Verdun : le jeu vidéo en plein coeur des tranchées

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A première vue, réaliser un jeu vidéo sur la Grande Guerre peut apparaître saugrenu tant la Der des Ders fut le symbole même de l’immobilisme et de la lenteur, les hommes se faisant gentiment étriper dans des tranchées remplies de leurs propres peurs.

C’est pourtant le pari réussi des studios belges BlackMill Games et M2H que de transporter les joueurs dans ce théâtre de l’horreur tout en proposant un jeu rythmé, réaliste et angoissant, ou chaque balle perdue peut signer votre trépas. Review de cet OVNI FPS, unique en son genre.

La guerre de position en multijoueurs

Sonnez clairons, bravez tempête, nous allons donc plonger tête baissée dans l’enfer de la guerre de position en rentrant dans la peau d’un des soldats des quatre armées en faction : les Canadiens, les Anglais, les Français et les Allemands. Tous engagés dans une guerre de position acharnée très bien rendue par le mode de jeu principal : la ligne de front.

Le principe est simple mais la problématique était entière. En effet, comment rendre un jeu sur la Première guerre mondiale jouable ? Avec « Ligne de front », nous nous engageons dans une bataille rangée sur une map toute en longueur découpée en lignes d’affrontement : les tranchées. La phase d’attaque consiste à s’emparer de la tranchée adverse, pour repousser l’ennemi dans la tranchée suivante. On alterne donc les phases d’attaque et de défense. Si l’attaque échoue, retraite ! Et tous à vos postes pour défendre la patrie, où l’empire, où votre propre peau plus simplement.

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Deux autres modes de jeu plus anecdotiques permettent un affrontement classique en équipe sans prise de position et un autre qui ressemble fortement à une grande mêlée générale où tout le monde se dézingue gentiment.

Ce qui ressort tout d’abord de Verdun c’est ce soucis du détail et ce travail sur le réalisme : de l’accessoire d’uniforme jusque dans les décors réalisés avec des photos et des plans d’archive d’époques modélisés en 3D, les studios n’ont rien laissé au hasard. Des bois des Vosges, aux tranchées boueuses d’Argonne, en passant par les vastes champs ensoleillés des premiers jours de Verdun, les affrontements vous transportent tout au long de la guerre sur plusieurs maps très détaillées.

Plus qu’un simple FPS, Verdun est une plongée dans l’histoire qui vise principalement vos émotions. Il veut vous mettre en situation, fusil en main, sur la ligne de front de l' »Horrible Guerre ». Avec des développeurs à l’affut des commentaires de la communauté, et qui travaillent d’arrache-pied pour améliorer jour après jour leur jeu atypique, Verdun mérite que l’on s’intéresse à lui.

En jeu, angoisse omniprésente et skill requis

Donc fi des sempiternels jeux de tir de la Seconde Guerre Mondiale, nous sommes ici en plein cœur de la Première, fusil Lebel en main, la mire longeant les crêtes meurtries du paysage en quête du casque pointu. Autant le dire tout de suite, l’oppression est immédiate. On vous pilonne sur le coin de la tronche, ça crie, ça gueule, ça s’insulte, ça tire de partout, dés qu’on se retrouve en terrain dégagé, c’est la mort immédiate… Les attaques au gaz vous floutent l’écran, on se massacre au corps à corps à coup de pelle, de baïonnettes, de grenades… Bref, la sensation est saisissante, Verdun voulant se rapprocher au plus possible du réel de la guerre.

Et ça marche.

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Mooouuuookay ! Je dois défendre ma tranchée plongée dans le gaz moutarde, bonne ambiance et tension garanties !

On se retrouve le cœur battant à guetter le moindre mouvement suivant la logique diabolique d’une balle, un mort. Qui ne nous permet pas de faire le fifou et de charger comme un mongolo. D’autant que le jeu vous propose de jouer en « escouade ».

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Bombardement programmé, et ça va piquer

Quatre par quatre vous formez d’office une escouade. Chacun avec un rôle et un gameplay un peu différent : le caporal n’a que peu d’armes (un pistolet et des jumelles principalement) mais il peut donner des ordres et ainsi faire intervenir un bombardement sur une zone donnée, ou exiger un nuage de gaz. Il peut aussi définir un « point d’attaque » qui guidera les autres membres de l’escouade vers un point qu’il juge intéressant, d’autant que ses coéquipiers gagneront plus d’expérience en se dirigeant vers ce point, où en tuant des adversaires autour de celui-ci. En gros, on suit le caporal, on gagne de l’expérience et on se fait buter. On joue trop solo, on se fait buter.

 Le gameplay, l’armement, et le rôle des autres membres de l’escouade varient autour de trois thèmes schématiques : le grenadier, le mitrailleur et le tireur. Le premier se jette généralement en première ligne pour faire péter ses grenades, le second fait feu de tout bois pour couvrir et faire progresser la team et le dernier s’amuse à faire le plus de cartons possibles.

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Et ça mon p’tit monsieur, c’est ce qu’on appelle « faire un carton »

A chaque fin de partie, nous gagnons de l’expérience pour chaque ennemi abattu et pour les actions collectives réussies. Ainsi plus on fait progresser son rang (comme sur tous les jeux du même types) plus nous rencontrons des adversaires à chaque fois meilleurs. L’expérience débloque aussi des capacités (courir plus vite, viser sans trembler…) qui améliorent le gameplay au fil du jeu. De l’argent sera aussi alloué et servira à « acheter » des améliorations de classes qui comprennent du nouveau matériel principalement (nouveau fusil, lunette de visée, grenade, pistolet etc…).

En ce sens, Verdun reste un FPS classique dans l’enrobage, mais unique en son genre sur le thème choisi et l’ambiance qui règne lors des batailles. En somme, une vraie découverte pour un prix assez modique, et des heures de jeu garanties pour ceux qui accrocheront.

A noter que très prochainement, un patch intitulé Horror of War va aussi dévoiler une nouvelle carte (le fort Douaumont) et implémenter le gore dans le jeu, pour le rendre, littéralement et au sens figuré, plus viscéral. Car la guerre, c’est aussi des tripes et des boyaux et des hectolitres de sang qui entachent la terre.

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Verdun s’impose donc à mon sens comme le seul FPS sur la guerre de 14 digne de ce nom. Avec sa tension omniprésente, son mode de jeu intense et son réalisme poussé, c’est une vraie plongée dans les tranchées que nous propose les studios BlackMill Games et M2H. Une franche réussite et une belle alternative aux jeux de tir post-modernes actuels ou aux redondants FPS sur la Seconde Guerre Mondiale. Et surtout, un bon challenge pour tout as de la gâchette sur PC, car le talent et la rapidité seront vos principaux atouts !

On peut tout de même tiquer (très fort si l’on n’est pas très patient) sur les nombreux campeurs du jeu, ainsi que sur certains crashs et bug redondants (mais qui disparaîtront avec le temps et les majs des développeurs)

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LazyLumps

Déjà petit, le troll Lazylumps collectionnait les cailloux. Après en avoir balancé un certain nombre dans la tronche de tout le monde, il est devenu le "Rédak' Chef" de la horde, un manitou au pouvoir tyrannique mais au charisme proche d'un mollusque. Souvent les nuits de délire on l'entend hurler "ARTICLE ! ARTICLE ! IL FAUT UN ARTICLE POUR DEMAIN".