Wonder Woman, l’amazone en PLS

Je ne suis pas content, je me suis fait braquer dix balles dans un cinéma par un malfrat au pectoral de bronze dans ce qui est à mon sens un des pires naufrages cinématographiques de ces dernières années. Jamais sans doute n’avais-je autant ri du malheur d’un film et de sa niaiserie premier degré qui ferait passer la série B d’M6 pour un honnête direct-to-DVD. Wonder Woman, puisque c’est ainsi que ce nomme le braqueur de porte-feuille, n’est qu’une grosse tartine de clichés sur un lit de bonne conscience sentimentaleuse de mes fesses. Ça dégouline de mièvrerie, ça s’épanche en blagounettes lourdingues et c’est filmé avec le rectum d’un cynocéphale en rut. Mais par quel prodige ce film peut autant susciter d’enthousiasme ? Est-ce pour les tentatives de féminisme qui étaient déjà dépassées quand ma grand-mère jouait aux billes ? Est-ce que c’est pour le pouvoir de l’amour ? Cœur philosophique de la chose ma bonne dame… Je ne sais, mais en tout cas ça me dépasse.

Pourtant, ça avait mal commencé

Par où aborder la chose ? Je l’ai tellement décrypté en éructant à l’oreille de mes compagnons trolls d’infortune que je me sens démuni devant la tâche. Autant commencer par l’histoire, une trame narrative à montrer dans toutes les écoles de cinéma pour bien expliquer ce qu’il ne faut pas faire. Je vous préviens avant l’avalanche, je vais spoiler comme un gros porc parce que je n’ai aucun respect pour ce qui a été troussé et que ça sera une sorte de défouloir pour m’avoir piqué mes petits sous. Bref, je crois que vous avez tous compris que Wonder Woman est à l’origine une Amazone qui vit avec ses consœurs sur une île à la gréquitude nouvelle façon, c’est à dire moche. Elle apprend la bagarre mais sa maman n’est pas trop d’accord au début parce qu’après de façon random ça change. Et puis un jour un aviateur vient se cracher à proximité. Diana, c’est son nom (pas de blague avec des ponts s’il vous plaît), lui sauve la vie, or voilà t’y pas qu’une horde vociférante d’Allemands arrive à sa suite et tirent sur tout ce qui bouge ; ce sont les méchants. Pan pan pan, flèches qui volent et ralentis à arracher la rétine au rédak’ chef, les vilains sont massacrés. Or nos amazones apprennent l’existence d’une terrible guerre à l’extérieur de leur bulle kitch. Pas mal pour les guerrières un peu chargées de défendre l’humanité… Dûment informées donc par leur aviateur d’amour à la mâchoire carrée d’américain (oui, dans un film sur l’Europe se passant pendant la Première Guerre Mondiale, il fallait un Américain, la logique les gars), les Amazones débattent de façon clichée :

« Il faut aller les aider, tonne Diana.

– Non ma fille c’est dangereux la guerre.

– Mais crotte alors et saperlipopette c’est quand même de la grosse guerre tout ça.

– Ta ta ta, va ranger ta chambre.

– Mais maman c’est Arès qui est revenu et qui fait rien qu’à contaminer l’esprit des gentils humains créés par Zeus le gentil.

– Nope, TG, c’est moi qui ai raison, fin de la discussion ».

Voilà, je pense avoir assez brillamment retranscrit la substantifique moelle de ce dialogue. La suite vous vous en doutez ; Diana fait le mur, presque littéralement, va chercher ses équipements et se stuff as fuck avant de partir à l’aventure. Et au moment d’embarquer avec son Américain pour aller vers la guerre, la maman débarque et on rejoue la fin du dialogue :

« Maman, j’ai décidé d’y aller, dit Diana.

– Je l’ai toujours su ma fille, ils ne te méritent pas ».

Alors d’une part si c’était pour la lâcher si vite pourquoi nous avoir pété les gesticules cinq minutes avant et nom de dieu c’est quoi cette punchline des enfers ? On est dans Amour gloire et beauté et je ne m’en suis pas rendu compte ?

Pourtant les clichés c’est la vie

Bref… Vient la scène du bateau et là-dessus je pense qu’on peut tous s’accorder à dire que c’est de la couille en boîte de l’espèce périmée depuis les années 20. Ils s’apprêtent à piquer un somme et Mâchoire carrée (ça sera son petit nom, bien que j’ai hésité avec Sourcil, mais vous auriez pu confondre avec Fillon… ou Brejnev) installe des sacs bien séparés. Diana s’insurge :

« Pourquoi tu ne les mets pas côte à côte qu’on fasse dodo ensemble ?

