Retour sur The Last of Us : la route toute la sainte journée

Oui, après des années de doutes, d’hésitations, et d’évitements presque honteux…  Riche de l’argent détourné dans les caisses gonflées et opulentes du Cri du Troll et en contractant un prêt à vie, j’ai décidé d’investir dans une Next Gen à la sortie de la Nintendo Switch (ouais je suis lent à écrire des articles et alors ?). Vous allez me dire « MER IL ER FOU », mais non c’est bien vrai : j’ai fini par succomber aux avances et clins d’oeil mécaniques de… la PS4. Oui, bah oui ! Vous croyiez quand même pas que j’allais investir 400 boules dans une console avec un seul jeu non ? (Ouais mais Zelda quand même… NON ! Je ne succomberai pas !)

Et puis sans vous mentir, cela faisait des années que j’avais mis The Last of Us dans un coin de ma mémoire, classé dans un tiroir mental tout dédié étiqueté aux consonances Flaviusiennes « JEUX AUXQUELS TU DOIS JOUER ABSOLUMENT SAC A MERDE ». C’est donc fort de ma nouvelle machine de guerre et après avoir claqué ma paye de contractuel prolétaire que je lançais ce jeu déjà vieux de trois ans mais qui, dès les premiers instants, m’apparaissait nettement comme un « invieillissable ». Il faut dire que je m’étais muni de la version « Remastered », d’ailleurs, seule version disponible sur la PS4 et que la dite version explose la rétine aussi facilement que mon équipe de foot préférée encaisse des buts de crevards (Oui je rage dans un article qui n’a rien à voir, ballek frère).

Tout émerveillé comme un enfant à Noël par ces graphismes de bonne facture et par les premières images de ce jeu que je quémandais en mon for intérieur depuis des années… Je lançais le Prologue de la bête.

Et là… Là, rien que là.

Ce fut le coup de foudre.

« Comme d’hab » persifle lointainement Narfi avec sa voix nasillarde et fort désagréable « Encore un coup d’cœur à Lazylumps, le 36ème ce mois-ci » rebondit ce vil Pétrocore en s’arrosant de whisky japonais, « SAC A MEEEERDE » braille encore Flavius en tapant ses poings sur son torse hirsute, « Oh mon p’tit chat » me cajole Méla avant de me foutre une paire de baffes verbales tandis que les autres applaudissent, la bave aux lèvres en état d’hystérie.

Bref, au Cri, rien de nouveau.

MAIS NON CHER LECTEUR, FIDÈLE PARMI LES FIDÈLES ! C’est un vrai coup d’cœur du fond du palpitant que vous tenez là sous vos yeux esbaudis, un réel battement de grâce que votre serviteur va vous exposer de ce pas, car le bébé de Naughty Dog mérite son article sur ce site et cela, même si tout le monde l’a déjà encensé avant moi.

C’est l’histoire d’un mec…

Un champignon qui… PRENDS POSSESSION DE L’HÔTE INFECTE BORDEL ! Atroce !

Les prémices de The Last of Us sonnent comme beaucoup de productions de survival horror : on découvre le héros, Joel, maçon de formation, qui va subir une nuit en enfer. La première nuit. La nuit de l’angoisse, la nuit où tout à commencé et où il a tout perdu. Dans ce prologue d’une vingtaine de minutes, on est immergé dans la panique, dans la fuite de ce personnage et de sa famille face à un fléau qui s’abat sur la société : le Cordyceps. Sorte de champignon qui prend possession de l’hôte qu’il infecte. Bon, ne paniquez pas : oui le bouzin existe vraiment dans la vraie vie véritable mais il ne s’attaque qu’aux insectes. (MAIS IL EXISTE OMFG OMFG !!!!!)

Ce n’est que vingt ans plus tard, en 2033 que nous retrouvons Joel, cinquante piges, hirsute, désabusé et désespéré. Il est devenu contrebandier et survit comme il le peut en zone de quarantaine. Le champipi à ravagé les USA et ne reste plus qu’un pouvoir militaire qui maintient (mal) l’ordre sur la zone fermée. Un groupe de rebelles terroristes et sécessionnistes a émergé du chaos : les Lucioles. Implantés un peu partout dans le pays dans des îlots de résistance, ils luttent contre l’armée et croient dur comme fer en l’existence d’un remède au Cordyceps, idéal qu’ils pourchassent comme le saint Graal.

Le reste du territoire est une sorte de No man’s Land où bandits, bandes, gangs, infectés et survivants s’affrontent dans un grand bain de sang généralisé au milieu des ruines de l’ancien monde. Dans la joie et l’allégresse, évidemment.

Il sortit dans la lumière grise et s’arrêta et il vit l’espace d’un bref instant l’absolue vérité du monde. Le froid tournoyant sans répit autour de la terre intestat ; L’implacable obscurité. Les chiens aveugles du soleil dans leur course. L’accablant vide noir de l’univers. Et quelque part deux animaux traqués tremblants comme des renards dans leur refuge. Du temps en sursis et un monde en sursis et des yeux en sursis pour le pleurer.

La route de Cormac Mac Carthy

Par le truchement du scénario Joel va être amené à protéger Ellie, une jeune fille de quatorze ans et principal espoir des Lucioles, le temps d’une quête qui l’amènera à traverser les USA dévastés de long en large. Je n’en dirai pas plus, je vous laisse savourer la mise en scène et le rythme dingue de ce début de jeu qui vous immerge tête la première dans un univers catastrophe.

