Tiny EPIC Galaxies, la conquête spatiale dans la poche

Au Cri du Troll, quand on parle jeux de société on tombe rapidement et assez unanimement d’accord sur le fait que l’aléatoire s’il y a de la stratégie ou de la tactique, c’est chiant. Je dirai même plus : on a une aversion assez marquée pour les dés. Que ce soit Risk, Monopoly ou encore le magnifique Conan, les incessants jets de dés pour des raisons plus ou moins absurdes nous sortent de l’ambiance et finalement on se fait royalement chier. Alors forcément si je vous dis qu’aujourd’hui on va parler d’un jeu de stratégie qui se joue uniquement avec des dés, vous comprendrez que non seulement on est sorti de notre zone de confort mais qu’on a aussi remisé nos rancœurs le temps de découvrir ce petit bijou : Tiny EPIC Galaxies.

Il y a bien longtemps dans une galaxie petite, toute petite …

Le matos au complet ©gamelyngames

Tiny EPIC Galaxies oppose les joueurs dans une course aux points de victoire. Le premier arrivé à 21 points gagne. Pour ce faire les participants seront à la tête d’un Empire galactique qu’ils devront développer afin de coloniser des planètes. Cela leur permettra d’activer plus de pouvoirs, récolter de l’énergie et de la culture et construire plus de vaisseaux qui, à leur tour, permettront de coloniser plus de planètes. Il y a beaucoup à faire dans ce jeu qui au premier abord ne semble pas aussi complet, en effet la boîte fait la taille d’un livre de poche !

C’est d’ailleurs là que la magie du jeu commence : on a une toute petite boîte qui fait office d’étalon de qualité en terme d’ergonomie, chaque action, chaque carte et chaque pion trouve sa place rapidement et tout est parfaitement lisible. La boîte, elle-même, se transforme en piste de dés pour son couvercle et en aide de jeu pour sa partie intérieure, l’efficacité est à son paroxysme !

Si je m’appesantis autant sur la forme c’est que j’ai réellement été soufflé par le jeu en tant qu’objet : cette minutie, ce travail d’optimisation de l’espace rend le jeu magnifique (les illustrations des cartes ne sont pas non plus en reste !) et donne réellement envie de jouer. Une fois la mise en place terminée il n’y a rien de posé à côté de la table qui traîne, tout est utilisé et ça c’est trop fort !

Ok Ok ! Calmez-vous ! Oui, j’ai fini de m’extasier parce que c’est une petite boîte avec des petits pions tout mimi dedans ! Oui je vais vous dire comment on joue, posez ce blaster ! S’il vous plaît… J’ai une famille… Si, mon chat ça compte…

Caaapitaine Flam, tu n’es pas de notre tiny-epic-galaxiiiiiie*

Le jeu se joue avec des dés à six faces, représentant chacune une action différente : l’une vous permettra d’utiliser vos vaisseaux, une autre d’améliorer votre empire ou une autre encore vous permettra d’étendre votre culture. En fonction de l’avancement de la partie vous aurez accès à plus ou moins de dés à lancer : quatre pour commencer, jusqu’à sept quand vous aurez amélioré votre empire au max. Chaque dé que vous souhaitez utiliser est alors sorti de la piste de dés et placé sur la zone d’activation. Ce dé ainsi activé ne pourra plus être utilisé au cours de votre tour. Vous faites une fois par dé l’action indiquée par celui-ci. Les dés non-activés restent dans la piste de dés et pourront être relancé si vous dépensez un point d’énergie.

Les dés dans la zone d’activation, avec en fond les planètes à coloniser ©boardeveryday.com

Ah l’énergie ! Première ressource du jeu et première entorse à l’aléatoire qui nous insupporte avec les dés ! Voilà qu’à votre tour vous pouvez relancer tous vos dés tant qu’il vous reste de l’énergie, un jet moisi peut donc rapidement se transformer en aubaine suite à une relance, il n’y a donc pas de « tour poubelle » où vous n’avez rien pu faire parce que « non il fallait 5 ou 6 et t’as fait 4, dommage ! »

Mais ce n’est pas tout ! La seconde ressource du jeu, la culture, vous permet carrément de jouer en dehors de votre tour ! Un adversaire vient d’activer un dé qui vous intéresse ? Hop on dépense un point de culture et on le « suit », c’est-à-dire que vous faites vous aussi l’action comme si vous veniez d’activer le dé ! Comme ça ! C’est presque gratuit ! Du coup récolter de la culture est plutôt difficile, il faut avoir des vaisseaux sur des planètes qui génèrent de la culture qui sont plus rares que celles qui génèrent de l’énergie et votre centre de la galaxie (votre base centrale en gros) n’en produit pas alors qu’il produit de l’énergie. Vous voulez qu’on finisse d’enfoncer le clou dans le cercueil de l’aléatoire ? En sacrifiant deux dés non-activés vous pouvez en mettre un troisième sur la face de votre choix. Un lourd sacrifice certes, mais qui peut vous sauver la mise !