– Mais enfin heuuuuu… un homme et une femme quoi… lol.

– Hein what da fuck man.

– Mais heuuuuu, pas avant le mariage quoi, pas possible, t’es chelou meuf.

– N’importe quoi, c’est pas logique ».

Face à cet argumentaire plein de pièges rhétoriques retords, notre brave Yankee finit par déplacer son postérieur à coté de la dulcinée.

« Ola la je suis trop gêné, dit le yankee.

– Pourquoi ?

– Ben heuuuuu, un homme et une femme à coté pour faire dodo… le malaise… oula la.

– Ha c’est à cause de la reproduction sexuée chez les mammifères.

– Ben oui, et de rajouter rougissant, c’est que là on est très près. »

En prenant la température de cette scène je pense que l’on peut affirmer qu’on est en pleine saison de reproduction de l’Américain et que le simple frottement du slip peut lui déclencher une montée de semence à remplir une baignoire. Je me moque, je l’avoue, mais c’est pour ne pas hurler devant la stupidité consternante d’une telle scène. Comment peut on décemment passer cinq minutes sur la blagounette du « tu es sexy femme, moi homme vouloir posséder toi, mais moi avoir principe ». A quel moment peut-on s’imaginer que ce soit drôle passé 12 ans et que ce soit féministe ? Et encore, je vous ai fait grâce jusque-là d’une autre scène hallucinante de débilité…

Mâchoire carrée, après le dur combat contre les méchants allemands et son interrogatoire au lasso, les amazones lui accordent un petit répit dans une source magique bleue où il délasse sa plastique avantageuse. Mais voilà, au moment où il sort ses miches de l’eau, Diana la coquine entre sans prévenir et le découvre dans le plus simple appareil. Dans l’immense majorité des films, même les comédies sentimentales, on aurait vu le bellâtre courir se passer une étoffe autour de la taille et le préjudice intellectuel aurait été somme toute mineure. Mais pas dans Wonder Woman ; la réalisatrice a cru bon de passer plusieurs minutes dans la contemplation du zizi yankee.

« C’est ça un homme ? s’interroge Diana.

– Heuu, je suis au-dessus de la moyenne. »

Et là mes chers amis vous vous imaginez sans doute que le pauvre Flavius, étranglé dans sa rage passionnelle, perd tout sens commun et débite des dialogues incohérents sans la moindre vergogne pour salir un film. Mais non, ça c’est une citation fidèle, on en est là, à se mesurer la bite dans un film adoubé par la critique… Et ça ricane quand Pat Seb fait des chansons, ça dédaigne toute forme de divertissement populaire, ça se gausse de la vulgarité affectée pour le rire, mais ça vient s’épancher sur un membre viril comme si ça avait inventé la poudre… Or voilà, c’est marrant comme un chaton écrasé par un camion surtout vu le temps investi sur la chose. Quand on part sur 2h20 de film il serait bon de faire autre chose que du meublage.

Pourtant les scénarios c’est pour les faibles

Que de bile me direz-vous pour un seul film, mais je n’en suis qu’au début pauvres malheureux ! Par souci de préservation de mon intégrité psychologique, je vais expédier la suite de la trame. Diana arrive en Angleterre victorienne, après une ellipse nocturne qui suggère qu’ils ont fait le voyage en concorde. Et là on découvre la confrontation de la femme libre, amazone, avec la société cul-pincée de l’époque. Croyez-vous mes bons amis qu’elle va ruer dans les brancards ? Non, elle s’indigne du bout des lèvres mais on la ramène gentiment à sa condition de gonzesse… Elle… Une divinité… Bref… Tout ça pour nous introduire quelques personnages, dont la secrétaire du bellâtre yankee qui aura le rôle de comique troupier le plus court et le plus inutile de l’histoire. De là, hop hop hop, on part dans un pays où c’est la guerre, la France sans doute, mais comme c’est un film anglo-saxon on s’en cogne joyeusement les parties molles. Ce qui compte c’est qu’on soit avec des tommies, ça rassure. On a droit alors à la scène de découverte de la guerre la plus ridicule de la création ; une avancée linéaire où Diana découvre les « horreurs » de la guerre :

« Oh, le gentil cheval est embourbé, je vais aller les aider ils s’y prennent mal !

– Non Diana, nous avons une mission !

