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Face à la domination des réseaux de paiement américains, plusieurs applications européennes phares ont décidé de passer à l’action. En combinant leurs bases d’utilisateurs, elles visent à proposer une alternative locale, instantanée et souveraine. Le projet prend forme dès 2026 avec des transferts entre particuliers, avant une extension aux achats en ligne et en magasin l’année suivante.

Des acteurs nationaux qui pèsent déjà lourd sur leur marché

Wero, issu de l’initiative européenne EPI, a rejoint Bizum en Espagne, Bancomat en Italie, MB WAY au Portugal et Vipps MobilePay dans les pays nordiques. Ensemble, ces solutions couvrent 130 millions d’utilisateurs répartis sur treize pays. Chacune d’elles bénéficie déjà d’une adoption massive dans son territoire : Bizum équipe plus de 80 % des comptes bancaires espagnols, tandis que Vipps domine les transferts mobiles en Norvège, au Danemark et en Finlande. Jusqu’ici, ces services restaient cloisonnés, obligeant les transactions transfrontalières à passer par des intermédiaires américains et leurs commissions.

Une infrastructure partagée sans changer les habitudes

Le cœur du dispositif repose sur un hub technique central qui rend les applications interopérables tout en préservant leur identité locale. L’entité responsable de cette plateforme sera opérationnelle au premier semestre 2026. Pour l’utilisateur final, rien ne change visuellement : un Français sur Wero pourra envoyer de l’argent à un contact espagnol sur Bizum exactement comme un virement domestique. Cette approche s’appuie sur les standards SEPA Instant et a déjà fait ses preuves via l’alliance EuroPA, qui a traité six millions d’euros de transactions transfrontalières en un an sans aucune campagne marketing.

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Un déploiement progressif et des enjeux stratégiques

La première phase, prévue en 2026, concerne les virements entre particuliers dans les treize pays concernés. La seconde, en 2027, étend le service aux paiements marchands en ligne et en point de vente, là où les commissions des réseaux américains sont les plus élevées. À terme, le réseau couvrira environ 72 % de la population de l’Union européenne et de la Norvège. Les commerçants y gagnent potentiellement des frais réduits et la garantie que les données de transaction restent sur le sol européen, un atout majeur au regard du RGPD. Pour les fans de tech et de souveraineté numérique, ce projet illustre comment des solutions existantes peuvent s’interconnecter pour réduire la dépendance aux acteurs extra-européens sans imposer de nouvelle application.

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