La dimension stratégique du jeu prend alors toute son ampleur, on regarde les ressources des autres joueurs, l’état d’avancement de leur colonisation des différentes planètes et on active les dés décisifs uniquement si nos adversaires n’ont plus de culture. Ou peut-être sacrifierons-nous la colonisation d’une planète en posant notre vaisseau à sa surface au lieu de le mettre en orbite. Cela permet d’activer immédiatement le pouvoir spécial de celle-ci, qui peut être un bonus de récolte ou une entrave à la colonisation des autres joueurs, et donc à terme un avantage pour nous. Il existe plein de façons de jouer à Tiny EPIC Galaxies et en fonction de vos adversaires et du tirage des cartes-planètes, il sera parfois avantageux d’essayer d’améliorer votre empire le plus rapidement possible avant de partir à la conquête spatiale. D’autres fois, il faudra essayer de coloniser une ou deux planètes immédiatement car leurs pouvoirs sont beaucoup trop intéressants pour les laisser entre de mauvaises mains, et je ne vous parle pas des missions secrètes ! Bref vous l’avez compris la rejouabilité est démentielle et les dés ne sont enfin plus une entrave au fun mais un véritable outil de jeu qui apporte suspense et rebondissement ! Il était vraiment temps !

Espace épique, frontière du tout petit infini, vers laquelle voyage notre tout petit vaisseau spatial

Au fond, le centre de la galaxie du joueur vert et au premier plan les planètes, leurs orbites, leurs pouvoirs spéciaux et enfin les points qu’elles rapportent ©geeklette.fr

Je ne sais pas si je vous en ai parlé mais la boîte de Tiny EPIC Galaxies est vraiment petite. Si ? C’est la huitième fois que je l’évoque ? Non mais … Je vais revenir dessus.

L’avantage de cette taille riquiqui c’est que ça en fait un jeu de voyage parfait surtout qu’il bénéficie d’un atout que la plupart des jeux vendus à ce format ne possèdent pas : il a un mode 1 joueur. Vous attendez votre avion ? Votre train ? Ou vos amis auront une demi-heure de retard à la soirée ? Pas de soucis, vous sortez le jeu et vous retournez les cartes centre de la galaxie du côté verso : là, vous pouvez découvrir le mode un joueur et n’avez plus qu’à sélectionner le niveau de difficulté.

Les règles ne changent quasiment pas, vous jouez comme si vous n’affrontiez qu’un seul adversaire sauf que celui-ci, une mystérieuse galaxie renégate, va bouleverser le déroulement de la partie en trichant allègrement ! Il va attaquer vos vaisseaux, vous siphonner vos ressources etc.. Le jeu est très varié, plutôt difficile et franchement amusant ! Je vous conseille fortement d’essayer une partie en solo, cela va vous pousser à voir le jeu différemment et à trouver de nouvelles stratégies que vous pourrez peut-être utiliser face à des adversaires humains !

Fluide, fun, beau, stratégique et pratique, le jeu de Scott Almes édité en France par Pixie Games (et aux US, sa contrée d’origine, par Gamelyn) est un petit chef d’œuvre qui devrait réconcilier les plus amers d’entre nous avec les hexaèdres à lancer. Se jouant de un à cinq joueurs pour une partie durant de 30 à 45 minutes Tiny EPIC Galaxies possède de gros arguments pour trouver sa place dans votre ludothèque !

Cependant il a un prix, qui n’est pas rebutant quand on y a joué et qu’on connaît son contenu, mais qui fait peur quand on voit juste la boîte. En effet il est vendu entre 25 et 30 euros ce qui peut être un seuil psychologique important, autant pour sept dés et une soixantaine de cartes ? Bon les dés, il faut le savoir, surtout quand ils sont customisés c’est extrêmement cher, mais cette justification poussive et mon argumentation seront-elles suffisantes pour vous faire passer ce cap ? Je peux seulement affirmer que vous ne le regretterez pas. Oui c’est une toute petite boîte mais c’est surtout un très grand jeu !

*en raison de la nullité affligeante des entêtes de cet article, la Rédaction a démis Nemarth de son autorisation à choisir ses titres lui-même, la Police du Bon Goût s’est également saisie du dossier et notre rédacteur a été placé en garde à vue à la prison de l’Humour, nous aurons plus d’informations dans les jours à venir…

Nemarth

Cet individu est un gobelin fait homme. Hautement imprévisible, il représente un danger pour la Société. A éliminer à vue.