– Oh le gentil soldat est blessé je vais aller l’aider…

– Non Diana, nous avons une mission. »

L’héroïne, l’œil triste où perle une larmichette de crocodile allergique pénètre dans la tranchée sous un timide bombardement. Là son regard perçant de guerrière amazone tombe sur une autochtone bilingue :

« Oh mais que t’arrive-t-il brave femme qui pleure !

– C’est les méchants allemands qui font rien qu’à nous mettre en esclavage dans mon village juste en face !

– Je dois aller les aider cette fois, tonne Diana à son yankee fort en sourcil,

– Non Diana, nous avons une mission,

– Lâche moi, t’es pas mon père OK ! Finalement t’es comme les autres ! »

La belle se drape dans sa superbe de combattante antique et monte à l’assaut sous les tirs vicieux de l’ennemi. Elle esquive, concentre les tirs et se retrouve acculée derrière son bouclier. C’est le moment de génie stratégique de l’œuvre ; notre ami Mâchoire carrée envoie toute sa tranchée à l’assaut vu que les Allemands semblent trop cons pour reporter leur attention sur une horde chargeant à découvert. Ils prennent alors la fuite. C’est fou comme ça semble aisé de contourner la hiérarchie dans cette Guerre Mondiale là et de passer outre les ordre du commandement pour passer à l’attaque… Hein, c’est pas comme si Kubrick avait fait Les sentiers de la gloire il y a 60 ans… Bref, c’est un moment où l’on se prend gaiement la tête à deux mains et où on ignore que la scène la plus clichée, la plus cucul la praline, la plus niaise arrive… Le village repris, les villageois fêtent leur libération et organise un petit bal sur la place du village. Les yeux pleins d’un ardent désir Mâchoire carrée vient quérir le bras de sa belle et sauvage guerrière. Elle se laisse entraîner de bonne grâce par les mâles atours qui la conduisent à valser de concert avec le bellâtre, domptée par ses phéromones et son charisme. Alors leurs yeux se perdent dans la contemplation des pupilles aimées et une neige vient perler dans les cheveux soyeux de Diana. C’est le moment où j’ai craqué ; brisé en deux par tant de marmelade de comédie romantique, je suis parti dans un fou rire incontrôlable. J’en ai chialé.

A la base rappelons-nous qu’on nous avait vendu le film sur des scènes de baston rugueuse avec des ralentis un peu putassier. Mais ce sont les seuls hormis quelques échanges en CGI à la fin… Vraiment, c’est de la pure escroquerie ; on vient pour voir une guerrière amazone péter des gueules et botter des culs et on se retrouve avec une romance bas de gamme où le rôle de Diana est ravalé à celui d’amoureuse clichée sans relief, sans introspection par rapport à sa condition, sans le moindre approfondissement psychologique entre les deux amants… On en reste à la trame classique du « il est beau et héroïque donc cœur cœur love » à laquelle répond la célèbre « elle est belle et affirmée dans sa féminité rebelle donc cœur cœur love ». On est sérieux deux minutes ? Ce genre de choses est honteux en soit mais à quel moment on peut imaginer cela féministe ?

Pourtant les producteurs ont des bonnes idées

Aller, je respire, je me calme. On parlait récemment avec les copains trolls du problème assez central de ce genre de production ; le cahier des charges des producteurs qui assassine l’esprit de création. En disant cela je n’invente pas l’eau tiède, je sais et bien d’autres l’ont bien mieux dit que moi depuis un sacré moment. Mais le fait est que cette grille d’analyse ne cesse de se vérifier. Mais au fond, auraient-ils des raisons de se priver vu les succès au box-office ? Non évidemment, le public apprécie et même en redemande. Alors j’ai l’impression de faire mon intello intégriste qui défonce du divertissement par esprit mesquin et aigri… or les amis, qu’est-ce que je ne cesse d’entendre chez des gens, dans mon entourage, qui n’ont globalement pas détesté, comme ce traître de Narfi (je le retiens celui-là) :

« Oh, c’est pas si pire, là ça va encore, t’as qu’à regarder les autres DC tu vas te perforer les globes oculaires avec un tisonnier »

Mais bordel ! Est-ce qu’on veut lourder dix euros pour se dire qu’ils auraient pu faire pire ?! Le rouleau compresseur de la promotion publicitaire, couplé à un relais médiatique complaisant a réussi à faire globalement accepter la médiocrité comme étalon de mesure de base des films ; le divertissement après s’être effondré en qualité à la télévision, est en train de régresser dans les salles obscures et l’on est bien content aujourd’hui d’avoir des séries qui se caractérisent, elles, bien davantage par l’audace et l’intelligence d’écriture, entre autre. Et elles ont du succès ! La création aura toujours la primauté sur le cahier des charges et s’il est délicat de laisser libre cours à la folie créative d’un réalisateur quand on a mis un chèque de plusieurs centaines de millions de dollars sur la table, il faut comprendre également que le cinéma ne peut se résumer à un simple placement avec retour sur investissement.

