rédak’ propose : ces films qui nous font chialer à chaque fois

Ah, les sentiments, ce serait parfois bien pratique de ne pas en avoir. Par exemple, quand on regarde Titanic après avoir fait le malin toute la soirée en mode : « c’est trop de la guimauve, faut vraiment être un fragile pour chialer devant ce truc ! » Sauf que 2h45 plus tard on est tous en train de gueuler tout en se noyant dans nos larmes : « MAIS FAIS DE LA PLACE SUR CETTE PUTAIN DE PLANCHE, CONNASSE !!! »
Bref, vous l’aurez compris, sortez vos mouchoirs ; aujourd’hui, on est des madeleines !

Toy Story 3

Par Nemarth

On commence avec du lourd, puisqu’on commence avec un Pixar. « Bien sûr », diront certains d’entre vous, et à juste titre. Que ce soit pour Là-haut, Wall-E, Vice-Versa, Le Monde de Némo et les autres, on a tous versé notre larmichette devant ces incroyables films d’animation. Et ce n’est pas le petit dernier, Coco, qui viendra me contredire ! Mais si j’ai choisi Toy Story 3, c’est tout simplement parce que je ne m’y attendais pas. Mais alors, pas du tout ! Déjà, parce que c’est un « 3 » et que normalement, on est en mode : « sortez les rames » (il suffit de voir les Shrek, Rip in pepperonis)… Et parce qu’en plus, il a réussi à me toucher en plein cœur avec cette fantastique conclusion !

Le passage à l’âge adulte d’Andy, vécu comme un abandon par ses jouets, va au final leur donner un second souffle, une autre chance tout en permettant des adieux aussi magnifiques que déchirants. Ceux-ci sont un reflet de notre propre existence ; on est tous passé par là. Se séparer de ses jouets, c’est aussi se séparer des souvenirs qui leur sont attachés, renoncer à cette innocence de l’enfance parce qu’on n’en a finalement plus besoin : on est devenu « trop vieux pour ces conneries », comme dirait l’autre.

Mais grâce à la mise en scène de Pixar, on peut revivre ce moment, et c’est avec un regard tendre et plein de larmes que l’on voit pèle mêle un adolescent devenir adulte, les yeux d’une enfant s’illuminer, et des jouets retrouver leur fonction première : faire rêver ! Je crois sincèrement que je n’ai jamais vu cette scène intégralement, si ce n’est de manière floue, et en étant constamment interrompu par un mouchoir… et je me demande si j’y arriverais un jour ! Merci Pixar de tellement tout comprendre aux émotions !

 

 

American Beauty

Par Fly

Angela, « beauté américaine » typique, fantasme d’un Lester renaissant et cependant au terme de son existence…

S’il est un film qui invariablement provoque le déferlement lacrymal flyen, il s’agit bien d’American Beauty (1999). Premier long-métrage du talentueux Sam Mendes (Les Sentiers de la Perdition, Jarhead, Skyfall), le film relate les derniers mois de Lester Burnham, père de famille américain « moyen » résidant dans une banlieue pavillonnaire. Narrateur d’outre-tombe, celui-ci annonce son décès dès les premiers instants, avant d’entamer le récit des évènements qui l’ont conduit au trépas. Sous ses faux airs de thriller, American Beauty arbore bien vite les atours de deux registres que tout oppose : la farce et la tragédie, dans leurs acceptions les plus immuables. Unité de temps, unité de lieu et unité d’action donnent ainsi à voir l’éclatement de la cellule familiale Burnham, dont chaque membre paraît happé par une logique centrifuge inéluctable. Derrière le vernis confortable et consensuel de la « beauté américaine » que présente ce foyer accompli, respectable, se déroulent des drames à la fois personnels et universels. Tantôt cocasse, tantôt déchirant, le film prend le temps d’incarner avec soin chacun de ses personnages, sans céder au manichéisme ni à la complaisance.

Les roses, Lester et sa femme Carolyn. La coexistence d’individualités irréconciliables ?

Résolument anticonformiste, American Beauty révèle avec une même humanité les fragilités profondes et la cruauté anodine de ses héros : celles d’un quinquagénaire lubrique cherchant désespérément une seconde jeunesse auprès d’une adolescente à l’assurance trompeuse, celles d’une mère d’humble extraction escamotant ses doutes sous un semblant de réussite sociale rutilante, celles d’adultes en devenir qui ne conçoivent leur émancipation que comme œdipienne… Délibérément simples, ces intrigues croisées sont servies par une mise en scène aussi sobre que sublime. Les musiques se font effacées, suggestives ; les plans, simplement, mais soigneusement composés. Témoin, la référence obsessionnelle mais subtile au motif de la rose, inspirée par le tableau homonyme de Magritte. Fable postmoderne de l’existentialisme, American Beauty réunit selon moi toutes les qualités du classique intemporel, témoignant des questionnements et des paradoxes qui fondent toute la complexité de l’individu. Et si quelqu’un en a encore quelque chose à foutre, c’est mon film préféré :)

 

Le Retour du Roi, libérez les eaux !!!

