Big Tech rit sous cape : comment l’Australie a échoué face aux algorithmes des réseaux sociaux

Sept mois après la mise en place d’une loi australienne interdisant l’accès aux plateformes comme Instagram, TikTok ou Facebook aux moins de 16 ans, une étude indépendante révèle que les habitudes des adolescents ont très peu changé. Les chercheurs soulignent un manque de preuves solides montrant un véritable recul de l’utilisation chez les plus jeunes.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Les scientifiques ont suivi plus de quatre cents jeunes utilisateurs de réseaux sociaux, en les interrogeant juste avant l’entrée en vigueur des restrictions puis trois mois plus tard. L’usage quotidien est resté stable chez les 12-13 ans, a légèrement baissé chez les 14-15 ans (passant de 78 % à 69 %) et a même progressé chez les plus de 16 ans (de 80 % à 89 %). Le temps passé chaque jour sur ces applications n’a guère évolué non plus, sauf une petite diminution chez les 14-15 ans. Plus de 85 % des participants de moins de 16 ans ont déclaré continuer à se connecter, souvent avec leur propre compte.
Des contournements faciles et répandus
Les adolescents interrogés expliquent comment ils évitent les contrôles : création de faux profils, utilisation de comptes enregistrés au nom d’adultes, navigation en mode privé ou recours à des VPN. Entre 15 % et 19 % ont admis avoir utilisé un faux compte, tandis que 6 % à 11 % ont opté pour la navigation privée. Près des deux tiers ont rencontré des systèmes de vérification d’âge, le plus souvent sous forme d’auto-déclaration ou de selfie. Les chercheurs concluent à une mise en œuvre limitée, un respect partiel et un contournement important des règles pendant les premiers mois.
Des amendes lourdes mais des résultats incertains
Les géants de la tech risquent des amendes allant jusqu’à 49,5 millions de dollars australiens s’ils ne prouvent pas des efforts sérieux pour exclure les mineurs. La ministre des Communications a pointé du doigt le manque d’engagement réel des plateformes, rappelant que ces entreprises disposent pourtant des moyens technologiques nécessaires. Alors que de nombreux pays observent l’expérience australienne, la France a récemment adopté en première lecture une proposition d’interdiction similaire pour les moins de 15 ans, avec des ajustements prévus au Sénat. La question reste ouverte : ces mesures peuvent-elles vraiment protéger les jeunes sans pousser vers des alternatives moins contrôlées ?