La logique actuelle de rentabilité sécurisée, l’énorme machinerie financière qui soutient le marché des films est en train de devenir un handicap à la création et ne laisse augurer rien de bon pour l’avenir à court terme ; les franchises creuses se succèdent et on compte les bonnes idées dans les blockbusters avec nos pauvres petites mains. Et pourtant, heureusement, il existe encore des films qui ont un parti-pris audacieux structuré par une vision artistique, il n’est qu’à citer le dernier Mad Max en date pour trouver un comparatif qualitatif à ce pauvre Wonder Woman. L’écart tient de l’unité astronomique, et le seul plan de la tempête de sable renvoie les scènes d’action du dernier DC au niveau d’un amusement de débutant qui fait de l’image par image avec de la pâte à modeler.

Pourtant les personnages on s’en fout

Le plus choquant de la trame narrative reste tout de même le coup de chance sidérant de connerie qui soutient tout le film. Je reviens sur la fameuse scène de guinguette ; dites vous bien qu’elle a foncé sans réfléchir sur les lignes allemandes pour sauver des villageois en détresse en ignorant complètement sa mission. Or, accrochez-vous bien à vos slips, le village qu’elle a permis de libérer se trouve être juste à coté de l’endroit où se trouve le grand méchant de l’histoire ; si c’est pas du bol ça ! Quand un scénario déraille à ce point on se demande vraiment ce qu’on fait dans le cinéma. Tout ça en plus pour humaniser un peu du civil qui va ensuite avoir à subir les méchancetés gratuites du méchant et ainsi jouer à plein sur le tire-larme facile… Si on en vient aux vilains, on peut dire qu’ils ne sont franchement pas reluisant ; Ludendorff, le général allemand et son âme damnée, l’inventrice cinglée, Dr Poison, nous gratifient par exemple d’un rire machiavélique digne vraiment d’Austin Power… Et c’était un peu gênant à voir…

En méchant suprême, incarnant le dieu de la guerre, Arès, le casting nous propose David Thewlis ; pourquoi pas tant qu’il joue son double jeu infiltré. Mais après les gars, on a Lupin de Harry Potter en divinité guerrière… Hein… Monsieur moustache volant… Vous la sentez la grosse crédibilité ? Il était si compliqué de transformer un peu son apparence ? Parce que là je n’y étais globalement plus. Pourtant j’aime beaucoup cet acteur, mais tout le monde ne peut pas jouer n’importe quoi.

Voilà une review telle que je n’en ai pas l’habitude, mais au bout d’un moment je pense qu’il faut savoir aussi violemment s’indigner ; à trop accepter des bouses sidérales on finit par cautionner un système qui amène le cinéma dans le mur. Il est important de valoriser une certaine exigence qualitative face à la facilité d’écriture scandaleuse, il est bon de retrouver une certaine envie de créer, d’enchanter, de réinventer. De prendre acte de ce qui fait le succès des séries et si les millions deviennent un frein il faut être capable de réduire un peu la voilure sur ce point. Les réalisateurs retrouveront du coup l’inventivité qui a fait le succès d’une époque (Star Wars…). En tout, Wonder Woman c’est très très nul et ça ne mérite aucune attention.

Ce que les autres trolls en ont pensé :