Par Narfi

Non sans raison tombent les larmes du Narfi !…
Et même après plus de 10 heures épiques à voir des Uruks se faire trépaner par trouzaines, je ne ressens aucune honte à fondre lorsque vient le moment de la séparation finale.
Ce moment où, comme les Hobbits, on retient ses larmes lorsque le vieux mentor part pour ne jamais revenir. Ce moment où l’on découvre que ce salopard de Frodon va laisser ses potes, et qu’il ne les a même pas prévenu. Ce moment où Samwise Gamgee (ou Samsagace Gamegie pour les chieurs francophones) fond en larme en découvrant le pot aux roses. Ce moment où tout ces personnages que l’on aime s’effondrent comme des babtous, après avoir pourtant enduré mille et un périls.
Et puis ce câlin final entre Frodon et Sam, avec le leitmotiv de la Comté en fond, parachevé par un bisou sur le front qui vient nous rappeler à quel point cette amitié fut parfois crypto-gay. Non, y a pas à dire, ce final a le même effet sur mon organisme que de peler un oignon.
Je chiale, je renifle, et je rechiale derrière.

 

Florence Foster Jenkins

Par Roufi

Florence et son mari St Clair. Objectif de vie : avoir la même robe de chambre.

Quand j’ai regardé Florence Foster Jenkins, c’était totalement par hasard. Laissez-moi poser le contexte, c’est important. Je rentrai du boulot après une nouvelle journée détestable (vous savez, celles qui font qu’on se sent comme un petit caca), vidée par l’impression d’être piégée dans un travail qui sapait tant mon moral que ma morale, et que jamais je n’arriverai à me lancer dans ce que je voulais parce que de toute façon j’étais nulle.
Bref, j’étais chiffon. Et quand elle est chiffon, Roufi aime regarder des niaiseries. J’allume donc ma TV (bouh, elle a la TV) et je tombe sur ce film avec des costumes, Meryl Streep, Hugh Grant, et des blagues sur de la salade de pomme de terre : banco.

Là normalement, vous vous dites : elle n’a rien compris au thème de l’article. C’est qu’il vous faut savoir que dans ces moments-là, je peux pleurer sur à peu près n’importe quoi. Une fois j’ai pleuré sur des flamants roses qui avaient trop de sel sur les pattes, une autre devant Meryl Streep qui déclarait sa flamme en disant « tu es le beurre sur mon pain ». Non, je n’invente rien.

Le film est une biographie de Florence Foster Jenkins, riche héritière qui a dû arrêter sa carrière de pianiste suite à un accident. Nous la découvrons toujours éprise de musique classique, qu’elle soutient et finance au travers du Verdi Club, où se produit également son second mari St Clair Beyfield. Ils ont l’air aisés, heureux et passionnés. Florence rêve de devenir cantatrice, et son mari l’aide à engager un pianiste pour l’accompagner dans ses répétitions (coucou Simon Helberg).  C’est donc là qu’on découvre, avec ce pauvre Cosme McMoon, que Florence chante extrêmement mal. Du genre, vraiment, sans aucun sens de la gamme ou du rythme. Et si on a autant envie que lui de rire face à cette performance ubuesque, l’entourage de Florence est très sérieux et multiplie les compliments, lui confirmant son inestimable talent.

Cosme McMoon, St Clair et Florence. Le doute se lit dans leurs yeux.

On comprend donc que Florence n’a chanté que devant un public soigneusement choisi, composé de ses amis, des artistes qui lui sont redevables, et des personnes âgées sourdingues. La mascarade est totale, mais attendrissante car ce n’est pas seulement parce qu’elle tient les cordons de la bourse que son mari la soutient de la sorte, c’est surtout parce qu’il l’aime énormément. Et c’est aussi par affection pour ce qu’elle donne aux autres que Cosme accepte de jouer le jeu. S’il est fantasque, le personnage de Florence est surtout très touchant, et son optimisme inébranlable et sa grande générosité forcent le respect.

Warning ! Larmiche time en approche : Florence décide d’organiser un grand concert au Carnegie Hall, pour soutenir le moral des troupes (on est en 1944). Drame en vue. La presse ne peut pas être écartée, les militaires sont venus pour se moquer d’elle après avoir entendu son enregistrement à la radio, et Cosme, qui risque sa carrière en jouant en public avec Florence, hésite à venir.  

Oui, monde, je te le dis, j’ai versé ma larme au moment où Cosme décide de la soutenir malgré tout. Où Florence, sur scène, se rend compte que tout le monde se fout d’elle parce qu’elle chante très mal #MaVieSEffondre. Où une nana se dresse pour la défendre parce qu’elle fait de son mieux et où elle enjoint à tout le monde de l’applaudir. Mode full guimauve activé.
« On pourra toujours dire que je chantais mal, mais personne ne pourra dire que je n’ai pas chanté ». Oui, pu*ain, oui !!!