Ellie et Joel

Ellie est une gamine vive, brillante, fragile malgré sa force de caractère… Elle est une pulsion de vie qui n’a connu que l’enfer mais conserve son âme d’enfant malgré tout, même si cette dernière vacille de plus en plus sous les afflux des vagues de cruauté et de dureté d’un monde qui part complètement en vrille. Et se retrouver avec Joel comme gardien deviendra son salut. Chacun d’eux apprendra de l’autre, ensemble sur la route et dans l’adversité. Les liens vont petit à petit se tisser entre le colosse désarmé face au monde qui lui a tout pris et la jeune fille, désarmante lueur d’espoir.

Car voilà, The Last of Us est tout d’abord et essentiellement une histoire d’amour et de tendresse.

Au nom du père, de la fille et de l’apocalypse

Au fil de leurs pérégrinations, Joel et Ellie vont s’apprendre mutuellement, se découvrir et s’aimer. Pas d’un amour conventionnel évidemment, plutôt comme un amour filial entre ce père veuf de son enfant, et cette fille orpheline de sa famille.

Au fur et à mesure, Joel va revêtir ce vêtement troué de partout, trop longtemps abîmé, douloureux, craint et fuit : il va devenir le père d’adoption. The Last of Us est une véritable histoire qui va surtout s’attarder sur les vicissitudes de l’humain et sur cette relation père/fille, seule lueur d’espoir dans un océan de malheurs. Ces deux laissés-pour-compte se sont bien trouvés, tout seul qu’ils étaient avec eux-même. Là où la différence est marquée, marquante, frappante et osée dans le monde vidéoludique : c’est que dès le Prologue, The Last of Us va jusqu’au bout. Jusqu’au bout de l’horreur, du désespoir et de la cruauté. Et on comprend très vite que l’on a face à nous un objet important : un objet adulte.

Vient alors la question du cœur du jeu : le gameplay. C’est très simple et ça se déroule en trois temps qui se répètent ad nauseam tout au long du jeu : nous voilà immergés dans l’ambiance classique des univers post-apocalyptiques zombiesque où l’on enchaîne des moments de contemplation pure et d’exploration avec des phases d’échanges et de dialogues pour enfin pulvériser la tronche à tout le monde dans des grands moments d’action.

« Comment survivre avec une seule cartouche ? »

Je vous préviens tout de suite, le gameplay de The Last of Us ne casse pas trois pattes à un canard. C’est simple mais efficace : en empruntant aux classiques du genre, The Last of Us se révèle être un jeu d’infiltration de très bonne facture où le joueur devra user de malice et de prudence pour parvenir à avancer sans encombre… OU ALORS il pourra foncer dans le tas comme un gros golbute et se faire ouvrir en deux dès qu’il y aura plus de trois adversaires. Eh ouais mon gars, effectivement, techniquement tu peux te jeter dans le tas… Je t’avoue, tu le feras et c’est bien normal tant le rendu réaliste des coups est saisissant (et ces finish moves sont aussi jouissifs que malsains). Mais voilà la subtilité : tu es aussi nu qu’un ver à soie. Et les cartouches, tu vas les compter mon bonhomme. Nous sommes ici dans un survival horror, les ressources sont rares, les armes aussi (l’arsenal est varié mais on reste dans le sobre et le classique) et surtout, SURTOUT, il faut privilégier l’infiltration dans l’espoir de conserver ses quelques balles pour les moments chauds. Car des moments chauds mon p’tit gars, tu vas en avoir plus d’un, et tu seras très content d’avoir ton fusil à pompe avec ses huit pauvres cartouches pour contrer la furie des infectés sur ta petite personne. Certains passages résonnent encore dans ma mémoire comme des échos obsédant d’une rixe impossible à gagner qui se joue sur le fil :  tension immense et violence sévère.

En résumé : pas de QTE, pas de chichis, soit on tabasse au corps à corps, soit on règle ça aux impressionnants gunfights, soit à l’infiltration (à la mode Splinter Cell) en vil petit chenapan que nous sommes. Autre point de gameplay intéressant/pénible selon les gens : le crafting. The Last of Us, en bon survival, requiert que le joueur explore et collecte TOUT ce qui peut lui être utile. On en vient à chercher frénétiquement des boulons, ciseaux, tissus etc… pour pouvoir se fabriquer des améliorations ou se créer par exemple des bombes ou encore des armes de corps à corps et des médikit indispensables à notre survie.

D’autres goodies seront présents dans le monde apocalyptique : objets de collecte, ressources historiques, documents etc… Autant de petits plus qui immergent le joueur dans cet univers ravagé.

The Last of Us est une pépite. Un objet vidéoludique à conserver, à chouchouter, à cajoler. Naughty Dog a créé ici une histoire inédite, prenante, profonde, intelligente, qui pousse le propos des scénaristes jusqu’au bout du bout. C’est le The Road du jeu vidéo, c’est beau, c’est fort, c’est immersif, intense et jouissif, ça fout les jetons, ça attendrit, on a peur pour nos héros, on s’attache à eux… Et quand vient la fin de l’aventure, on se sent vide de l’abîme qu’ils laissent derrière eux.

Oui on est triste de terminer The Last of Us. C’est un très très grand jeu, un coup de cœur absolu pour un chef d’œuvre devenu culte. On attend la suite avec impatience. Viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite ! (PS : si vous ne l’avez jamais fait, sachez qu’il y a un DLC de plutôt bonne facture qui se passe avant les événements de l’histoire principale ! On y apprend un peu plus sur l’histoire d’Ellie, ça vaut le coup !)

ET CETTE BANDE SON !

 

 

 

LazyLumps

Déjà petit, le troll Lazylumps collectionnait les cailloux. Après en avoir balancé un certain nombre dans la tronche de tout le monde, il est devenu le "Rédak' Chef" de la horde, un manitou au pouvoir tyrannique mais au charisme proche d'un mollusque. Souvent les nuits de délire on l'entend hurler "ARTICLE ! ARTICLE ! IL FAUT UN ARTICLE POUR DEMAIN".