Narfi : Et voilà, de suite on me fait dire ce que je n’ai pas dit ! Tout ça parce que je trouve que ce Wonder Woman moyen n’est pas sombrement à chier, on me fait passer pour le genre de type qui ne traite un film qu’à l’aune de ses prédécesseurs.
Pas de ça avec moi ma bonne dame, je m’en vais vous donner mon avis express : j’aime bien Gadot, j’aime bien Pine, Diana est un personnage cool, et DC s’est enfin sorti les doigts, comprenant au passage qu’il fallait arrêter la crise d’adolescence « je suis trop mature et trod4rk ». Au final le film peut dire merci à Diana d’être aussi attachante et bien intentionnée, un personnage à la fois innocent et badass c’est pas si simple à pondre, et je trouve ça particulièrement réussi ici. Dans un monde où Superman passe son temps à bouder « parce que les humains font rien qu’à m’embêter », ça fait un bien fou.
Du côté des points négatifs : la première guerre mondiale parce que Cap’ avait déjà piqué la seconde (et bordel de merde, les méchants Allemands quand on parle de 14-18 c’est juste PLUS possible), les persos secondaires qu’on voit 10 minutes et dont on se fout allégrement, les méchants tounuls (si vous voulez voir Thewlis en méchant : Fargo S03), les ralentis putassiers, les CGI dégôlasses (Wonder Woman et le tank, toi même tu sais si t’as vu le film), Durendal qui parle de boules (CE FILM EST RESPONSABLE !!!) et cette fin…
Cette fin de MERDE expédiée en 10 minutes, où l’on nous sort des conneries sur le pouvoir de l’amour (c’est cliché depuis Retour vers le PUTAIN de TUR-FU), et une Wonder Woman qui a besoin du sacrifice de son homme pour véritablement s’accomplir. Sérieusement, vous trouvez ça féministe que ce soit au travers le sacrifice de son amant que l’Amazone indépendante et cool réussisse à vaincre ?…
Et c’est quoi ces conneries d’épargner Virus quand ça fait bien 2h de film que tu butes du Prussien à la pelle sans en avoir rien à foutre ?!
Bref je m’arrête là : loin d’avoir détesté, je suis encore plus loin d’avoir aimé.

KaMelaMela :

Qu’on se le dise, je partage l’ami de notre troll historien Flavius. De toute façon, dès le début du film, tu sens bien que tu vas te faire couillonner dans les grandes largeurs. La mise en scène est à peu près aussi audacieuse que le dernier épisode de Plus belle la vie, quand la pellicule n’est pas salopée par des effets de manches que tu peux faire à peu près pareil en secouant ton portable vivement pendant ton prochain repas de famille. C’est laid, grossier, et encore une fois laid (Oui c’est tellement moche que je me dois de te le dire deux fois). Mais pour moi, ce n’est pas le gros problème du film. Là où le bât blesse toujours un peu plus profondément, c’est au niveau de la construction du personnage de Diana, et de son évolution dans le monde moderne, notamment aux contacts des hommes. Déjà, on nous rabâche tout le film « Oh mon dieu qu’elle est jolie ». Alors oui, ils n’ont pas tort, Gadot est sublime. Mais est ce que pour une fois dans un fucking film américain, on pourrait dire de l’héroïne « Elle est badass/intelligente » ? Le problème avec ce film, c’est que tu as l’impression que Diana attend bouche ouverte et chevelure au vent, ce qu’elle doit faire. D’aucun me diront « Elle débarque un peu, elle ne connait pas la guerre, elle est naïve ».

MAIS NON ! On nous la fait juste passer pour une jolie poupée qui s’insurge pendant deux minutes puis retombe en amour devant les gros sourcils de son yankee. Alors oui, elle distribue quelques goldens, mais c’est pas ça un personnage féministe. Alors que l’analyse médias et le marketing du film nous jettent en pleine tronche que le film aurait pu être sponsorisé par les Femen, ça me reste un peu en travers de la gorge. Le féminisme ce n’est pas ce qui est montré dans Wonder Woman. Ce n’est pas une femme qui distribue des gnons quand les hommes l’autorise. Ce n’est pas la représentation de la femme comme étant la petite chose naïve qui ne comprend pas les mécanismes compliqués de la guerre. Le féminisme ça aurait été d’en faire l’égale de ces personnages masculins. Mais apparemment Patty Jenkins, la réalisatrice, a encore quelque chose à apprendre dans ce domaine. Pour pallier à ce manquement, offrons lui le deuxième sexe de Simone de Beauvoir, ça devrait combler quelques lacunes. Pour finir si vous souhaitez voir un véritable personnage féminin badass/intelligent, je vous conseille vivement de revoir Alien, juste pour le personnage de Ripley ; lieutenant qui est loin d’avoir froid aux yeux, et qui nous est montré pendant les films comme étant une vraie battante, ce qui de mon point de vue, a posé une pierre à l’édifice de la représentation positive des femmes au cinéma.

Flavius

Le troll Flavius est une espèce étrange et mystérieuse, vivant entre le calembour de comptoir et la littérature classique. C'est un esthète qui mange ses crottes de nez, c'est une âme sensible qui aime péter sous les draps. D'aucuns le disent bipolaire, lui il préfère roter bruyamment en se délectant d'un grand cru et se gratter les parties charnues de l'anatomie en réfléchissant au message métaphysique d'un tableau de Caravage.