Je ne sais pas si c’était le contexte ou mon petit cœur tout mou, mais ça m’a touchée. Tout comme je ne sais toujours pas si je trouve la mascarade organisée par ses proches affreuse ou magnifique. En tout cas, ça m’a fait du bien et ça m’a fait réfléchir entre deux mouchoirs. Ça m’a donné envie de me lancer dans mes projets malgré mes craintes et mon manque de confiance, de m’en ficher de l’avis des autres. Parce que malgré cet épisode douloureux, Florence aura été heureuse d’avoir pu faire ce qu’elle aimait pendant des années. Et si on lui avait dit dès le début qu’elle était nulle, elle n’aurait jamais fini au Carnegie Hall. Je crois que parfois, il faut simplement ne pas se poser la question. Take that, world !   

Ça c’est la tête d’un rêve accompli !

 

Le Géant de Fer VS mon cœur de guimauve

Par Petrocore

Si vous avez vu Le Géant de Fer, vous savez de quoi je parle. Cette relation qui s’installe entre ce môme trop imaginatif (et remuant) et ce gigantesque robot tombé de nulle part. Ils apprennent à se découvrir, ils s’instruisent l’un l’autre sur le langage, les joies et les peines, la vie et la mort… Cette relation se construit, monte en puissance. Oh, il y a bien quelques couilles dans le potage, mais les deux finissent par devenir les meilleurs amis du monde. Et puis… il y a la « quasi-fin ».

Cette quasi-fin où le crescendo s’entremêle, où tous les éléments s’assemblent pour te faire chouiner comme un môme. Sacrifice, abnégation, tout y est pour vous faire vibrer la corde sensible. J’en ai déjà trop dit. Si vous avez vu Le Géant de Fer, vous savez de quoi je parle. Si ce n’est pas le cas… Bon sang de bois, que votre vie est laide.

Spéciale kassdédi à ma meuf et son cœur de pierre : non seulement elle chiale pas, mais en plus elle se fout de ma gueule.

 

L’été de Kikujiro ; bakayarô

Par Flavius

Je ne suis pas d’un naturel très lacrymal et finalement assez peu d’œuvres m’ont amenées à chouiner lâchement dans mon coin. Néanmoins, il en est une un peu particulière dont les seuls accords du thème au piano (Joe Hisaishi…) me rendent assez peu serein quant aux marques affectées de la virilité. L’été de Kikujiro de Takeshi Kitano possède ce super pouvoir d’abattre chez moi toute forme de retenue et me laisse m’épancher gentiment dans mes larmes et ma morve, cependant que j’affiche un large sourire béat de contentement, parce que c’est une belle histoire putain !

Mais qu’est-ce qui peut ainsi renverser une si mâle assurance chez ce Flavius racé ? Une simple comédie dramatique mettant en scène le voyage d’un été d’un pauvre gosse qui veut retrouver sa maman et qui trouve pour l’accompagner un ancien voyou complètement paumé. Ces deux protagonistes improbables vont alors vivre une aventure d’une force poétique peu commune.

Et pourtant, je peux vous dire qu’en terme de thématiques dures et légèrement traumatiques, on est dans du calibre lourd. Pour équilibrer ce registre, le film est bercé dans une ambiance décalée, parfois simplement absurde, qui réussit à nous faire sourire au milieu des évocations du tragique. Kitano est d’une justesse remarquable et sort du monolithe inébranlable dans lequel on le cantonne trop souvent après avoir vu deux films de yakuzas. Il campe un anti-héros dont l’âme étriquée grandit un peu, au fur et à mesure du voyage, au contact de ce môme malheureux.

Malgré ce programme, vous allez vous marrer en le regardant ; Kitano propose un humour clownesque, joué dans des situations séquencées comme des tableaux successifs, dans lesquels on le voit s’humaniser toujours un peu plus. S’il débute comme un trou du cul invétéré, il en vient à incarner une figure paternelle de substitution, certes maladroite, mais d’une tendresse bourrue ; il se révèle prêt à tout pour rendre le sourire à l’enfant, quitte à l’entraîner dans des conneries infantiles. Au fond le film est une ode aux personnages un peu déclassés, presque marginaux, en rupture avec les normes sociales, mais qui possèdent en eux suffisamment de valeurs humaines pour offrir à un gamin un été magnifique alors qu’il partait vraiment pas super.

C’est aussi un film de rencontres ; nos deux héros croisent la route de toute une faune de personnages, des plus inquiétants aux plus fantasques, brossant par là l’incroyable diversité du vivant humain. À chaque fois ces personnages introduisent un aspect de l’existence ; de la joie créatrice, de la gentillesse, du cynisme agressif… De fait, ils sont formateurs, ils amènent leur part de l’initiation des héros, mais une initiation loin de tout héroïsme, une initiation de la vie ordinaire, une grammaire du quotidien.

Au fond, cette aventure offre au jeune garçon une évasion de son espace clôt liminaire, une espérance, une alternative, et moi… ben… ça me rend tout chose…
C’est sans la moindre honte que je verse ma larmichette et, si cela ne vous fait rien, c’est que vous êtes un peu mort de l’intérieur.

 

 

Nemarth

Cet individu est un gobelin fait homme. Hautement imprévisible, il représente un danger pour la Société. A éliminer à vue.